A propos des polémiques sur la correction du Baccalauréat Communiqué de l’APHG

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Une polémique a récemment éclaté à propos des corrections du Baccalauréat, notamment en série scientifique. L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie tient à rappeler les points suivants :

Au sujet de la correction du Baccalauréat, l’APHG tient à dire que les jurys sont souverains, que la menace contre des collègues qui noteraient sévèrement les candidats et seraient sanctionnés est inadmissible (la circulaire des IA-IPR de l’Académie de Versailles a été retirée dès le mardi 16 juin, sauf erreur de notre part). Cela pose le problème - qui n’est pas nouveau - de l’attitude, parfois maladroite, de certains Inspecteurs pédagogiques-Inspecteurs d’Académie qui se comportent comme des petits chefs et essaient de caporaliser les enseignants. D’autres exemples montrent aussi que pendant des années, des Inspecteurs pédagogiques ont tout fait pour ignorer notre association et ont même essayé de la couler (l’exemple Régionale d’Aix-Marseille est éloquent à cet égard). Mais beaucoup d’IA-IPR n’ont pas ce comportement et travaillent en bonne intelligence avec les collègues. Et d’autre part, certains d’entre eux montent des actions de formation et des projets pédagogiques avec les Régionales de notre association professionnelle.

L’APHG a déjà réfléchi dans ses commissions pédagogiques à sa position vis-à-vis de l’inspection. Cette-dernière doit être plutôt de conseil et de protection, de recours en cas d’arbitraire de chefs d’établissements ou de mise en cause injustifiée de parents, plutôt que de contrôle tatillon et normatif. Après en avoir débattu au sein de ses instances, notre association fera des propositions aux autorités administratives.

A propos de la correction du Baccalauréat et sur le fond, l’APHG est attachée aux réunions d’harmonisation organisées par l’administration, elle considère qu’il est important de discuter de l’évaluation des copies, de savoir utiliser l’échelle des notes. Il vaut mieux valoriser au maximum les copies, ne pas hésiter en série scientifique comme ailleurs à accorder de très bonnes notes, à se concerter en cours de correction. Les professeurs qui ont passé des concours (Agrégation, CAPES, PLP... etc) sont des professionnels responsables et qualifiés. Le but recherché n’est pas de faire du Baccalauréat un « examen-couperet ». Mais tout en gardant les exigences d’une formation solide et porteuse de sens (connaissances, méthodes, aptitude à l’écrit comme à l’oral), il convient aussi de tenir compte dans la notation des conditions d’enseignement difficiles, des horaires réduits à la portion congrue, du programme important, du bouclage difficile... Voilà pourquoi il faut valoriser au maximum les copies des candidats qui le méritent, notamment en série S (deux heures hebdomadaires seulement).

L’APHG a demandé depuis longtemps une révision des programmes d’Histoire-Géographie en série S pour réintroduire des cadres clairs et faisables (l’ordre chronologique par exemple), pour alléger le programme et pour demander une demi-heure d’enseignement effectif en plus. Nous connaissons, hélas, ceux qui se sont opposés à ces mesures de bon sens, ce sont les mêmes qui ont voté pour la suppression de l’Histoire-Géographie en Terminale S au Conseil Supérieur de l’Education (et contre son rétablissement). Nous sommes attachés au maintien d’un examen national et à un cadre de référence qui garantit l’égalité des chances et des territoires dans la République.

En ce qui concerne l’orthographe dans les copies d’examen, il n’est pas question de sanctionner une copie honnête, réfléchie, bien construite qui aurait des fautes d’orthographe, mais en revanche, d’accorder une excellente note à une copie qui aurait en plus une orthographe solide. Une copie illisible, à cause d’une syntaxe mal maîtrisée et d’innombrables fautes d’orthographe, ne doit pas recueillir l’indulgence. Il en va de même pour une copie sans connaissances, ni ordonnancement des faits - même si en Terminale S les exigences doivent être moindres qu’en ES et L par exemple. Mais l’orthographe est d’abord un problème national qu’il faut essayer de résoudre à l’école élémentaire, dans le cadre de la nouvelle réforme et bien entendu, tout au long de la scolarité obligatoire.

Le Secrétariat général de l’APHG - Tous droits réservés.

Paris, le 21 juin 2015.

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