Géographie des mers et des océans Compte-rendu de la rédaction / Géographie

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Alain MIOSSEC et coll. ; 2014 ; Géographie des mers et des océans ; 494 pages ; Presses Universitaires de Rennes ; 20 euros.

Ce livre est une œuvre pluridisciplinaire à dominante géographique, dirigée par notre collègue A. Miossec, spécialiste reconnu des questions littorales et maritimes, auteur de plusieurs chapitres. Sa présentation est plaisante quoique un peu austère. Trop rares sont les documents en couleurs, tous regroupés en un cahier central de 6 pages (non référencées en table des matières). Les pages de texte sont très remplies avec des marges étroites. Heureusement la typographie est claire et la mise en page agréable. Les documents, nombreux, d’une belle réalisation graphique et cartographique, peuvent fournir à nos collègues matière à travail en classe ; il est toutefois dommage que leur dimension soit souvent si réduite. Le contenu des exposés d’une bonne qualité universitaire, leur rédaction efficace avec des titres et sous-titres bien choisis et des conclusions fixant l’essentiel rendent ce livre accessible à un large public. Les thèmes abordés, bien sélectionnés, exposent au mieux les traits de ces espaces océaniques devenus vitaux pour notre humanité du début du 21e siècle. La parcellisation des contributions entre seize d’auteurs ne nuit pas à l’intérêt du volume que l’on peut lire avec profit, tout aussi bien d’une seule traite qu’en choisissant seulement tel ou tel chapitre.

La première partie, brève mais riche, aborde « l’imaginaire marin », puis brosse une belle étude de « géographie physique des océans » avant de traiter des « oiseaux de mer et leurs espaces maritimes ». La deuxième partie expose « les ressources » des océans (ressources vivantes, énergies fossiles et renouvelables, routes maritimes). La troisième partie aborde les « enjeux planétaires » (économiques, stratégiques, environnementaux). La dernière partie présente plusieurs monographies consacrées aux espaces maritimes atlantique, indien, pacifique, arctique, méditerranéen, caraïbe. Dans cet ensemble final on est surpris de voir que le plus vaste océan du monde, à la différence des autres océans, n’a pas droit à un titre de chapitre qui lui soit nommément dédié puisqu’il est abordé derrière le titre, anonyme, de « civilisation océanienne » ; même si le contenu de l’exposé qui lui est consacré recèle d’intéressantes analyses, il ne semble pas à la hauteur de l’importance planétaire de cet océan géant. On note aussi qu’aucun chapitre n’a été consacré aux eaux océaniques froides antarctiques qui tiennent une place essentielle dans la circulation mondiale des eaux marines et jouent un rôle climatique notable dans l’équilibre thermique de notre planète.

Par-delà ces quelques critiques, on conclura sur l’utilité et la qualité de ce livre paru à point nommé, en ce moment où la « maritimisation » de notre monde va croissant, en liaison avec la « mondialisation ». Il apporte beaucoup d’informations et d’analyses pertinentes sur un sujet essentiel contribuant ainsi à la réflexion et à la formation permanente de nos collègues.

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© Emmanuel-Paul Désiré pour la revue Historiens & Géographes - Tous droits réservés. 15 janvier 2017.