« Histoire du Terrorisme » par Gilles Ferragu Ressources pédagogiques

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Cher(e)s collègues,

La Rédaction publie des ressources en ligne (non exhaustives) recensés sur le site de l’APHG, issues des premières remontées de terrain après les attentats du 13 novembre et des comptes-rendus de la revue Historiens & Géographes, afin de nourrir notre réflexion d’enseignants, dans nos classes et avec nos élèves. N’hésitez pas à nous contacter à ce sujet.

Parmi les ouvrages qui permettent de mettre en perspective le terrorisme, il faut consulter l’ouvrage de Gilles Ferragu, Histoire du Terrorisme, Editions Perrin, 489 pages, 23,50 euros.

Il est aussi l’auteur avec Christophe Dickès (dir.) et Marie Levant du Dictionnaire du Vatican et du Saint Siège ; avec Laurence Badel, Stanislas Jeannesson et Renaud Meltz, d’Ecrivains et Diplomates, XIXe et XXe siècles et avec Françoise Berger, du XXe siècle.

Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Paris Ouest –Nanterre-La Défense, Gilles Ferragu enseigne aussi à Sciences-Po Paris.

Sans cette forme de violence politique qu’est le terrorisme (cf. La Terreur de 1793 sous la Révolution), la France serait-elle encore une monarchie ? Les puissances européennes auraient-elles, sans l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914, basculé dans une guerre mondiale en août 1914 ? Et l’Etat d’Israël aurait-il pu naître sans l’action décidée de quelques extrémistes (Irgoun, Begin). L’influence de cette violence dans l’histoire comme au quotidien, pèse lourd ; le moindre portique d’aéroport nous en rappelle aujourd’hui la prégnance.

Le phénomène reste pourtant difficile à appréhender. Car le terrorisme ne répond en effet à aucune définition satisfaisante ; mais il a indéniablement une histoire ancienne et complexe. Éparpillé entre divers groupes, tributaire des idéologies les plus variées, ce passé pluriséculaire ne saurait se réduire à une succession d’attentats, de revendications, de procès. Cet ouvrage entend donc proposer une approche historique globale d’un phénomène assurément médiatisé, afin de le replacer dans un contexte et une dynamique plus large.

Gilles Ferragu observe les liens qui se tissent entre différents mouvements, voire entre les générations de terrorisme, et esquisse une généalogie du phénomène. Parlant de l’apparition même du terrorisme, au crépuscule du XVIIIe siècle et dans le cadre de la Révolution Française, évoquant les attentas les plus récents, il embrasse plus de eux siècles d’une histoire mouvementée. Loin des stéréotypes, des mythes politiques et des reconstructions partisanes, ce livre s’attache à saisir l’émergence de cette rhétorique armée, de ses méthodes, ses modèles et ses acteurs ainsi que les réponses que s’efforcent d’y apporter les sociétés et les pouvoirs.

Au sommaire, dix chapitres :

1 -« Sic semper tyrannis » ? Du tyrannicide au terrorisme
2- L’insertion du mythe terroriste ; la Russie et ses démons
3- Le mouvement anarchiste en France et en Europe
4 - Le terrorisme aux marges de la Grande Guerre
5- La terreur décomplexée : l’affirmation des totalitarismes
7- Un Orient compliqué, la question palestinienne
8- « Dans l’ombre chaude de l’Islam »
9- « Nation » et patriotes
10- En rouge et noir, une génération en guerre civile
Conclusion : Le terrorisme, une histoire en devenir.

La bibliographie, l’index des personnes permettent de se repérer facilement.

Un extrait de l’ouvrage, pages 12 et 13 :

« Une première réflexion porte sur l’étymologie du terme ainsi que son histoire Le terme terrorisme dérive du mot « terreur », lui-même issu du latin : terrere, tremblé. La terreur est alors la manifestation physique qui annihile la raison et paralyse. Elle inspire la panique – un comportement insensé ou incontrôlable et se mue alors en un instrument de domination à même de s’inscrire dans un dispositif politique ou dans une stratégie de combat.

Comme outil politique, la terreur émerge durant la Révolution française (…) Le contexte est connu : une coalition étrangère menace la France et promet la terreur puisque le manifeste de Brunswick, le 25 juillet 1792, promet à Paris une destruction totale. A l’intérieur, Charlotte Corday assassine Marat le 13 juillet 1793 Les sectionnaires parisiens se lancent dans une tornade rhétorique d’ou émerge le mot terreur (…) Le terme est repris à la Convention, le 12 août 1793, tant par Danton que par Robespierre. C‘est finalement Royer, lors d’une séance du 30 août du club des Jacobins, qui forge l’expression consacrée. Qu’on place la terreur à l’ordre du jour, c’est le seul moyen de donner l’éveil du peuple et de le forcer à se sauver lui-même. Votée la motion parvient à la Convention, sous la forme d’une adresse adoptée le 5 septembre 1793, la terreur entre dans l’histoire politique. Elle y entre par la grande porte, celle de l’Etat et d’une politique que justifie le salut public ».

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