Motion de l’APHG sur le projet de réforme de l’Université Motion de l’APHG

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Réuni le 3 février 2013, le comité national de l’APHG a noté avec satisfaction que quelques-uns des points les plus néfastes des réformes brutalement imposées par la précédente majorité devaient être abrogés et qu’une année de stage pour les lauréats des concours avait été rétablie.

Néanmoins, elle exprime de très vives inquiétudes face à certains aspects très dommageables de la réforme à venir concernant le recrutement et l’évaluation des enseignants chercheurs ainsi que la formation et le recrutement des maîtres. Elle demande instamment que les Autorités ministérielles engagent un vrai dialogue avec les associations compétentes pour réexaminer plusieurs dispositions menaçant gravement la qualité de l’enseignement français. Elle déplore que, sous couvert de simplification, d’autonomie ou d’harmonisation internationale, soient mis en périls les principes suivants :

  • la qualification nationale par le CNU des docteurs et habilités, garantie de qualité et d’homogénéité de l’Université française ;
  • la nécessité de l’habilitation à diriger des recherches pour les directeurs de thèse, formatrice et garante de l’aptitude de ceux-ci à leurs fonctions ;
  • la présence d’un socle disciplinaire prédominant dans la configuration du Capes d’Histoire-Géographie et donc l’existence de questions de concours couvrant toutes les périodes de l’histoire et les principaux domaines de la géographie, articulées aussi avec les programmes de l’agrégation ;
  • l’implication conséquente des universitaires spécialistes de leur discipline dans la préparation du Capes : la maîtrise d’œuvre doit en être partagée et non accaparée par les futures ESPE au nom d’une « professionnalisation » dont la première composante doit rester l’acquisition, la consolidation et la maîtrise des savoirs ;
  • la présence de l’Histoire-Géographie aux épreuves de concours de professeurs des écoles.

Regroupant enseignants du secondaire et des universitaires connaisseurs du terrain, l’APHG, inexplicablement écartée des réunions dites de concertation de l’automne dernier, entend prendre toute sa part à l’indispensable discussion à (r)ouvrir sur des questions cruciales pour l’avenir du pays et son rang scientifique.

Le Secrétariat général de l’APHG
Béatrice Louâpre-Sapir, Hubert Tison

Paris, le 3 février 2013