Paysages et Sites funéraires de mémoire de la Grande Guerre Lettre d’information juin 2015

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Soutenez le projet d’inscription au Patrimoine Mondial des lieux de mémoire de la Grande Guerre, « Sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale (Front Ouest) » !

Edito et Mot de soutien

Derrière la face sombre des millions de combattants tués sur les champs de bataille durant la Première guerre mondiale se cache un autre versant plus lumineux, celui de la reconnaissance de la personnalité de chacun de ces combattants. Avant 1914, les soldats n’avaient droit qu’à la fosse commune et à la disparition de leur nom patronymique. A partir d’août 1914, et progressivement pour toutes les armées du monde, la tombe individuelle s’impose ainsi que la sauvegarde du nom sur la sépulture individuelle, le monument aux morts et sur le mémorial. Cette reconnaissance de l’individu en guerre ne sera remise en cause que lors des génocides. Derrière la mort de masse se cache une avancée humaine !

C’est à partir de cette valeur universelle que l’association Paysages et Sites de mémoire de la Grande Guerre, qui fédère les 14 départements du front et travaille en partenariat avec la Wallonie et la Flandre, a défini son projet d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce projet concerne 138 biens funéraires localisés tout le long du front de l’Ouest. Ce projet, auquel bien peu croyait, est en voie de réussite. Le dossier sera déposé par la France à l’UNESCO en janvier 2017, pour une inscription espérée en 2018. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO des sites de mémoire funéraire du front de l’Ouest sera le grand dossier de l’année 2018.

Afin de vous informer sur l’avancée de ce projet, nous vous adresserons régulièrement cette newsletter. Nous sommes à votre écoute pour que le centenaire s’inscrive dans le temps long de la mémoire.

Serge BARCELLINI
Secrétaire Général de l’association

La Somme a été le siège de la bataille la plus meurtrière de la Grande Guerre, avec plus d’un million de pertes en 1916, toutes armées confondues. C’est le sang d’hommes issus des cinq continents, combattants et non-combattants, qui a été versé sur notre terre : Allemands, Anglais, Australiens, Chinois, Écossais, États-Uniens, Français, Gallois, Irlandais, Indiens, Néo-Zélandais, Terre-Neuviens, Sud-Africains…
Ce passé si prégnant forge des liens inébranlables entre ces États et la Somme, véritable gardienne de leur mémoire. Au lendemain du conflit, ils y érigent plus de 300 mémoriaux nationaux, cimetières et autres monuments commémoratifs. S’inscrivant pleinement dans leur environnement rural, leur architecture et leur esthétique en font des paysages incomparables et uniques. À ce titre, l’État français a procédé au classement de l’une des plus grandes zones de France, dans le nord-est du Département, au titre de la loi 1930. La Somme est aussi un territoire pionnier en matière de tourisme de mémoire, qui fait l’objet d’un pèlerinage ardent qui ne se dément pas depuis 1917.

La Somme, comme les autres territoires français touchés par la Grande Guerre, est l’une des terres symboliques où il n’est pas possible d’oublier que le monde s’est entretué, où l’union des nations doit être plus forte que les dissensions et permette d’exaucer la maxime « plus jamais ça ». Le Département de la Somme a participé au projet d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO des sites funéraires et mémoriels de la Grande Guerre dès 2011, pour défendre cette mémoire internationale et en définir des enseignements pour l’humanité. En ma qualité de Président, je m’inscris pleinement dans cette démarche.

Laurent SOMON
Président du Conseil départemental de la Somme

EXPOSITION « EMPREINTES », il y a 100 ans, la Grande Guerre : http://www.paysages-et-sites-de-mem...

SERGE BARCELLINI AU SALON MONDIAL DU TOURISME : http://www.paysages-et-sites-de-mem...

Voir en ligne : Sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre Mondiale

Pour aller plus loin

« Beaucoup de cimetières que j’ai visités dans les parties les plus éloignées et encore désolées de ce pays, si durement frappé et où il n’a pas encore été possible de remplacer les croix de bois par des pierres tombales, ont été transformés en beaux jardins, entretenus avec amour par des camarades de guerre. […] Je me suis souvent demandé s’il peut y avoir sur terre, pendant les années à venir, de plus puissants avocats de la paix que cette multitude serrée de témoins qui attestent la désolation de la guerre. »

Discours du roi d’Angleterre Georges V au cimetière militaire d’Etaples, 14 mai 1922. Le Temps 15 mai 1922, p. 1.

Toute proposition d’inscription de sites au patrimoine mondial de l’UNESCO doit reposer sur une valeur universelle exceptionnelle. Le projet d’inscription pour les sites de 1914-1918 repose sur une rupture anthropologique et culturelle majeure qui intervient pendant la Grande Guerre : l’individualisation de la sépulture de guerre et des rites funéraires rendant hommage aux défunts, quels que soient leur statut social, leur origine géographique, et dans le respect de leur religion ou de leur philosophie.
En effet, dans toutes les guerres qui ont précédé, les corps des soldats tués sur les champs de bataille étaient inhumés dans une fosse commune le plus souvent sans distinction de nationalité ou de grade. Seuls quelques princes, des officiers généraux, avaient droit à une sépulture individuelle et durable jusqu’au milieu du 19e siècle. La pérennisation des sépultures de guerre devient plus courante à partir des guerres de Crimée, de Sécession et de 1870-71, mais la norme reste l’inhumation collective.

Stéphane Tison, maître de conférences en Histoire contemporaine à l’Université du Maine (Le Mans-Laval), co-président avec Annette Becker du comité scientifique.

Association « Paysages et Sites funéraires de mémoire de la Grande Guerre »
46 rue Copernic - 75116 Paris
T : 09.67.24.55.74
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