Pour l’enseignement du latin et du grec au collège Déclaration de l’APLettres

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La Rédaction du site internet national et de la revue Historiens & Géographes publie une série de tribunes libres afin d’ouvrir le débat dans le cadre des réflexions de la communauté éducative. Ces textes proposent des points de vue, des analyses qui appellent à la discussion. Ils n’engagent ni l’association ni la Rédaction.

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie publie pour information la déclaration (voir ci-après) de l’Association des Professeurs de Lettres (APLettres) et dénonce aussi les menaces qui pèsent sur les langues anciennes (le latin et le grec) qui, à terme, risquent de disparaître sans un sursaut.

Les actes criminels, barbares et éradicateurs contre les personnes héritières des grandes civilisations du Proche et Moyen-Orient (civilisation assyrienne, chaldéenne) ou d’Afrique (musulmane, animiste, chrétienne) et contre les sites archéologiques et les monuments détruits ou pillés systématiquement (Irak, Libye, Mali,Tombouctou) montrent que l’ignorance ou la volonté aveugle et inhumaine de revenir à tout prix à un « âge d’or » mythique doivent être fermement combattus.

En France où la liberté d’expression a été l’objet d’un massacre sans nom de caricaturistes de Charlie Hebdo, de juifs de manière barbare (cf Hypercasher de la porte de Vincennes, école juive de Toulouse).

Il est temps que le gouvernement propose une réforme de l’enseignement à la hauteur des enjeux, que (toute) la jeunesse de France soit instruite et reçoive un enseignement de culture générale qui arme l’esprit des jeunes, les émancipe de l’obscurantisme du non-savoir et leur apporte les lumières de la Raison. L’Histoire, la Géographie, les Lettres, la Philosophe, l’Économie, les Sciences, les Langues, l’Education musicale, les Arts plastiques, le Sport doivent être développés pour former des citoyens.

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Paris, le 23 mars 2015

Déclaration du président de l’Association des Professeurs de Lettres

En décembre 2012, à Tombouctou, « perle du désert », des barbares détruisaient les mausolées des saints du soufisme.
En février 2015, à Mossoul en Irak, d’autres barbares ont saccagé les statues assyriennes du musée archéologique.
À Paris, en mars 2015, d’autres barbares encore suppriment l’enseignement du latin et du grec des collèges de France. Pour être d’aspect plus policé, ces barbares n’en sont pas moins aveugles, leur œuvre n’en est pas moins ténébreuse.

Ce sera l’étonnement affligé de l’avenir qu’à l’heure où, pour quiconque pensait, les langues anciennes devaient d’évidente urgence être enseignées à tous les jeunes gens confiés à ses écoles, le gouvernement français ait fait le choix absurde et criminel de mutiler les esprits.

La ministre de l’éducation nationale a répété à l’envi que la maîtrise de la langue nationale était une priorité absolue ; ignore-t-elle que le latin est la matrice, non seulement originelle, mais continue et ininterrompue des mots du français, du sens de ce qui jusqu’aujourd’hui s’est écrit en français ?
Nos gouvernants n’ont eu de cesse de mettre l’école en première ligne de la lutte des lumières contre l’obscurantisme ; comment comprendre que le premier effet de ce constat soit d’emprisonner nos jeunes dans un face à face étouffant avec la tradition judéo-christiano-musulmane, et de lui interdire la connaissance et la respiration de la tradition gréco-romaine ?

Depuis le XIIIe siècle, la France a fait le choix, linguistique, culturel, politique, de se penser et de se construire comme la continuatrice de Rome, et, par-delà Rome, d’Athènes ; ce choix jamais renié a fait de notre pays le modèle inédit d’une nation qui n’est pas ethnique, d’une patrie universelle. Mais nos dirigeants connaissent-ils l’histoire du pays qu’ils prétendent gouverner ?

L’Association des Professeurs de Lettres met solennellement en garde la Ministre de l’éducation nationale, le gouvernement et le Président de la République contre ce qui apparaîtra à nos successeurs comme une aberration politique, un suicide national, un crime contre l’esprit.

Paris, le dimanche 22 mars 2015

L’Association des Professeurs de Lettres (APLettres) Tous droits réservés.

Voir en ligne : L’Association des Professeurs de Lettres

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Illustration en une : Les Etats-Généraux de l’Antiquité en Sorbonne, quels enjeux pour demain ? 28 février 2015. Source.

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