Sommaire du dossier : Climat(s) Historiens & Géographes n°451 (parution le 31/08/2020)

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Dossier « Climat(s) ».
Sous la direction de Philippe SIERRA.

Dossier [1] en partenariat avec le 31e Festival international de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (du 2 au 4 octobre 2020).

• Préface par Thibaut SARDIER 41

• Climat(s) : un pour tous, tous pour un ? par Alexis METZGER et Martine TABEAUD 43

• Les géographes français et les climats : petite histoire de la climatologie géographique par Philippe SIERRA 45

• Observer le climat aux échelles fines. Pourquoi ? Comment ? Entretien avec Hervé Quénol par Philippe SIERRA 48

• Deux questions à Philippe Boulanger par Philippe SIERRA 50

• Pourquoi la crise de la Covid 19 est une bombe à retardement pour le climat… par François GEMENNE 52

• Des climats au climat : petite lecture de l’enseignement du climat en collège et lycée par Philippe SIERRA 54

• Opération « FRANAFLO » (1964-1993). Quand diplomatie et géostratégie rapprochent France et Portugal par Louis MARROU 57

Page 39 - Historiens & Géographes n°451. DR.
Depuis 2017, Historiens & Géographes vous propose dans son numéro de rentrée un dossier en lien avec le Festival international de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (FIG).
Cette année, le FIG renoue avec un thème classique de la géographie : le climat. Mais justement, à l’heure où on parle de plus en plus du « climat global », quelle place pour l’analyse géographique qui au contraire souhaite différencier les phénomènes selon les espaces ? Grande question qui nous est donc présentée par Alexis Metzger et Martine Tabeaud qui assurent la direction scientifique du FIG. Après une première mise au point historique rappelant la place de la climatologie dans la géographie française, Hervé Quénol nous montre que les données fournies par les géographes sont indispensables pour anticiper les changements climatiques en cours et s’y adapter. Le climat est aussi une donnée indispensable pour les militaires, ce que nous rappelle Philippe Boulanger. François Gemenne nous fait part de ses inquiétudes à « chaud » quant au monde « d’après ». Enfin, nous réfléchirons aux évolutions et à la place de l’enseignement du fait climatique en France.
Pour évoquer le Portugal, pays invité de cette édition 2020 [le pays invité est reporté à la prochaine édition, en 2021, NDLR.], Louis Marrou nous amène sur l’île portugaise de Flores dans l’archipel des Açores pour nous raconter l’opération Franaflo.

Philippe SIERRA

Photographie prise dans le fjord d’Ilulissat (Groënland : site classé patrimoine mondial de l’UNESCO) en août 2016 par 69°21’ de latitude N. © Photo Aline et Emile Flament, tous droits réservés.

Légende de la photographie

La photographie a été prise en Août 2016 dans le fjord glaciaire d’Ilulissat (iceberg en langue Inuit) à quelque 250 km au Nord du Cercle Polaire par 69°21’ latitude Nord. D’une surface de 70km2, il est encombré d’icebergs de toutes tailles, certains géants. Ils sont issus du Glacier Sermeq Kujallek, réputé être le plus actif et le plus rapide au monde. Le site a été classé au Patrimoine de l’UNESCO en 2004.

Remarques sur l’évolution du lieu

Le site représente un des observatoires privilégiés des effets du réchauffement climatique associé probablement au déficit irrégulier des chutes de neige. On a relevé des records de températures en été, notamment en 2012 et plus encore en 2019, où la fonte des glaces a débuté avec un bon mois d’avance. On considère que la saison estivale est maintenant plus longue et plus chaude qu’auparavant. Cela provoque depuis la fin des années 90 l’accélération de la vitesse du courant glaciaire pouvant dépasser 40 mètres par jour et un vêlage plus abondant rendant parfois difficile, voire impossible l’accès à Ilulissat. La production annuelle de glace a beaucoup progressé depuis 2010. On l’évalue à 35-50 km3 par an. On observe également bien plus qu’avant, de spectaculaires effondrements de pans entiers d’icebergs.

Le label UNESCO et la prise de conscience de la disparition vraisemblable des écosystèmes expliquent l’engouement récent pour le « Tourisme du Froid » ; on parle volontiers de « cryotropisme ». Considérée comme la capitale des icebergs, Ilulissat en profite, enregistrant 14.762 passagers de croisière en 2019 (+79% par rapport à 2015) et un nombre de nuitées qui a plus que doublé depuis la patrimonialisation (77.503 en 2019). L’offre touristique s’est étoffée et diversifiée. En été, des pêcheurs utilisent leurs bateaux pour faire découvrir le fjord comme nous avons pu l’expérimenter. La pression touristique reste encore relativement limitée. La réalisation d’un aéroport international en 2023 pourrait changer la donne mais ce projet est vigoureusement contesté.

Emile FLAMENT

Photo de couverture : La Tour Madeloc (ancienne tour à signaux du XIIIe s.) au cœur du massif des Albères et son point de vue sur la plaine du Roussillon et la côte Vermeille. Menacée par le changement climatique, la hêtraie de la Massane constitue un laboratoire exceptionnel pour le projet LIFE Natur’Adapt (diagnostic de vulnérabilité et plan d’adaptation). © Photo : Diane Sorel-Réserve naturelle nationale de la Massane, septembre 2016. Tous droits réservés.

© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes - Tous droits réservés. 31 août 2020. Mise en ligne le 2 septembre 2020.

Notes

[1La Rédaction d’Historiens & Géographes tient à remercier Mme Sorel et M. Héas ainsi que toute l’équipe de la Fédération des réserves naturelles catalanes (Prades) pour leur grande disponibilité, et M. Jean-Marc Capdet pour son aide précieuse. Elle remercie également ses collègues Aline Flament, Philippe Baumert, Jean-Marc Capdet, Jean-Marc Fevret, Emile Flament et Philippe Sierra pour leur contribution à l’iconographie de ce numéro. Marc CHARBONNIER.