Écrire l’histoire de la guerre et des violences de masse à partir des sources enfantines : Dialogue avec Hélène Dumas et Manon Pignot

Compte-rendu d'une visioconférence du Mémorial de la Shoah animée par Laurent Larcher
Le 8 janvier 2021

Nous proposons ici le compte-rendu de la visioconférence organisée par le Mémorial de la Shoah, le 20 décembre 2020 et animée par Laurent Larcher, « Écrire l’histoire de la guerre et des violences de masse à partir des sources enfantines », autour de l’ouvrage d’Hélène Dumas « Sans ciel ni terre : paroles orphelines du génocide des tutsi (1994- 2006) ».

Dialogue avec l’historienne Manon Pignot, spécialiste de l’expérience enfantine de la guerre et de la Première Guerre mondiale, qui éclaire la violence génocidaire à travers l’expérience, le vécu des enfants Tutsi.

Le programme d’Histoire de Terminale, thème 4 « Le monde, l’Europe et la France depuis les années 1990, entre coopérations et conflits », chapitre 1 « Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux » invite à réfléchir sur les crimes de masse et les génocides, notamment le génocide des Tutsi au Rwanda. Par ailleurs, le programme d’Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques de Terminale, thème 3 « Histoire et mémoires », axe 2 « Histoire, mémoire et justice », jalon « La justice à l’échelle locale : les tribunaux gacaca face au génocide des Tutsi » permet à l’enseignant de s’interroger sur le rôle et les enjeux des juridictions locales sur la mémoire du génocide et sur les rescapés Tutsi.

Par Dalila Chalabi. 1.

Laurent Larcher introduit cette conférence en soulignant l’importance de ce livre qui donne la parole à des enfants âgés de 8 à 14 ans en 1994 et cite quelques extraits : « Nous mourûmes à l’instant même où nous assistâmes à la mort de ceux qui nous avaient mis au monde. » « Ces souvenirs me rongent le cœur. » « Papa n’aie crainte, console-toi, je ne t’oublierai jamais.» Comment le livre d’Hélène Dumas, « Sans ciel ni terre : Paroles orphelines du génocide des Tutsi (1994-2006) », fait-il résonnance avec les travaux de recherche ? Hélène Dumas souligne qu’il s’agit d’un ouvrage qui n’a pas de conclusion. Il faut des lecteurs pour lire et apprendre ce qu’il s’est passé au Rwanda en 1994. Le processus de construction de l’ouvrage ne répond pas, au départ, à une volonté spécifique de travailler sur le sort réservé aux enfants durant le génocide....