Forêt et carbone. Comprendre, agir, valoriser
Compte-rendu de lecture / Géographie
Le 22 août 2017
Simon Martel, Loïc Casset, Olivier Gleizes, Forêt et carbone. Comprendre, agir, valoriser, Editions IDF, 19 euros, en vente au CNPF, 47 rue Chaillot, 75116 Paris, www.foretpriveefrancaise.com
Voilà un ouvrage où tout va par trois ; trois auteurs complémentaires, ingénieurs forestiers Simon Martel, Loïc Casset, Olivier Gleizes, trois angles d’attaques privilégiés (comprendre, agir, valoriser), trois études de cas, Chambaran, Margeride, Combrailles (p. 143), le triple effet de séquestration en forêt, de stock dans les produits bois, de substitution à des énergies fossiles et des matériaux énergivores (p. 40)…ou presque avec quatre initiatives régionales, Aquitaine Carbone, Normandie Forêver, Sylv’ACCTES Rhône-Alpes, Duramen en région Centre (p.145-147).
Il est destiné en priorité aux propriétaires forestiers mais peut intéresser des professeurs d’histoire et géographie. Les citations de grands auteurs comme Victor Hugo, « les Contemplations », 1856, p.2, Honoré de Balzac « Le curé du village », 1841, p.9, Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, 1953 ; p.79, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, « Ecouter la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe » (p. 159), donnent des références de lectures hors du champ de la technique sylvicole. La présence de reproductions de tableaux de grands peintres ayant choisi la forêt, pas alors identifiée comme puit de carbone, (Vincent Van Gogh « Arbres et sous-bois », 1887 ; p. 8 « Sous-bois avec deux personnages », 1890, p.52, Jean François Millet, « Les scieurs de long » 1850/1852, p.78, aère agréablement l’ouvrage en lui adjoignant un supplément d’âme esthétique, avec des reproductions fort bien choisies.
La première partie est une jolie synthèse des connaissances présentées de façon joliment pédagogique avec de nombreux encarts tout à fait passionnants
D’où provient le CO² présent dans l’atmosphère ?
Vrai ou faux : une forêt stocke toujours plus de carbone qu’elle n’en émet
L’albédo des forêts, un autre facteur d’atténuation du changement climatique. Attention aux unités !
Les auteurs jonglent habilement entre les échelles régionales, nationales mais aussi mondiales (forêts boréales, tropicales, tempérées) (p.25). Ils prennent en comptent les statuts de propriétés domaniales, communales, privées , les grands domaines écologiques et les compositions par arbres dominants où le sapin et le chêne sont les premiers de la classe loin devant le chêne vert et le chêne pubescent.
Les explications fournies sont d’une grande clarté appuyées sur des chiffres et des diagrammes forts parlants.
Les études de projets, inscrits dans des territoires diversifiés, concernent en priorité les propriétaires forestiers. Ils sont cependant susceptibles d’intéresser enseignants et élèves pour leur faire prendre conscience de la réalité du passage à l’action. Les changements d’échelles allant des injonctions des protocoles internationaux type Kyoto aux itinéraires sylvicoles sont tout à fait éclairants pour des géographes et historiens. Les questions du partenariat, du sponsoring ou du mécénat sont abordées avec clarté et lucidité.
Ce petit opuscule fourmille de bonnes idées comme l’évaluation des émissions dues à la réalisation du livre (p.158), un « pour en savoir plus », bienvenu, des adresses utiles, l’inévitable liste des sigles (p.153).
A lire avec plaisir et gourmandise pour parvenir à faire le lien entre les recherches scientifiques pointues et les démarches concrètes citoyennes.
Site internet
© Paul ARNOULD, Ecole normale supérieure de LYON pour les services culturels de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 22/07/2017. Tous droits réservés.
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