Les limites de Paris aux XIIe-XVIIIe siècles

Compte rendu de lecture / Histoire médiévale - Histoire moderne
Le 5 mars 2018

Anne Conchon, Hélène Noizet, Michel Ollion (dir.), Les limites de Paris. XIIe-XVIIIe siècles, Lille, Septentrion, 2017, 152 p.

27574100468690m.jpg Au moment où on tente de faire fonctionner une Métropole du Grand Paris pour désenclaver les banlieues de la capitale, la question des limites de la grande ville, inchangées depuis 1860 se posent à nouveau. Sept historiens et archivistes médiévistes et modernistes étudient la définition des limites et des banlieues de Paris sur le temps long, les conflits de frontière, les défis du maintien de l’ordre dans les marges. Outre les directeurs du volume, Pierre-Henri Guittonneau, Nicolas Lyon-Camp, Mathieu Marraud, Nicolas Vidoni et Diane Roussel racontent comment les limites ont été posées et vécues mais aussi comment elles définissent socialement et économiquement les territoires. En fonction de l’observation des pratiques et des usages, de leur transgression volontaire ou non, on voit comment certaines sont adoptées rapidement et d’autres pas du tout. La certitude du paysage constituée par les fortifications continue à orienter les perceptions de l’espace urbain à la veille de la Révolution et de la conscience citoyenne. Mais l’histoire des marges (fossés, glacis, voire portes…), appropriées ou non, dangereuses ou non, toujours interlopes et parfois régulées par les habitants eux mêmes, montre que c’est bien là que s’inventent des pratiques sociales et économiques nouvelles et efficaces. Les cartes qui animent ce volume le dessinent : les limites structurent l’espace parisien et rendent compte de l’évolution de ses dynamiques au fil du temps. Ce travail à la fois cartographique, géographique et historique constitue le modèle des savoirs intégrés qui sont indispensables pour saisir des phénomènes aussi complexes. Site de l’éditeur [© Nicole Lemaitre pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 20/02/2018. Tous droits réservés.]