Supplément Dossier « Défense » H et G n°423 La France et sa défense depuis la fin de la Guerre froide
Eléments de réflexion sur la réforme comme chantier permanent par Tristan Lecoq Inspecteur général de l'Education nationale
Le 28 octobre 2014
Depuis un peu plus de vingt ans, la défense de la France connaît un double mouvement qui l’affecte en profondeur. Les fondements sur lesquels elle reposait depuis le début des années soixante ont été revus. L’outil militaire qui en était la traduction a été restructuré. Avec, en toile de fond, la question du rôle de notre pays comme puissance militaire et maritime, dans le nouveau contexte européen et international, et des efforts qu’il est prêt à consentir.
Jusqu’aux années quatre-vingt dix, l’environnement international était marqué par la Guerre froide. Le modèle de défense était assez stable. Il reposait, en même temps, sur une priorité politique, une traduction budgétaire, et un consensus public sur les questions de défense. Trois piliers fortement articulés composaient notre système de défense: l’indépendance nationale, la dissuasion, la conscription. Ont suivi vingt ans de contradictions au moins apparentes (l’Europe de la défense, l’OTAN, la dissuasion), de programmations militaires jamais respectées, de contractions budgétaires et d’effectifs en tendance longue. Dans un contexte d’interventions extérieures en nombre croissant. Il est vrai que deux grands moments se dégagent depuis les années 1990, de part et d’autre du 11 septembre 2001. De 1989 à 2001, c’est l’immédiat après-guerre froide et ses enjeux: parer à la déstabilisation de l’Europe, faire l’Europe de la défense sans défaire l’OTAN, intervenir à l’extérieur de nos frontières, dans le Golfe et en Europe....
Le contenu de cette page est réservé aux adhérents.
Connectez-vous pour y accéder :