Colloque au Rwanda : retours et ressources Ressources pédagogiques / compte-rendu

- [Télécharger l'article au format PDF]

Du 10 au 19 septembre 2022, toute une équipe de chercheurs a été réunie au Rwanda par l’Université du Rwanda et l’Équipe de recherche ÉRE-France dans le cadre du 1er cycle d’un grand colloque franco- rwandais intitulé : "Savoirs, sources et ressources sur le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda. "
L’APHG y a été représentée par Yveline Prouvost, responsable de l’Atelier Lycée, et Daniel Micolon.
Un projet y est né : créer des ressources accessibles fiables pour les élèves et les enseignants afin de comprendre et enseigner le génocide perpétré contre les Tutsi.

C’est ce travail que nous vous présentons :

  • Nos articles sur ce colloque
  • Des ressources audios utilisables en classe

Vous trouverez ci-dessous des ressources (notamment audios) utilisables en classe et un article complet sur ce colloque.

L’article de Daniel Micolon à lire dans la revue Historiens & Géographes n°460 (novembre 2022) :

"Rwanda, rattraper le temps perdu… : la recherche en acte. Savoirs, sources et ressources sur le génocide perpétré contre les Tutsi. Colloque international : Kigali-Huye-Kigali (septembre 2022)", p. 43

L’APHG au Rwanda : l’éducation en acte

Par Yveline Prouvost [1].

Paris, un petit matin de septembre 2022, environ 20 personnes prennent ensemble le premier avion qui nous mènera quelques heures plus tard à Kigali. Tous ont un objectif : participer à un colloque international franco- rwandais intitulé : « Savoirs, sources et ressources sur le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda ».

Parmi eux, deux membres de l’APHG : Daniel Micolon et moi- même, Yveline Prouvost, responsable de l’Atelier Lycée, invités par Vincent Duclert, président de la commission chargée de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi et auteur d’un rapport remis le 26 mars 2021 au Président de la République.
Notre mission : représenter l’enseignement du génocide sur place, collecter des donner, créer des liens et des contacts… C’est tout cela dont je me dois de vous faire le bilan.

Le colloque s’est tenu entre Kigali et Huye-Butare du 11 au 19 septembre dernier et a réuni plus d’une centaine d’intervenants de tous horizons sous la double présidence de Vincent Duclert et du Professeur Charles Kabwete Mulinda de l’Université du Rwanda. Parmi ces intervenants, quelques membres de la commission de recherche qui a produit le rapport tels Raymond Kévorkian, Françoise Thébaud ou Chantal Morelle.

Les participants [2] proviennent en effet de très nombreux domaines de recherche ou d’action : chercheurs en histoire, en anthropologie, en sociologie, en politiques sociales, mais aussi juristes, politistes ou hommes politiques, chercheurs en littérature ou en philosophie, membres d’associations [3], ou rescapés témoins des faits [4].
Par ailleurs, nous sommes tous, aussi, de différents horizons géographiques : français, rwandais, anglais, américains..

Ce colloque s’est tenu en différents lieux, tous symboliques.
Tout d’abord à Kigali, lieu d’arrivée de la délégation française, l’inauguration du colloque s’est déroulée dans un mémorial du génocide situé à Kigali : le mémorial de Gisozi.
Dès le lendemain de l’inauguration, les conférences se sont déplacées à Butare, ville de l’Université du Rwanda, une des régions qui abritait de nombreux Tutsi avant le génocide et où celui-ci a été particulièrement meurtrier. C’est là, au sud-ouest du pays, que se sont déroulées la plus grande partie des travaux réflexifs, ponctués, là encore, de moments intenses de recueillement à Butare même, puis au sein du mémorial de Murambi.

Le colloque s’est ensuite de nouveau déplacé à Kigali pour les derniers jours. Quelques conférences ont eu lieu « Chez Lando », un hôtel particulièrement symbolique, lieu de rencontre de l’opposition politique avant le génocide. Elles ont débuté par un vibrant hommage de sa sœur, Anne-Marie Kantengwa, à Landoald Ndasingwa, surnommé Lando [5], témoignant de la mémoire encore très vive du génocide [(Il est d’ailleurs important de noter qu’une autre des soeurs de Lando est Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF en 2019.]]. La délégation a aussi été accueillie au Centre culturel francophone de Kigali au cours d’une soirée mémorable [6], ainsi que, le dernier jour, à la résidence de l’Ambassadeur de France au Rwanda.

Les dernières interventions, ont pu réunir Vincent Duclert, Stéphane Audouin Rouzeau, Hélène Dumas, mais aussi Robert Muse, président de la commission nommée par le Rwanda afin d’enquêter sur le rôle de la France dans le génocide en même temps que la commission française.

De g. à d. R. Muse, J.P. Kimonyo, V. Duclert lors d’une table ronde le 18/09/2022. Crédits : Yveline Prouvost (DR.).

Autre particularité de ce colloque : il a, dès le départ, l’ambition de devenir à son tour un moment d’histoire. Les interventions ont toutes, ou presque toutes, été enregistrées, voire filmées [7] et une réalisatrice française [8] nous a accompagnés, enregistrant continuellement des rushs qui seront conservés à fin d’archives.

Dès l’ouverture, le ton du colloque est donné : entre représentation officielle, avec des interventions enregistrées des présidents Paul Kagame et Emmanuel Macron en présence de représentants politiques rwandais et français, communications scientifiques, et partage de la mémoire du génocide grâce à des témoignages et commémorations sur des sites mémoriaux
L’ampleur du programme n’a pas toujours permis autant de moments de partage, voire de discussions, que nombre d’entre nous auraient souhaité, il a néanmoins rendu possible des rencontres qui sans cela n’auraient jamais été.

Pour nous, représentants de l’APHG, il nous a permis d’entrer en contact direct avec la recherche en action, au cœur de la réflexion, et surtout de mieux comprendre les spécificités de ce génocide dans toutes ses dimensions.
Des interventions ont ainsi abordé l’ensemble du contexte historique du pays, tout ce qui a rendu possible le génocide, comme la racialisation progressive de la société rwandaise dès les années 50 ou 60 [9].

Exemple de campagne au Rwanda, photographie prise sur la route de Butare à Kigali le 17/09/2022. Crédits photos : Yveline Prouvost, DR.

Découvrir les lieux même du génocide est édifiant. Il peut être difficile pour nous, étudiant le sujet sans jamais avoir quitté l’Europe, de comprendre pourquoi il semblait impossible de se cacher dans les « campagnes », quand nous ne voyons la campagne que comme un espace vide d’hommes. Or la campagne au Rwanda est une « campagne pleine » : la majeure partie de la population rwandaise y vit. Toutes les terres sont utilisées et, sur les collines, la moindre parcelle de terre est cultivée en terrasse du haut en bas, et jusqu’au bord des routes. Chaque colline forme une sorte de microcosme où chacun se connaissait et connaissait son voisin, ainsi que sa famille. Comment dans ces conditions envisager de pouvoir se cacher ? C’est ainsi que le bilan terrible peut aussi se comprendre.
Les perspectives historiques apportées par les différents chercheurs éclairent aussi le champ des massacres précédents des Tutsi au Rwanda, posant même la question, au moins dans certaines régions du Rwanda, de génocides préalables, même si les chercheurs restent divisés sur ce point. C’est d’ailleurs ici aussi toute la richesse de telles rencontres que la confrontation de points de vue divergents.
De même, la recherche rappelle à quel point « Hutu » et « Tutsi » vivent ensemble dans les villages, s’entraidant, se mariant entre eux. Lorsque le génocide se déclenche et que les Tutsi deviennent des cibles, il est impossible de pouvoir y échapper sans une aide extérieure, l’aide d’autres voisins.

Là encore, ce colloque a permis de faire le point sur ce phénomène.
L’aide extérieure a été limitée, et nombre de personnes n’ont été protégées que de façon très temporaire, livrées aux bourreaux par les mêmes qui prétendaient un temps les protéger [10].

Mais il est de véritables « Justes » rwandais qui ont réellement protégé, fait fuir et sauvé des Tutsi. Des parcours individuels ont été évoqués, dans toute leur complexité.
De riches réflexions ont aussi été envisagées autour d’une approche genrée du génocide : création de mythes autour de la femme Tutsi avant le génocide, femmes cibles particulières des génocidaires, femmes victimes de violences spécifiques [11], mais aussi, femmes coupables d’actes génocidaires [12].

Le rôle de la France lors du génocide a lui aussi été évoqué. Certains chercheurs présents au colloque travaillent ces questions depuis très longtemps [13]. Cependant, désormais le sujet est au cœur des préoccupations, avec une parole ouverte côté français comme côté rwandais, même si l’on ne peut parler de consensus, ce qui est le sens même de toute recherche.

Autre piste de réflexion : les enjeux mémoriaux. De nombreux chercheurs travaillent autour des mémoires et de la mémoire du génocide, et les problématiques sont nombreuses : ce qui a présidé aux choix de création des mémoriaux, l’organisation des mémoriaux, le rôle des associations, le rôle du gouvernement dans la préservation, la diffusion de la mémoire du génocide, les mémoires du génocide et les traumas du génocide.

Certains intervenants ont fait partie des premiers décideurs des politiques mémorielles ou éducatives autour de ce génocide.

Autres thèmes importants : celui de la lutte contre le négationnisme [14] et celui de la réconciliation nationale, qui sont tous deux au cœur de la politique rwandaise actuelle et dont les enjeux complexes apparaissent clairement.

La justice a aussi été l’objet de réflexions intenses au cœur du colloque. Des interventions ont permis d’aborder les tribunaux Gacaca, mais aussi tous les combats récents de la justice, en particulier les poursuites actuelles contre les génocidaires réfugiés à l’étranger [15].

Comme l’indiquait le titre du colloque, le problème des ressources, des archives, a lui aussi fait l’objet de différentes communications. Les participants au colloque ont même pu découvrir le centre de traitement des archives d’Ibuka à Nyanza, lieu de commémoration à Kigali.

Centre de traitement des Archives d’Ibuka, Nyanza, Kigali, 19/09/2022. Crédits photos : Yveline Pruvost, DR.

Enfin, au carrefour de tous les thèmes évoqués s’est posé le problème de l’éducation face au génocide des Tutsi, que ce soit au Rwanda ou en France.
L’APHG envisage d’ailleurs de créer des contacts avec des enseignants locaux autour de l’enseignement du génocide et a pris des contacts en ce sens.

Surtout, c’est bien sûr dans le cadre de la réflexion sur l’éducation au génocide que l’APHG est intervenue.
En tant que représentants de professeurs français, nous avons évoqué la façon dont le génocide est évoqué dans l’enseignement en France. Des universitaires spécialistes de ce thème étaient aussi présents [16].

Une première intervention a réuni vos deux représentants de l’APHG : Yveline Prouvost, responsable de l’Atelier Lycée, et Daniel Micolon, ainsi que Chloé Créoff de la Ligue de l’Enseignement. Ce moment nous a d’abord permis de situer l’enseignement du génocide perpétré contre les Tutsi dans nos programmes scolaires. J’ai évoqué la façon dont nous le traitions en classe de Terminale en Lycée, en Tronc commun comme en spécialité, mais aussi ce que nous pourrions envisager pour développer encore cet enseignement. Chloé Créoff nous a permis de découvrir un projet important de la Ligue de l’Enseignement autour de témoignages de rescapés du génocide, tandis que Daniel Micolon a décrit un projet pédagogique précis mis en œuvre dans son lycée de Marseilleveyre. Nous avons bien sûr mentionné le fait que de très nombreux autres projets existaient, en en citant un certain nombre (comme à Nice), et en insistant sur la quantité et la grande variété des projets déjà mis en œuvre.

Je suis ensuite intervenue une seconde fois autour de l’enseignement du thème des Tribunaux Gacaca et de l’usage possible des Archives ou d’extraits de films (comme Les collines parlent de Bernard Bellefroid [17]) dans ce but. A noter, au sein du colloque, la présence de plusieurs intervenants qui participent aussi aux formations destinées aux enseignants sur le génocide des Tutsi, au mémorial de la Shoah [18]. Leur point de vue a été particulièrement éclairant ici.

Mais l’APHG a aussi eu le souci de créer des ressources pour les élèves ou les enseignants.
Un certain nombre de capsules audio, à destination des élèves ou des enseignants français ont donc été réalisées lors de ces rencontres afin d’appuyer certains de ces points. J’ai privilégié, pour ces premières capsules, des rencontres avec des chercheurs rwandais, que je craignais de ne plus rencontrer facilement. Elles seront mises en ligne le plus rapidement possible sur le site de l’APHG, et seront surtout enrichies par d’autres capsules à venir permettant d’entendre des intervenants qui vivent ou travaillent en France.

Finalement, si un seul mot devait décrire et résumer l’intégralité du colloque ce serait….intensité !
Celle des interventions d’abord : intensité des thèmes abordés, des témoignages, mais aussi intensité des journées de travail, des émotions ressenties lors des conférences ou dans les lieux de mémoire comme en découvrant ce pays magnifique et l’effroyable contraste entre la beauté des sites et les horreurs qui y ont été commises, intensité des rencontres, des échanges lors des conférences comme lors des moments informels entre participants.
Ce sont des moments forts, que j’espère vivement parvenir à vous faire partager par ces quelques mots car d’abord et avant tout : c’est vous que nous représentions !
Un colloque riche, une véritable « recherche en acte » comme l’indiquait le sous-titre du colloque, recherche qui se poursuivra lors d’une seconde session en septembre 2023 à Paris.

En remerciant vivement Vincent Duclert pour son invitation, les membres de l’équipe de recherche pour leur accueil chaleureux, et l’ensemble des participants pour leur patience, leur disponibilité face à nos questions. Merci de nous avoir intégrés à ce beau colloque.

Ressources audios proposées par Yveline Prouvost :

Les guerres du FPR
  • FPR : Front Patriotique Rwandais : mouvement de guérilla puis nom de parti politique
    Composé majoritairement de la diaspora Tutsi qui a fui le Rwanda après les épisodes de massacres de 1959, 1963, 1973, ou de leurs descendants. Il entre en guerre en octobre 1990 en attaquant le Rwanda où se déroulent de nouveaux massacres anti Tutsi, afin de prendre le pouvoir.
    Pour aller plus loin.
  • Ruhengeri est une ville au nord ouest du Rwanda à proximité de la frontière de l’Ouganda et de l’actuelle RDC. La ville fait partie des premiers lieux de bataille à la suite de l’entrée du FPR au Rwanda du fait de sa proximité avec la frontière. Elle est un lieu de bataille jusque fin 1994.
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Les forces en présence et leur action au début du génocide
  • Evocation de « l’intégration » : désigne la période après le génocide où il a fallu refaire un pays, refaire une armée, en combinant des forces FAR et des forces FPR
  • Milices et partis politiques au Rwanda avant 1994 :
    « Le multipartisme avive la compétition entre partis politiques. Ceux- ci créent des mouvements de jeunesse qui deviennent vite des milices, chargées du recrutement de nouveaux adhérents ou des démonstrations de force lors des manifestations. Chaque parti a la sienne : Interahamwe (renvoi en annexe) pour le MRND, Impuzamugambi (« ceux qui ont le même but ») pour la CDR, Inkuba (« Tonnerre), pour le MDR, Abakombozi (« les libérateurs »), pour le PSD (+HRW, 1999, 71). »Source
    Autre source
  • Nuit du 6 au 7= nuit du 6 au 7 avril 1994, lors de la mort du président Habyarimana, début du génocide
  • Dallaire = Roméo Dallaire : général canadien, commandant de la MINUAR (Force de l’ONU= Mission des nations Unies pour l’Assistance au Rwanda) en place dès 1993 au Rwanda- il avait environ 2300 hommes.
  • Hôtel des Mille Collines : Hôtel propriété d’une compagnie aérienne, sus la protection de la MINUAR en avril 1994. Plus de 1200 Tutsi y trouvent refuge au début du génocide. Si cette histoire a inspiré un film (Hôtel Rwanda) celui-ci est très critiqué par les rescapés eux-mêmes. L’hôtel existe toujours.
  • Kagame= Paul Kagame : Un des fondateurs du FPR ; nommé vice- président et ministre de la Défense après 1994, il devient président du Rwanda en 2000, réélu en 2003, 2010 et 2017.
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Caractéristiques du génocide
  • Butare :
    Il s’agit d’une ville située au Sud Ouest du pays. C’est une ville essentiellement universitaire puisqu’elle abrite « l’Université du Rwanda ». De nombreux Tutsi y vivaient.
    Les dates évoquées pour le génocide à Butare sont au mois d’avril 1994
    Le président qui vient à Butare avant le début des massacres est poste depuis le 8 avril. Il s’agit de Théodore Sindikubwabo, originaire de Butare.
  • Le terme de « Génocide des Rwandais » est considéré comme une forme de négationnisme. En effet, il sous- entend une réciprocité, ce qui n’est pas le cas : le génocide a en effet strictement visé les Tutsi, et les Hutu modérés qui refusaient le massacre des tutsi. On ne peut nier que des Hutu aient aussi été tué par le FPR, mais il s’agissait là de crimes de guerre, si les faits sont effroyables, il ne s’agit pas d’un génocide !
  • Bisesero est un cas unique dans le cadre du génocide. Situé à proximité au sud de Kibuye, Haut lieu d’une forte résistance Tutsi, c’est aussi un des éléments qui pose nombre de problèmes dans les relations entre la France et le Rwanda. En effet, les rescapés n’auraient pas été rapidement secouru par les militaires français de l’opération Turquoise arrivés sur les lieux fin juin, provoquant de nouveaux morts.
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Résistances au génocide
Bugesera : Région au Sud Est du Rwanda, à proximité de Nyamata.
Région insalubre en raison de nombreux marais, elle est devenue le lieu de déportation des Tutsi en 1963. Dès 1992, des massacres s’y déclenchent, et le génocide y est massif en 1994.
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Le processus de racialisation
Pour tout ce qui concerne la compréhension et le développement de la « théorie hamitique », on pourra se rapporter à une émission de 2014 de France culture :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/l-ideologie-hamitique-matrice-du-genocide-rwandais-7853926
Pour l’appellation « batwa » ou « bahutu » ou « batutsi » : il s’agit simplement de la forme complète des mots « Hutu » « Tutsi » ou « Twa » en kinyarwanda, langue du Rwanda
Yveline Prouvost
Etre historien et militant- Le rôle d’Ibuka
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Propagande génocidaire et médias
  • Kangura : Revue extrémiste qui diffuse de la propagande antitutsi. Elle est d’abord diffusée en Kinyarwanda (langue locale du Rwanda) puis un magazine paraît avec des textes en français. « Kangura » pourrait se traduire par « Réveillez-vous ».
    Ce journal a joué un grand rôle dans le processus génocidaire.
Yveline Prouvost - DR.
Constitutition des archives et mise en place d’une mémoire post génocidaire
Mémoriaux cités :
Source : https://shoaheduc.org/lieux-de-memoire/
La CNLG a défini une « liste officielle des mémoriaux nationaux (Nyarubuye, Nyamata, Ntarama, Gisozi, Murambi, Bisesero et Nyanza de Kicukiro) »
Source : article de R. Korman, qui a rédigé une thèse intitulée : Commémorer sur les ruines : l’État rwandais face à la mort de masse dans l’après-coup du génocide (1994-2003), soutenue en 2020.
Sur ces 6 lieux mémoriaux, M. Gasanabo en cite 4 : Nyarubuye, Nyamata, Ntarama et Murambi
Si vous cherchez à en savoir davantage sur chacun d’eux, une présentation en avait été faire par la cnlg. Quelques éléments ne sont plus d’actualité mais vous y trouverez l’essentiel, n’hésitez pas à consulter ce lien.
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Le travail de l’Historienne- Les Femmes victimes du génocide
Yveline Prouvost - Droits réservés.
Communauté musulmane et résistance au génocide
Mise en garde : la qualité du son se dégrade au cours de l’interview en raison des conditions d’enregistrement. Ne pas hésiter à jouer sur le son lors de l’écoute.
  • Parmehutu : Parti politique officiellement créé en 1959 : « Dirigé par Grégoire Kayibanda, le PARMEHUTU (Parti de l’Emancipation du Peuple Hutu), a une base exclusivement ethnique. S’il n’envisage pas à ses débuts l’abolition de la monarchie, il réclame l’accès des hutu à l’enseignement et aux postes administratifs et soumet l’indépendance du pays à la réalisation préalable de son programme ». C’est ce parti qui dirige le Rwanda lors de l’accès à l’indépendance. Il est dissous en 1973 lors de l’accès au pouvoir de Juvénal Habyarimana.
    Source : https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/chronologie-du-rwanda-1867-1994.html
  • Interahamwe : Nom d’une milice liée au parti MRND (parti du président Habyarimana). Le mot signifie en kinyarwanda « personnes qui s’entendent fort bien ». Milice majoritaire pendant le génocide, elle est responsable de la plus grande part du génocide.
  • Nyamirambo : quartier musulman de Kigali
Yveline Prouvost - Droits réservés.

© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 10/09/2023. Tous droits réservés.

Notes

[1Professeur au Lycée Baudelaire de Roubaix
Présidente de la Régionale de Lille
Responsable de l’Atelier Lycée de l’APHG

[2Difficile de synthétiser : il est impossible de nommer tout le monde, mais nommer l’un sans évoquer l’autre est tout aussi complexe : un certain nombre de personnes apparaîtront donc dans cet article et je prie de bien vouloir me pardonner ceux qui n’y figurent pas : les interventions, les échanges furent tous plus passionnants les uns que les autres, que ces omissions permettent simplement aux lecteurs le plaisir de la découverte lorsque les actes du colloque paraîtront.
Je fais donc le choix de vous renvoyer sur le programme de ce colloque en suivant ce lien, ainsi qu’aux actes qui seront publiés en 2023.

[3Diverses associations ont été représentées telles Aegis trust, association internationale qui travaille sur la mémoire des génocides, le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda, nous-mêmes APHG, etc.

[4Plusieurs rescapés ont pris la parole au cours du colloque, comme Mme Spéciosa Kanyabugoyi, M. Vénuste Kayimahe, Mme Adrienne Mukatako, Mme Odette Sagahutu, M. Jean Pierre Sagahutu.

[5Vice- président du parti Libéral, fondateur d’un hôtel nommé « Chez Lando » à Kigali, ministre du Travail et des Affaires sociales dans le gouvernement de transition d’Habyarimana, mis en place à la suite des Accords d’Arusha. Il fut l’une des premières victimes du génocide, ainsi que sa femme et ses enfants, le 7 avril 1994. Le lieu, demeuré un hôtel géré par une des sœurs de Lando, Anne- Marie Kantengwa, reste un lieu important de mémoire.

[6Cette soirée a là aussi été entièrement filmée et enregistrée. Elle a été diffusée au Rwanda.

[8Impossible de ne pas nommer Zélia Devooght qui a été notre compagne de tous les instants, souriante, discrète et si efficace.

[9Plusieurs interventions sur ce point, en particulier celles de Marcel Kabanda.

[10Plusieurs interventions ont porté sur ce point. On notera par exemple les recherches de J. P. Kimonyo ou celles de François Masabo.

[11Voir ici, par exemple, les travaux de Liberata Gahongayire.

[12Sur ce point, on pourrait citer la présence de Violaine Baraduc, jeune anthropologue qui vient de soutenir sa thèse sur les femmes génocidaires, co-auteur d’un superbe film documentaire intitulé A mots couverts, et Juliette Bour qui achève sa thèse sur les femmes de pouvoir qui ont cautionné ou dirigé le génocide.

[13On pourrait par exemple noter la présence sur place de François Robinet dont c’est l’axe de recherche depuis de nombreuses années.

[14A noter ici la présence par exemple de Déogratias Mazina, président du réseau International Recherche et Génocide

[15La justice a été abordée par des universaitaires français ou rwandais telle le Dr Alice Urusaro Karekezi, mais aussi des juristes comme Aurélia Devos, ancienne chef du pôle crimes contre l’humanité au parquet de Paris, ou des représentants d’association comme Dafroza et Alain Gauthier cofondateurs du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda.

[16Ainsi Virginie Brinker qui a coordonné nombre de travaux sur ce thème, ou Catherine Gilbert de l’Université de Newcastle.

[17Film réalisé en 2005 et qui porte sur les tribunaux Gacaca.

[18Je ne peux m’empêcher de citer ici par exemple Violaine Baraduc et Rémi Korman