Notre revue Historiens & Géographes
N° 447 août 2019
Migrations
- Sommaire
- Édito
ÉDITORIAL
• Oui, l’APHG est une « grande structure innovante » (Franck COLLARD) 07HOMMAGES
• Pierre Riché (1921-2019) (Michel SOT) 11 • Emmanuel-Paul Désiré (1943-2019) (Joëlle DÉSIRÉ-MARCHAND, Marie-Denise RISS-COLY et Jean-Claude CAVARD) 13 • Jacques Séguin (1945-2019) (Guy BRANGIER) 14GRAND ENTRETIEN
• Vingt ans après… Entretien avec Emmanuel Laurentin (Joëlle ALAZARD et François DA ROCHA CARNEIRO) 16ACTUALITÉS
L’actualité des festivals
• L’APHG en Italie. Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois (du 9 au 13 octobre 2019) (François DA ROCHA CARNEIRO et Jean-Marie GÉNARD) 23 • Du côté du Festival international de Géographie de Saint-Dié… Deux cartes commentées du Service Historique de la Défense (Constance de COURRÈGES D’AGNOS et Clotilde SABLON DU CORAIL) 25Au fil de l’actualité…
• « Mieux vaut une injustice qu’un désordre ». Violence, ordre public et Terreur (Annie DUPRAT) 26ACTIVITÉS DE L’APHG
• CNRD 2019-2020. Préparer le Concours national de la Résistance et de la Déportation en 2019 : 1940. Entrer en résistance. Comprendre, refuser, résister (Tristan LECOQ) 33 • La vie des Régionales. Être jeune adhérent à la Régionale lorraine de l’APHG (Geoffrey FELICI) 38DOSSIER
• Migrations. Sous la direction de Thomas MERLE. Préface : Gilles FUMEY. Coordination : Claude RUIZ 39. Dossier en partenariat avec le 30e Festival international de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (du 4 au 6 octobre 2019). Sommaire détaillé p. 40PÉDAGOGIES
Comment enseigner ?
• Le nazisme et Hitler. Entretien avec Johann Chapoutot (Nicolas CHARLES) 96 • La géographie des espaces ruraux en France. Entretien avec Guillaume Lacquement (Jean-Marc CAPDET) 107Le point sur les nouveaux programmes
• Classe de Première. Jeux d’échelle et lignes de forces des études des armées napoléoniennes : aperçu sur l’état de l’historiographie (Michel ROUCAUD) 114 • Spécialité HGGSP – Première. Les malheurs de la démocratie chilienne (Pierre VAYSSIÈRE) 118 • Classes de Première d’enseignement général et technologique. Enseigner la géographie avec une série télévisée. L’exemple de Londres, métropole de rang mondial (Yohann CHANOIR et Nicolas CHARLES) 123 • Classes de Seconde d’enseignement général et technologique. Á propos de la genèse de l’État moderne (Jean-Philippe GENET) 125Avec nos élèves…
• Analyse de séquences filmiques. Les croix de bois (1932) de Raymond Bernard (1891-1977) (Éric AUPHAN) 129OUVERTURES
• Carte blanche à un jeune chercheur. Ancrage spatial et polarisation des pouvoirs de l’aristocratie laïque en Lotharingie méridionale (fin IXe-mi XIe s.) (Tristan MARTINE) 136 • Recherche. La phaléristique, une science auxiliaire de l’histoire en devenir (Jean-François DUBOS) 139 • Spécial Agoras 2019. Histoire et patrimoine. Le Hartmannswillerkopf, site emblématique de la relation franco-allemande en Alsace (Florian HENSEL) 142DOSSIER SPÉCIAL AGORAS 2019 EN LORRAINE
• Les traités de Rome depuis 1957. Sous la direction de Didier FRANCFORT. Coordination : Franck SCHWAB 145 Sommaire détaillé p. 146CAHIER SPÉCIAL CONCOURS
• Réussir le CAPES et les Agrégations externes en 2020. Conseils et bibliographies. Coordination : Marc CHARBONNIER. Préface : Joëlle ALAZARD 179 Sommaire détaillé p. 180VOIR, ÉCOUTER
• Expositions (Violeta MARTINEZ-AURIOL et Vincent MULTRIER, dir.) 219LIRE, RELIRE
• HG a noté (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) en ligne sur le site www.aphg.fr • Revues (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) en ligne sur le site www.aphg.fr • Livres (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) 227 • Mots croisés (Joseph ESTEVÈS) 247LA TABLE DES ANNONCEURS 248
Photo de couverture :
Le « mur des Phéniciens » se trouve à Batroun (Liban) à 54 km au nord de Beyrouth. Il fait partie des « murs de la mer », creusements réalisés dans les affleurements rocheux du littoral entre Arwad (Syrie) et Dor (Israël). Digues de protection ayant donné lieu à plusieurs hypothèses, ils restent un témoignage fort de l’anthropisation complexe et dense de cette région, dès l’âge de bronze. © Jean-Marc FEVRET – tous droits réservés.
CONTENTS (SOMMAIRE EN ANGLAIS)
TABLE OF CONTENT HISTORIENS & GEOGRAPHES n° 447 – August 2019
Traduction : Étienne ARRIVÉ.EDITORIAL
• Indeed, the APHG is a “strong innovative structure” (Franck COLLARD) 07TRIBUTES
• Pierre Riché (1921-2019) (Michel SOT) 11 • Emmanuel-Paul Désiré (1943-2019) (Joëlle DÉSIRÉ-MARCHAND, Marie-Denise RISS-COLY and Jean-Claude CAVARD) 13 • Jacques Séguin (1945-2019) (Guy BRANGIER) 14INTERVIEW
• Twenty years later… An interview with Emmanuel Laurentin (Joëlle ALAZARD and François DA ROCHA CARNEIRO) 16NEWS
Festival updates
• APHG in Italy. The Rendez-vous de l’Histoire in Blois (Oct. 9-13 2019) (François DA ROCHA CARNEIRO and Jean-Marie GÉNARD) 23 • Over at the International Geography Festival in Saint-Dié… Two maps with commentary from the Defense Historical Service (Constance de COURRÈGES D’AGNOS and Clotilde SABLON DU CORAIL) 25The latest news stories…
• “Mieux vaut une injustice qu’un désordre”. Violence, public order and Terror (Annie DUPRAT) 26APHG NEWS
• CNRD 2019/2020. “Preparing the Concours national de la Résistance et de la Déportation” in 2019 : 1940. Entering the Resistance. Understanding, refusing, resisting. (Tristan LECOQ) 33 • News from the regional branches. Being a young member of the Lorraine branch. (Geoffrey FELICI) 38SPECIAL FILE
• Migrations. Coordinating editors: Thomas MERLE and Claude RUIZ. Prefaced by Gilles FUMEY 39 Detailed table of contents on p. 40PEDAGOGIES
How to teach?
• Nazism and Hitler. An interview with Johann Chapoutot (Nicolas CHARLES) 96 • The geography of rural spaces. An interview with Guillaume Lacquement (Jean-Marc CAPDET) 107A review of the updated curricula
• Class of Première [year 12]. The strengths and various scales of the study of Napoleonian armies: a view of the state of historiography (Michel ROUCAUD) 114 • The HGGSP [History, Geography, Geopolitics and Political Science] special subject – Première. The ups and downs of Chilean democracy (Pierre VAYSSIÈRE) 118 • Classes of General and Technological Première. Teaching geography with a TV show. The example of London, a global metropolis. (Yohann CHANOIR and Nicolas CHARLES) 123 • Classes of General and Technological Seconde. Origins of the modern European State (Jean-Philippe GENET) 125With our students…
• Analysis of film scenes. Wooden crosses [Les croix de bois] (1932) by Raymond Bernard (1891-1977) (Éric AUPHAN) 129PATHWAYS
• Carte blanche to a young researcher. The territorial roots and concentration of the powers of the secular aristocracy in southern Lotharingia (late 9th – mid_11th century) (Tristan MARTINE) 136 • Research. “Falerisitics”: an auxiliary historical science in the making (Jean-François DUBOS) 139 • History and memory. The Hartmannswillerkopf, a memorial site for franco-german meetings in the European context (Florian HENSEL) 142SPECIAL FILE FOR THE 2019 AGORAS IN LORRAINE
• Rome treaties since 1957. Coordinating ed. Didier FRANCFORT and Franck SCHWAB 146 Detailed table of contents on p. 147SPECIAL FILE FOR THE EXAMINATIONS
• How to pass the external CAPES and Agrégation examinations in 2020. Recommendations and reading lists. Coordinating ed.: Marc CHARBONNIER. Prefaced by Joëlle ALAZARD 179 Detailed table of contents on p. 180SEE, HEAR
• Exhibitions (Violeta MARTINEZ-AURIOL and Vincent MULTRIER, ed.) 219READ, REREAD
• HG noted (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) online on our website www.aphg.fr • Magazines (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) online on our website www.aphg.fr • Books (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) 227 • Crossword puzzle (Joseph ESTEVÈS) 247ADVERTISERS 248
© Marc Charbonnier pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes – Tous droits réservés. 20 août 2019. Mise en ligne le 29 août 2019.
Prendre au mot
Si elle s’est toujours vigoureusement démarquée des critiques doctrinaires et du sectarisme sentencieux d’organisations n’existant que par le coup de tweets permanents et l’indignation surjouée, si elle a toujours appelé de ses vœux un remusclage du baccalauréat et une reconfiguration du lycée préparant aux exigences des études supérieures, l’APHG a constamment exprimé ses doutes et ses craintes sur un projet aux orientations discutables et à la mise en œuvre périlleuse, sans bénéfice prévisible ni pour les élèves ni pour les enseignants. À ce titre, elle a donc été épinglée, au détour d’un propos du grand inspirateur de la réforme, par la formule très probablement antiphrastique et par conséquent un tantinet méprisante qui donne une partie de son titre à cet éditorial estival. Eh bien prenons au mot l’auteur de la pique et dénions-en la gratuité. Oui, l’APHG est une grande structure, fière de ses principes enracinés dans des décennies de combats disciplinaires, principes qu’elle entend défendre haut et fort. Oui, nonobstant sa vénérable ancienneté, et justement forte de l’expérience qu’elle lui donne, c’est une structure innovante, capable de s’adapter aux conditions nouvelles créées par la problématique réforme qui entre en vigueur à la rentrée, et soucieuse d’aider les enseignants à la mettre en œuvre le mieux possible, au bénéfice des élèves. La faible connaissance qu’on a du terrain scolaire depuis les sommets de la technostructure ou depuis la direction d’écoles qui accueillent un nombre infime de lycéens sélectionnés à la dernière mode (haro sur l’écrit !) devrait inciter les décideurs à un peu moins de dérision et un peu plus de modestie, en tout cas de considération pour celles et ceux qui n’ont cessé de les mettre respectueusement en garde.Grande structure, grandes inquiétudes
Grande structure, l’APHG l’est en tant qu’interlocutrice séculaire des représentants de l’Institution. On la reçoit, on la consulte, on la considère parfois, les plus haut placés de ses interlocuteurs n’étant pas les plus hautains, il faut le souligner sans s’en étonner. Depuis le début mai, moment du précédent éditorial, au prix de sollicitations récurrentes et de relances inlassables, des représentants de l’Association ont réussi à être reçus à l’Inspection générale d’Histoire-Géographie par le doyen ; à la Degesco par la chef du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique ; au ministère enfin par le ministre en personne, sincèrement attentif et conscient des inquiétudes nées de sa réforme, sans évidemment les partager. Chaque rencontre a été l’occasion d’exposer sans ménagement ni détours l’exaspération ou le découragement des collègues, sentiments parfois synonymes de désengagement, sur un certain nombre de points ci-dessous récapitulés : – la lourdeur des programmes du lycée technologique, bien peu pris en compte par les autorités et par les faiseurs d’opinion quoiqu’il regroupe environ un tiers d’une génération. On nous a répondu benoîtement qu’il suffirait d’accroître la part du cours magistral pour avancer plus rapidement dans le traitement des questions et ainsi boucler les programmes malgré un référentiel horaire des plus réduits. C’est donc cela « l’École de la confiance », confiance intransigeante en la capacité des professeurs de réaliser l’impossible ? – les imperfections des programmes de tronc commun et de spécialité du lycée général dont on a changé récemment des thèmes sans aucune concertation ni prise en compte des propositions raisonnables et sensées faites par notre commission lycée et portées en haut lieu. C’est donc cela « l’École de la confiance », celle qui publie en plein été des programmes modifiés subrepticement, sans doute sous le coup de l’émotion patrimoniale du 15 avril dernier ? – l’absurdité dangereuse du principe de la « spécialité partagée » qui a pourtant vocation, par les thèmes retenus (et plus encore après les modifications ci-dessus mentionnées), à revenir entièrement aux historiens-géographes. On nous a promis qu’on veillerait à une répartition des heures conséquente et cohérente (avec la clause du « cas échéant »), tout en semblant découvrir que tous les chefs d’établissement ne procédaient pas forcément avec discernement disciplinaire. C’est donc cela « l’École de la confiance », se fier à des chefs d’établissement incompétents à juger de l’aptitude des enseignants à enseigner la spécialité « partagée », et les laisser la confier en partie, voire totalement, à des spécialistes dont ce n’est pas la spécialité ? – les nébuleuses modalités d’examen du bac rénové, modalités à la mise en œuvre prévisiblement cauchemardesque et propices à l’établissement du bachotage permanent. En la matière, la technostructure semble comme toujours très sûre d’elle, à deux ou trois détails près que son éloignement du terrain lui a fait oublier, et que nous nous sommes fait un plaisir de lui rappeler, comme, au choix, l’assiduité incertaine des élèves une fois les épreuves terminées, les pressions parentales contre des évaluations jugées préjudiciables à l’avenir de leur jeune, les disparités de notation, la mise en concurrence des spécialités, tentées de pratiquer, avec la bienveillance prêchée urbi et orbi, une notation « attractive » en vue de conserver les élèves de la première à la terminale. Serait-ce aussi cela « l’École de la confiance » : l’École de la (fausse) naïveté ? – le nébuleux et présomptueux Grand Oral, qu’un récent rapport tombé du haut des nues a présenté sur un plateau d’argent, totalement ignorant des manières de travailler des élèves et de l’immensité des choses à leur apprendre, faute de quoi l’exercice ressemblera à un jeu de rôle vide de contenu, une « performance » éclair, vaine et discriminante ou à une « foire à la tchatche » démagogique. Où « l’École de la confiance » devient celle de la rêverie, nourrie par le calamiteux modèle américain. – le sacrifice inadmissible des enseignements de culture générale dans la voie professionnelle. Cela permettra d’alléger des emplois du temps trop lourds nous a-t-il été placidement opposé par des gens que ces élèves-là n’intéressent manifestement guère et pour qui exercer un métier non intellectuel ou remplir son devoir de citoyen ne nécessite pas d’être instruit sur la marche du monde. C’est sans doute cela « l’École de la confiance », confiance dans les donneurs d’ouvrage et les employeurs qui raisonnent souvent à l’aune d’un utilitarisme court-termiste. – l’alourdissement considérable des charges de travail des professeurs face à des classes dont la jauge normale est généreusement estimée à 35 élèves, première raison de l’échec à craindre ce cette énième réforme. On nous a gravement rappelé la situation budgétaire du pays, les efforts énormes déjà consentis par la Nation avec les résultats que l’on sait. Certes. Mais négliger autant ce paramètre de base qu’est le nombre d’élèves par classe, c’est prêter des pouvoirs magiques aux enseignants qui devront gérer de nouveaux programmes, assurer l’orientation d’élèves parfois rétifs à la logique scolaire et à l’effort personnel, concevoir et corriger les examens de contrôle continu asséchant l’esprit d’innovation et de projet, maintenir l’attractivité de leur discipline, satisfaire les attentes parfois démesurées des familles, répondre aux injonctions parfois contradictoires de l’Institution, suivre une formation continue plus que jamais indispensable mais déplacée désormais sur des temps de congés pourtant indispensables, étant donné la dureté d’un métier usant. Où « l’Ecole de la confiance » ressemble plutôt à l’École de la gageure. – la confusion de Parcours Sup, le système n’éclairant guère, malgré quelques dispositifs « dédiés », les lycéens de fin de seconde sur les choix à faire en fonctions de leurs projets d’études supérieures, avec le risque que, comme de coutume, les exigences concernant les filières littéraires soient autrement plus légères que celles concernant les filières scientifiques. S’il est indéniable que le système s’est un peu fluidifié dans sa deuxième année d’exercice, il demeure opaque, parfois incompréhensible et les dispositifs de remédiation mis en place pour les « oui-si » n’ont guère fait leurs preuves jusqu’ici. Là non plus, « l’École de la confiance » n’est vraiment pas la formule la mieux appropriée, à moins de pratiquer, comme d’autres, l’ironie facile de l’antiphrase. La liste des doléances n’est pas exhaustive (il faudrait ajouter par exemple les menaces pesant sur la liberté pédagogique et critique) et la réaction des interlocuteurs a été variable, du déni péremptoire au soupir entendu, sans exclure parfois la compréhension quasi compassionnelle ou l’incompréhension consternée. Force est de constater que l’obstination des décideurs prime encore et toujours sur l’expertise des professeurs de bonne volonté. Dans ces conditions, et c’est bien ennuyeux, l’École de la confiance exclut déjà une bonne partie des protagonistes quand même non négligeables que sont, avec les élèves et leurs parents, les enseignants. Si l’on peut regretter les formes de contestation ayant (un peu) mis en péril le baccalauréat 2019, sans que les promoteurs de radicalité aux discours outranciers aient songé un instant que le stress prêté aux lycéens devant Parcours Sup pouvait aussi étreindre les candidats à l’examen perturbé, la réaction caporalisante d’Autorités raides dans leurs bottes n’a rien fait pour apaiser la défiance. Il faut souhaiter qu’elles seront capables d’« accompagner » (un maître mot de la mièvrerie communicationnelle) les professeurs jetés dans le grand bac rénové, mieux que ne l’ont fait jusqu’ici les réunions d’information parfois houleuses car vides de contenu. Il est à espérer aussi que la martingale numérique ne fasse pas une fois de plus office de réponse à tout, l’APHG ayant à cet égard exprimé son profond étonnement au ministre de l’Éducation nationale devant l’imposition par certaines Régions de manuels « dématérialisés » faisant fi de l’avis majoritairement réservé des enseignants. L’écran total est peut-être bon pour la plage, il ne l’est pas pour la classe.« Structure innovante »
Régénérée par les récentes élections au comité national, au conseil de gestion et au bureau national, l’APHG a entamé une mue profonde fondée sur la grande enquête lancée auprès de ses membres et ex-membres voici plusieurs mois. Cette mue n’affecte évidemment pas les principes ni les valeurs de l’association : défense des disciplines et des savoirs structurés, méritocratie promouvant les élèves issus des milieux défavorisés, défense universelle des droits humains, émancipation intellectuelle, laïcité éclairée, esprit critique, indépendance. Non, la mue regarde à la fois le fonctionnement interne, les missions et les formes d’expression de notre communauté. Innovante est la collégialité mise en œuvre depuis plusieurs mois. Elle permet la co-construction par l’intelligence collective dans de vastes domaines, notamment celui de l’enseignement professionnel que l’APHG est une des rares associations disciplinaires à prendre sérieusement en compte, quand d’autres en parlent avec emphase sans rien en connaître. Les classes préparatoires vont aussi être davantage prises en considération. Innovante est l’implication accrue des commissions spécialisées dans la définition des attentes et des besoins des collègues. Innovant encore est le projet de commissions mixtes permettant de réfléchir aux articulations entre deux niveaux d’enseignement, notamment lycée-université. Innovante est la vaste entreprise lancée ces derniers mois de confection de « capsules » (les « fenêtres sur cours ») destinées à donner en ligne sur le site de l’association, des mises au point sous une forme ramassée, utiles au traitement des nouveaux programmes. Innovante est aussi la conclusion ou la préparation de partenariats prestigieux avec l’INRAP, le SHD, le CTHS, la Contemporaine (ex-BDIC), les grands festivals (notamment celui de Fontainebleau), l’INA, liens qui assoient le statut de l’APHG comme société savante et comme actrice du monde culturel. Innovante enfin est toute l’action menée sur la revue, formellement rajeunie, intellectuellement encore enrichie, comme en témoigne le somptueux n° 447 d’Historiens & Géographes. L’innovation de l’an passé consistant à consacrer un dossier au thème du FIG a été reconduite. La perspective de faire de même pour les RDV de Blois est à l’étude. La revue n’a jamais autant innové. Il faut impérativement qu’elle figure sur les rayons de tous les CDI dignes de ce nom. CQFD, la « grande structure innovante » mérite donc bien l’appellation dont elle a été gratifiée avec tant de bienveillance et de magnanimité. Grande, elle le sera d’autant plus que s’opérera l’accroissement du nombre de ses adhérents grâce au prosélytisme ardent des membres actuels à l’occasion de cette rentrée. Ne manquons pas ce rendez-vous ! L’expérience montre que ce n’est pas tant l’hostilité (certes savamment entretenue par de pathétiques calomniateurs) ou l’indifférence qui prédominent à son encontre mais l’ignorance, facile à dissiper, surtout en ces temps où grands sont les besoins de ressources coopératives et de solidarité disciplinaire. Innovante, l’APHG le sera d’autant plus que la rejoindra la jeune génération des professeurs, à l’aise avec les technologies nouvelles et avides d’information scientifique comme d’expériences pédagogiques. Qu’à chacune et chacun, l’été ait été propice à reconstituer les énergies nécessaires pour affronter une rentrée périlleuse ! Par gros temps, la nef APHG a toujours tenu la mer. La Croix Valmer, le 4 août 2019. Retrouvez en ligne et sur les réseaux sociaux toute l’actualité de notre association professionnelle, ses enquêtes, ses pistes de réflexion sur les programmes et sa promotion de nos disciplines auprès des instances ministérielles, administratives et académiques.- Site web : www.aphg.fr
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- Président : Franck COLLARD
- Vice-présidents : Joëlle ALAZARD, François DA ROCHA CARNEIRO
- Secrétaires généraux : Christine GUIMONNET, Marc CHARBONNIER
- Secrétaires généraux adjoints : Iris NAGET, Vincent MAGNE
- Trésorier : Max AURIOL / Trésorier adjoint : Brice BOUSSARI
Photo de couverture :
Le « mur des Phéniciens » se trouve à Batroun (Liban) à 54 km au nord de Beyrouth. Il fait partie des « murs de la mer », creusements réalisés dans les affleurements rocheux du littoral entre Arwad (Syrie) et Dor (Israël). Digues de protection ayant donné lieu à plusieurs hypothèses, ils restent un témoignage fort de l’anthropisation complexe et dense de cette région, dès l’âge de bronze. © Jean-Marc FEVRET – tous droits réservés.
© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes – Tous droits réservés. 29 août 2019.