Notre revue Historiens & Géographes

N°451 août 2020

Climat(s) / Gouverner

  • Sommaire
  • Édito

ÉDITORIAL

• Prendre soin, prendre garde, prendre date (Franck COLLARD) 07

HOMMAGES

• Jean-Pierre Houssel (1934-2020) (Marie-Claude DUMONT, Jean-François MARTIN et Claire PAGNON-PILA) 11

OPINIONS

Tribune libre. De bronze ou d’émail, les héros sont toujours politiques (Richard VASSAKOS) 13

GRAND ENTRETIEN

• Églises et cathédrales en péril ? Quelques questions à Mathieu Lours (Joëlle ALAZARD et François DA ROCHA CARNEIRO) 15

ACTUALITÉS

Au fil de l’actualité…

• 150e anniversaire de la guerre de 1870 : les fonds numérisés du Service Historique de la Défense (François ROYAL) 19

L’actualité des festivals

Les Rendez-vous de l’histoire de Blois 2020 (Jean-Marie GÉNARD) 24 • L’APHG aux Rendez-vous de l’histoire 2020 (François DA ROCHA CARNEIRO) 25 • Lancement du Prix Lycéen du Livre d’Histoire (Ann-Laure LIÉVAL) 27

ACTIVITÉS DE L’APHG

• La Saison Africa 2020, une saison pédagogique pour la jeunesse (Alexandre LAFON) 31 • Parlons Démocratie, association d’éducation à la citoyenneté (Éric BUGE) 33 • La vie des Régionales… Jeune Historien Guyanais n° 8 : « Esclave en Guyane, 1652-1848 » (Jacqueline ZONZON, dir.) 35 • Partenariat. Un pont vers le Supérieur : « Le Regard du chercheur » (Anthony GUYON) 36 • Partenariat. Création du Prix du Livre de Géographie des lycéens et étudiants de CPGE (Maie GÉRARDOT) 37

DOSSIER

• Climat(s) 39 Sous la direction de Philippe SIERRA Préface : Thibaut SARDIER Dossier en partenariat avec le 31e Festival international de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (du 2 au 4 octobre 2020). Sommaire détaillé p. 40

PÉDAGOGIES

Comment enseigner ?

• Enseigner « Une diversification des espaces et des acteurs de la production » en classe de Première générale (Eloïse LIBOUREL) 64

Le point sur les nouveaux programmes…

Spécialité HGGSP – Première. La frontière germano-polonaise (1939-1990) : une frontière qui a été en débat (Rainer BENDICK) 73 • Spécialité HGGSP – Terminale. La guerre, « continuation de la politique par d’autres moyens » : de la guerre de Sept Ans aux guerres napoléoniennes (Mathias BURGÉ) 81 • Classe de Terminale voie générale. L’épidémie du SIDA en France dans les années 1980 : recherche, prévention et luttes politiques (Florian NICOLAS) 87

Avec nos élèves…

Didactique. Le géographe et la Covid-19 (Jean-Marc CAPDET) 93 • Didactique. Enseigner autrement : l’exemple de la webradio (Sarah OUAGUENI) 95 • Enseigner et commémorer. Autour des commémorations du Chemin des Dames, d’une guerre à l’autre ? (Alexandre LAFON) 97 • Enseigner avec des séries. « Kaamelott », une série historique ? (Florian BESSON) 99 • Analyse de séquences filmiques. « Le quai des brumes » de Marcel Carné (1938) (Éric AUPHAN) 103

DOSSIER

• Gouverner 113 Sous la direction de Franck COLLARD et François DA ROCHA CARNEIRO Sommaire détaillé p. 114

OUVERTURES

Carte blanche à un jeune chercheur. Les projets de reconversion par la culture des anciens sites miniers du Nord-Pas-de-Calais. Les politiques culturelles du Bassin minier en question (Camille MORTELETTE) 156 • Pédagogie et exposition. À table ! Exposition « Dans les cuisines d’Alésia » au MuséoParc d’Alésia (Michel ROUGER) 161 • Point de vue. Écrire une Histoire dessinée (Marie BARDIAUX-VAÏENTE) 163

CAHIER SPÉCIAL CONCOURS

• Réussir le CAPES et les Agrégations externes en 2021. Conseils et bibliographies 165 Sous la direction de Joëlle ALAZARD et Franck COLLARD Sommaire détaillé p. 166

VOIR, ÉCOUTER

• Expositions (Violeta MARTINEZ-AURIOL et Vincent MULTRIER, dir.) 207

LIRE, RELIRE

• HG a noté (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) en ligne sur www.aphg.fr • Revues (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) en ligne sur www.aphg.fr • Livres (Monique DEFRADAS et Claude RUIZ, dir.) 219 • Mots croisés (Joseph ESTEVÈS) 247

LA TABLE DES ANNONCEURS

Encarts : • Cahier d’illustrations « Pédagogies » 65/68 • Expositions 213/216 • Adhésions / abonnements 118310422_2741622399447678_4435871106691309809_o_1_-2.jpg Photo de couverture : La Tour Madeloc (ancienne tour à signaux du XIIIe s.) au cœur du massif des Albères et son point de vue sur la plaine du Roussillon et la côte Vermeille. Menacée par le changement climatique, la hêtraie de la Massane constitue un laboratoire exceptionnel pour le projet LIFE Natur’Adapt (diagnostic de vulnérabilité et plan d’adaptation). © Photo : Diane Sorel-Réserve naturelle nationale de la Massane, septembre 2016. Tous droits réservés.

TABLE OF CONTENTS HISTORIENS & GEOGRAPHES n°451 – August 2020

EDITORIAL

• Taking care, taking heed, taking notice (Franck COLLARD) 07

TRIBUTES

• Jean-Pierre Houssel (1934-2020) (Marie-Claude DUMONT, Jean-François MARTIN and Claire PAGNON-PILA) 11

OPINIONS

Open forum. Heroes of bronze or heroes of enamel, but political heroes, always (Richard VASSAKOS) 13

INTERVIEW

• Churches and cathedrals in jeopardy? A few questions to Mathieu Lours (Joëlle ALAZARD et François DA ROCHA CARNEIRO) 15

NEWS

The latest news stories…

• The 150th birthday of the Franco-Prussian War: the digitalized archives of the Defense Historical Service (François ROYAL) 19

Festival news

• A presentation of the 2020 edition of the Rendez-vous de l’Histoire in Blois (Jean-Marie GÉNARD) 24 • The APHG at the 2020 Historical Symposium of Blois (François DA ROCHA CARNEIRO) 25 • The first High School Award for a Historical Book is launched! (Ann-Laure LIÉVAL) 27

APHG ACTIVITIES

• The Africa 2020 Season, a pedagogical experience for the youth (Alexandre LAFON) 31 • Parlons Démocratie [Let’s talk about democracy], an association to educate about citizenship (Éric BUGE) 33 • News from the regional branches… Jeune Historien Guyanais n° 8 : “Being a slave in Guyana, 1652-1848” (Jacqueline ZONZON, ed.) 35 • Partnership. Drawing bridges towards higher education : “The researcher’s outlook” (Anthony GUYON) 36 • Partnership. Launching the High School Award for a Geographical Book (Maie GÉRARDOT) 37

SPECIAL FILE

• Climate(s) 39 Edited by Philippe SIERRA Preface : Thibaut SARDIER Detailed table of contents on p. 40

PEDAGOGIES

How to teach?

• Teaching “A diversification of spaces and actors of production” from the Year 11 curriculum (Eloïse Libourel) 64

Focus on the new curricula…

Geopolitical Studies course – Year 11. The Germany-Poland border (1939-1990): a conflictual frontier (Rainer BENDICK) 73 • Geopolitical Studies course – Year 12. War as a “mere continuation of policy by other means”. From the Seven Years’ War to the Napoleonic Wars (Mathias BURGÉ) 81 • Year 12 – General baccalaureate. The AIDS epidemic in France in the 1980s: research, prevention and political struggles (Florian NICOLAS) 87

With our students…

Didactics. Covid-19 and the geographer (Jean-Marc CAPDET) 93 • Didactics. An alternative approach: the example of a webradio (Sarah OUAGUENI) 95 • Teaching and commemorating. The Chemin des Dames commemoration, from one war to another? (Alexandre LAFON) 97 • Tea ching with TV series. “Kaamelott”, a historical series? (Florian BESSON) 99 • Film scene analysis. “The Port of Shadows” by Marcel Carné (1938) (Éric AUPHAN) 103

SPECIAL FILE

• Ruling 113 Coordinating editors: Franck COLLARD and François DA ROCHA CARNEIRO Detailed table of contents on p. 114

OPENINGS

Carte blanche to a young researcher. The cultural redevelopment projects of former coal mining areas in the Nord-Pas-de-Calais region. A critical study of cultural policy. (Camille MORTELETTE) 156 • Pedagogies and exhibitions. Dinner is served ! The “Dans les cuisines Alesia” [In the kitchens at Alesia] exhibition at the MuséoParc in Alésia (Michel ROUGER) 161 • Point of view. Writing History in the comic book form. (Marie BARDIAUX-VAÏENTE) 163

SPECIAL FILE ON THE TEACHING EXAMS

• How to pass the external CAPES and Agrégation examinations in 2021. Recommendations and reading lists. 165 Coordinating ed.: Joëlle ALAZARD and Franck COLLARD Detailed table of contents on p. 166

SEE, HEAR

• Exhibitions (Violeta MARTINEZ-AURIOL and Vincent MULTRIER, ed.) 207

READ, REREAD

• HG noted (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) online • Magazines (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) online • Books (Monique DEFRADAS and Claude RUIZ, ed.) 219 • Crossword puzzle (Joseph ESTEVÈS) 247

ADVERTISERS

Inserts: • PEDAGOGIES 65/68 • Exhibitions 213/216 • Membership / Subscription cards 118310422_2741622399447678_4435871106691309809_o_1_-2.jpg Cover photo : The Tour Madeloc (former 13th century signal tower) in the heart the Albères mountains and its view of the Roussillon plains and the Côte Vermeille. Threatned by climate change, the beech forest of la Massane is an exceptional laboratory for the LIFE Natur’Adapt project about diagnosis of vulnerability and adaptation plans. © Photo : Diane Sorel – La Massane national natural reserve. Sept. 2016. All rights reserved. © Marc Charbonnier pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes – Tous droits réservés. Traduction (anglais) : Etienne Arrivé. 31 août 2020. Mise en ligne le 2 septembre 2020.

Bonnes paroles

Prendre soin des élèves, des étudiants, de leurs enseignants, de l’École : oui, il serait grand temps de le faire après les épreuves traversées, et pas seulement en procédant à des enquêtes destinées à savoir comment le confinement puis le déconfinement partiel ont mis (rudement) à l’épreuve le métier de professeur. Entre l’apologie de leur résilience numérique faite par les exaltés de la dématérialisation – souvent les mêmes que ceux qui voient dans la Covid une divine surprise propice à accélérer la marchandisation de l’Instruction – et les imputations honteuses d’abandon de poste formulées par des médias aussi prompts à mettre au pinacle qu’au pilori, les professeurs ne trouvent pas qu’on ait tellement pris soin d’eux. L’immense majorité a fait son devoir et bien au-delà, pris sur son temps de repos et son matériel personnel pour imaginer des formes de continuité pédagogique adaptées au public scolaire, contrairement à certaines injonctions irréalistes de l’Institution. Le corps enseignant a maintenu tant bien que mal le lien avec les élèves et les familles. Il a essayé d’évaluer au plus juste les capacités des premiers sous la pression parfois lourde des secondes et malgré les consignes d’indulgence plénière des rectorats, d’où les mirifiques résultats du millésime 2020 du baccalauréat, et la rentrée universitaire à effectifs gonflés qui se profile. Chaque professeur a bien conscience des lacunes non comblées, du manque à apprendre, des béances programmatiques consécutifs à la crise sanitaire et donc de la fragilité des diplômes délivrés, à base de contrôle continu maison, source d’inéquités évidentes. Espérons que l’expérience subie servira de leçon aux adversaires de l’évaluation nationale et anonyme des aspirants-bacheliers. Sans doute eût-il été raisonnable de tirer toutes les conséquences des dysfonctionnements constatés à l’occasion de la pandémie pour remettre en question le principe même des E3C si chaotiquement tenues avant le grand renfermement. Au lieu de cela, un simple changement d’appellation à des fins de simplification administrative. Est-ce cela « prendre soin » de pédagogues en souffrance devant une réforme alourdissant encore leur tâche ? Est-ce « prendre soin » que de rester sourd à des demandes légitimes d’allègements significatifs de programme pour des lycéens avec qui la reprise de contact et la remise au travail risquent d’être très compliquées dans quelques semaines ? Est-ce « prendre soin » du personnel enseignant que de le maintenir dans une situation salariale indigne d’un grand pays, alors que les déficits ne sont plus, paraît-il, un problème, s’ils couvrent des investissements productifs ? Or on ne sache pas que l’investissement éducatif ait jamais été consenti à perte. Est-ce « prendre soin » des élèves et de leurs formateurs qu’en revenir dès septembre, comme si de rien n’était, à des effectifs surchargés ou à des dispositifs hybrides qui doublent le travail des enseignants, alors que le déconfinement partiel a montré tout le parti à tirer du fonctionnement en petits groupes ? Publier les épreuves du bac pro un 17 juin ne témoigne pas d’un soin particulier porté aux enseignants de ce secteur très mal traité. Et l’on pourrait aligner les questions rhétoriques à l’envi. Posons-en une dernière. Est-ce « prendre soin » de collègues ayant trouvé le courage et l’énergie de passer des concours internes que d’entretenir les admissibles dans l’espoir de passer un oral qu’ils commencent donc – très difficilement – à préparer, pour leur signifier finalement, par voie de déclaration du ministre à un journaliste (le personnel attendra cinq jours un message officiel), que seule la première moitié d’entre eux sera admise sans oral et que l’autre devra retenter sa chance l’an prochain ? Nous sommes décidément loin des préconisations de la médiatrice. Depuis longtemps, rue de Grenelle, le care ne répond plus. A-t-il seulement jamais été mis en œuvre ? Ce ne sont ni le coutumier jeu de chaises musicales au ministère ni l’adjonction de secrétaires d’état décoratifs qui vont permettre son avènement. Au-delà des bonnes paroles, l’Éducation nationale n’est pas en marche pour « prendre soin ». Les professeurs le voient parfaitement, qui n’ont pas besoin d’hommages verbeux, convenus et lénifiants mais de considération traduits par des traitements respectueux et décents.

Dérives et délires

Si l’APHG ne fait donc guère crédit aux belles intentions officielles – chat échaudé craint l’eau froide –, elle ne saurait non plus apporter sa caution aux mouvements ou aux courants qui relisent l’histoire dans une perspective totalement étrangère à l’esprit de nuance et de complexité qui semblent eux aussi en congés. Il faut mettre en garde nos élèves et étudiants contre des régressions inimaginables il y a encore quelques années. Les révisionnismes historiques russe, polonais, hongrois ou turc donnent froid dans le dos par leur instrumentalisation éhontée du passé mis au service d’un nationalisme mal intentionné. Lourde mais passionnante est la tâche du professeur exerçant dans une démocratie encore libérale comme la nôtre. Décrypter et décoder avec les élèves les discours falsificateurs ou simplificateurs qui bourgeonnent loin ou moins loin de la France n’est pas une mince affaire. Elle est plus que jamais nécessaire. Il est d’autres discours qui fleurissent dans notre espace public, complaisamment relayés par une presse en quête de sensation ou par des clercs en mal de subversion, prêts à faire passer toute domination pour une oppression, tout ordre pour tyrannique, toute mémoire nationale pour injurieuse à telle ou telle « communauté », toute « minorité » pour victime. Notre mission est de mettre en garde contre ces visions biaisées par le ressentiment vindicatif qui fait bon marché de la complexité du réel comme du passé, favorise les amalgames, les essentialisations et les confusions, pratique l’anachronisme permanent en reprochant à des hommes du passé de ne pas avoir pensé ou agi comme ceux d’aujourd’hui. La fabrique du citoyen à quoi nos disciplines concourent puissamment consiste à donner aux élèves des outils de compréhension, de comparaison et de critique, au-delà des émotions, si légitimes soient-elles, qui subjuguent la raison et engendrent de la pensée binaire, manichéenne, simpliste. Un professeur d’instruction civique ne peut que frémir en entendant un élu de la République dire qu’il n’y a aucune solution de continuité entre la police actuelle et celle de Vichy. Si condamnables que soient les excès et les abus des forces de l’ordre en France, autorisent-ils à clamer qu’elles sont racistes, et avec elles l’État et, pourquoi pas, comme l’ont écrit certains habitués des plateaux de télévision, l’École ? Les historiens et les géographes ne sont pas les plus mal placés pour mettre en garde les jeunes esprits contre ces raccourcis fallacieux qui mènent à la discorde voire à la guerre civile. Bien entendu, ils ont tout licence d’analyser rationnellement les inégalités territoriales, les injustices sociales, le poids des représentations coloniales, une certaine complaisance du récit national avec des personnages pour le moins contrastés. Ils ont toute légitimité à être consultés quand il s’agit de débaptiser une avenue ou de munir une statue d’un panneau explicatif rendant d’ailleurs à « monument » son sens étymologique : ce qui avertit, en bien ou en mal. Ils sont les mieux à-même de conseiller tel édile désireux d’enlever, après mûre délibération et débat approfondi une statue de l’espace public. Mais tout cela doit se faire à tête reposée et non dans la fureur éruptive de rassemblements vengeurs ou sur les espaces propices à toutes les ignominies des réseaux dits « sociaux ». Apprendre à regarder le passé en face, à voir comment la mémoire se construit, de quoi elle est constituée, apprendre à déconstruire les évidences, voici notre magnifique rôle. À nul ne revient le droit de décider qui a le droit de parler de quoi, de jouer quoi ou d’enseigner quoi. Ce n’est pas quelque ancestralité souffrante qui autorise à enseigner l’histoire de l’esclavage ou de l’économie sucrière mais l’excellence scientifique et la reconnaissance académique. Prenons garde, vraiment, de ne pas oublier ces valeurs au risque, autrement, de nous retrouver dans un monde qui ne sera plus que la juxtaposition de communautés victimaires affrontées à leurs éternels oppresseurs, porteurs héréditaires d’une faute inexpiable. Effarante conception en vérité ! Plus que jamais soyons vigilants, gardiens de l’intelligibilité et du rationnel, séparateurs du fait et du discours, adversaires du prêt à penser, humanistes donc progressistes et universalistes, à l’opposé des crispations identitaires qui osent faire de l’universalisme un alibi pour proroger le « white power ».

Prendre date(s)

Empruntant au titre d’un livre de circonstances publié il y a cinq ans par notre éminent collègue du Collège de France, nous voudrions finir cet éditorial estival sur une note optimiste en rappelant au lecteur quelques rendez-vous à venir qui, si le virus aux couronnes ne refait pas des siennes, seront autant de fêtes de l’esprit et d’illustrations du dynamisme de l’association, traversée de puissants courants rénovateurs. Comme la présente livraison de la revue le montre, les liens de l’APHG avec les deux grands festivals de géographie et d’histoire se resserrent encore. Tant le FIG de Saint-Dié que les RDV de Blois seront au début de l’automne (2-4 octobre puis 7-11 octobre) l’occasion pour l’association de proposer de nombreux ateliers et tables-rondes, seule ou en partenariat. Ils mettront aussi en valeur la revue Historiens & Géographes présente aux salons du livre et de l’édition. Pour la première fois cette année, elle propose un double dossier consacré aux thèmes déodatien (Climat(s)) et blésois (Gouverner) traités sous forme de mises au point synthétiques utiles aux enseignants. Autres dates à retenir pour les candidats aux concours de recrutement du secondaire, les 17 octobre, 14 novembre et 28 novembre, quand l’APHG proposera à Nanterre, Lille puis de nouveau Nanterre, trois grandes journées d’étude consacrées aux questions nouvelles des programmes par ailleurs objets des bibliographies publiées, selon la tradition, dans le présent numéro. Elles traduisent tout l’attachement de l’association aux concours nationaux disciplinaires, à l’heure où de sombres nuages se forment à l’horizon du Capes, et son aspiration à être au service des jeunes candidats comme des collègues se présentant aux concours internes. Pour eux avaient été rassemblées sans hélas avoir pu servir des ressources aidant à la préparation de l’oral 1.

Le site de l’APHG communiquera bientôt les dates de réunion des instances associatives. L’année à venir vivra le renouvellement complet du Conseil de Gestion et du Bureau national. Ce sera un moment de respiration démocratique à ne pas manquer. L’expérience subie du distanciel a montré en creux toute l’importance de la rencontre directe. Mais elle a aussi ouvert des perspectives de réunions plus souples et tout aussi fructueuses. C’est pourquoi les instances et ateliers mitigeront désormais les formes de réunion dans l’espoir que l’augmentation constatée ces derniers mois de leur fréquentation se confirme au bénéfice de la vitalité associative. La régénération entreprise des ci-devant commissions devenues ateliers, celle des régionales irriguées de sang neuf à la faveur de la reconstruction de leurs bureaux, les projets en cours de rénovation des outils de communication et l’adaptation toujours plus poussée de la revue aux besoins et aux attentes de ses lecteurs témoignent d’un nouvel élan qu’un frémissement (à confirmer) des effectifs d’adhérents et d’abonnés vient récompenser. Prenons date pour la rentrée en prévoyant d’organiser partout dans les Régionales des réunions d’accueil pour les nouveaux affectés ou les débutants. Nulle autre structure que l’APHG ne prendra soin d’eux, dans un esprit de pluralisme, d’ouverture et de solidarité. Prenons soin des élèves sans démagogie et des collègues sans désemparer. Prenons garde aux menaces qui guettent, des béatitudes numériques à l’abdication de la raison devant l’émotion, l’intimidation, la tyrannie justement dénoncée du « cancel ». Prenons date pour une rentrée apaisée et sereine, si faire se peut. Et, après ces vacances oisives ou prenantes, prenons plaisir à lire ce superbe 451e numéro de notre revue commune ! Reims, le 5 août 2020. Retrouvez en ligne et sur les réseaux sociaux toute l’actualité de notre association professionnelle, ses enquêtes, ses pistes de réflexion sur les programmes et sa promotion de nos disciplines auprès des instances ministérielles, administratives et académiques. Bureau national de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie
  • Président : Franck COLLARD
  • Vice-présidents : Joëlle ALAZARD, François DA ROCHA CARNEIRO
  • Secrétaires généraux : Christine GUIMONNET, Marc CHARBONNIER
  • Secrétaires généraux adjoints : Iris NAGET, Vincent MAGNE
  • Trésorier : Max AURIOL / Trésorier adjoint : Brice BOUSSARI

Dernière minute

La Rédaction tient à rendre hommage à deux anciens présidents de régionales dont nous avons appris la disparition. Max-André Brier (1935-2020), agrégé de Géographie, maître assistant à l’Université de Caen et ancien président du conseil économique et social régional de Basse-Normandie, a présidé la Régionale de l’APHG Caen tout en étant d’une grande disponibilité pour les candidats préparant les concours de l’enseignement. Un hommage a été publié par notre collègue Jean Laspougeas sur le site de la Régionale, à l’adresse suivante : (Voir le lien (aphgcaen.free.fr) Il nous a été transmis par le professeur Alain Hugon, président de l’APHG Caen. Le prochain numéro de la revue lui rendra hommage. Nous avons également appris le décès de Jean-Claude Maillard (1936-2020), professeur émérite de géographie à l’Université de Bordeaux Montaigne, qui a présidé la Régionale APHG Aquitaine de 1990 à 2001. Ancien membre du Conseil de Gestion de l’association, contributeur actif de la revue Historiens & Géographes jusqu’à ces toutes dernières semaines, ses obsèques ont eu lieu à Montussan (Gironde), le 29 juillet dernier. Un hommage lui sera rendu par le Bureau de la Régionale d’Aquitaine présidé par Sandrine Vaucelle (Université de Bordeaux Montaigne), sur son blog, et dans ces colonnes. L’APHG et la revue Historiens & Géographes assurent aux familles et aux collègues de ces serviteurs dévoués, passionnés et exigeants de nos disciplines, leur vive sympathie et tout leur soutien. Des hommages seront publiés prochainement dans ces colonnes, sur le site www.aphg.fr et sur les sites des Régionales de l’association. Marc CHARBONNIER, Secrétaire général de l’APHG et rédacteur en chef de la revue Historiens & Géographes. 6 août 2020.
Photo de couverture : La Tour Madeloc (ancienne tour à signaux du XIIIe s.) au cœur du massif des Albères et son point de vue sur la plaine du Roussillon et la côte Vermeille. Menacée par le changement climatique, la hêtraie de la Massane constitue un laboratoire exceptionnel pour le projet LIFE Natur’Adapt (diagnostic de vulnérabilité et plan d’adaptation). © Photo : Diane Sorel-Réserve naturelle nationale de la Massane, septembre 2016. Tous droits réservés.
Photo de couverture : La Tour Madeloc (ancienne tour à signaux du XIIIe s.) au cœur du massif des Albères et son point de vue sur la plaine du Roussillon et la côte Vermeille. Menacée par le changement climatique, la hêtraie de la Massane constitue un laboratoire exceptionnel pour le projet LIFE Natur’Adapt (diagnostic de vulnérabilité et plan d’adaptation). © Photo : Diane Sorel-Réserve naturelle nationale de la Massane, septembre 2016. Tous droits réservés.
© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes – Tous droits réservés. 31 août 2020. Mise en ligne le 02 septembre 2020.