Exposition « Fragonard galant et libertin » Musée du Luxembourg

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19, rue Vaugirard – Paris 6e
Tél : 01 40 13 62 00
Horaires tous les jours de 10h à19 h, nocturne le lundi et vendredi jusqu’à 21 h 30

16 septembre - 24 janvier 2016

Fragonard (1732-1806)

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais en collaboration avec le Musée du Louvre.

Le XVIIIe siècle fut, selon les frères Goncourt, celui de la séduction et de l’intrigue amoureuse. Jean-Honoré Fragonard aurait été le principal illustrateur. L’inspiration amoureuse parcourt l’œuvre protéiforme et généreuse depuis les compositions champêtres, de ses débuts jusqu’aux allégories amoureuses qu’il peint à la fin de sa carrière.

Tour à tour galant, libertin, polisson ou soucieux d’une nouvelle éthique amoureuse, son art traverse avec fougue et élégance un demi-siècle de création artistique, se renouvelant sans cesse pour mieux saisir les variations du sentiment et de l’impulsion amoureuse.

© L’Enjeu perdu ou Le Baiser gagné, vers 1759-1760, New York, The Metropolitan Museum

L’exposition s’ouvre à la mitan XVIIIe, profondément marqué par le sensualisme venu d’Angleterre. Le lien entre la sensualité et le sentiment est au cœur des préoccupations philosophiques, littéraires et artistiques. Le jeune Fragonard apporter aux bergeries et compositions mythologiques une touche neuve, empreinte de sensualité. L’étude des maîtres flamands le conduit à un érotisme sophistiqué des scènes de campagne dont la dimension charnelle est assumée comme dans la Baiser volé du Metropolitan Museum. Brillant illustrateur des Contes de la Fontaine faisant preuve d’une audace qui rencontre celle d’écrivains de son temps comme le Diderot des Bijoux indiscrets, en témoignent aussi les œuvres secrètes pour amateurs licencieux des années 1760 qui ont contribué à l’image d’un Fragonard libertin, peintre des boudoirs et des alcôves comme la polissonne Feinte Résistance (National museum de Stockholm) jusqu’au sensuel Baiser (collection particulière).

Parallèlement Fragonard s’emploie à renouveler le thème de La fête galante hérité de Watteau comme l’Île d’amour (Fondation Calouste Gulbenkian). Plus tard, dans le courant des années 1770 et 1780, dans la continuité du célèbre Verrou du musée du Louvre, son art connaît un tournant décisif en explorant le sentiment amoureux au travers d’allégeances emportées par un lyrisme des plus délicats.

Jean-Honoré Fragonard, « Le Verrou », vers 1777-1778, huile sur toile, 74 x 94 cm, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, © Photo Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Daniel Arnaudet

Fragonard touche alors la mystique de l’amour profane aux sources du futur art romantique. Plus de 80 œuvres célèbres ou confidentielles sont rassemblées, prêtées par les plus prestigieuses collections d’Europe et des Etats-Unis des œuvres peintes pour la plupart, mais aussi des dessins qu’il réalisa pour Les Contes de La Fontaine et le Roland Furieux de l’Arioste. Tout au long du parcours, les œuvres de Fragonard sont mises en regard avec celles de ses contemporains, François Boucher, mais aussi Pierre-Antoine Baudouin, Jean-Baptiste Greuze ou des illustrateurs comme Charles Eisen et Jean-Michel Moreau le jeune et les écrits de Diderot, Rousseau, Crébillon ou Claude-Joseph Dorat.

Le commissaire de l’exposition est Guillaume Faroult, conservateur en chef au département des Peintures, Musée du Louvre en charge des peintures françaises du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines. La scénographie est de Jean-Julien Simonot.

Catalogue de l’exposition, 288 pages, 200 illustrations, Editions de la Réunion des Musées nationaux – Grand Palais, Paris, 2015, 39 euros.

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