Exposition Walton Ford Musée de la chasse et de la nature (Paris)

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Musée de la chasse et de la nature - 62, rue des Archives 75003 Paris.
Exposition Walton Ford. Jusqu’au 14 février 2015.

C’est un musée que vous ne connaissez peut être pas mais qu’il faut prendre le temps de goûter, d’entrer dans l’intimité des salles de bois ciré comme si « on était chez soi ». Car il a été entièrement rénové et est connu pour ses collections d’animaux, de gibier et de des armes du chasseur à travers le temps long. L’occasion s’offre à vous...

Walton Ford est grand peintre américain animalier né en 1960 qui vit et travaille à New York. Il puise ses références dans la peinture animalière, les planches zoologiques du XIXe siècle [1], la satire politique de l’histoire, du colonialisme, dans les formes contemporaines d’oppression et d’esclavage.

La faune sauvage de Walton Ford emprunte aux sources visuelles, aux comics des années 1960, aux cartoons des années 1960-1970. Sa peinture s’apparente aussi aux surréalistes par son humour féroce et ses références au symbolisme. C’est une tentative de subversion qui s’inscrit dans le sillage de Marcel Duchamp et dans le courant actuel de respect de l’animal, de sa dignité Il joue le style kitsch. Et il s’exprime parfois dans des peintures très monumentales.

Grâce à son minutieux travail de dessin, il présente une riche faune exotique, peuplée d’éléphants, de tigres, de singes, de rhinocéros, de lions, d’oiseaux mais attention des animaux pas comme les autres !

C’est Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition qui a persuadé l’artiste de venir travailler à Paris sur place et de réaliser une série d’œuvres inédites peint au milieu.

Comme l’écrivent Claude d’Anthenaise et Jérôme Neutres, commissaires de l’exposition : « Au spectacle de nos amies les bêtes, Ford oppose celui d’un monde désastreux et grinçants où règnent l’instinct de prédation, la pulsion de la mort. Accrochées parmi la profusion de tableaux, d’armes et d’animaux naturalisés qui décorent les salles du musée, les œuvres de Walton Ford génèrent échos, ruptures et discordances. C’est un étrange carnaval des animaux qui s’affirme comme une installation artistique à part entière. L’exposition réunit une sélection d’une vingtaine d’œuvres, produites entre 1999 et 2015, choisies parmi quelques pièces réalisées par l’artiste en près de vingt ans de travail ».

La salle d’exposition temporaire évoque 15 ans de création, avec des œuvres monumentales comme Loss of the Lisbon Rhinoceros (2008) ou A Monster from Gurry (2008).

Walton Ford

L’exposition se divise en une partie rétrospective et une partie inédite consacrée à la bête du Gévaudan, à son mythe.

A l’étage l’artiste a décidé de transposer la traque de la Bête du Gévaudan sous Louis XV : « L’affaire du Gévaudan, peut être vue comme la préfiguration des désordres à venir. Toujours allusive ou discrète la proximité érotique entre les maîtres, les bergères ouvre l’accès à une autre version de l’histoire ». Dans la salle du Cerf et du Loup un triptyque monumental : De la conception à la naissance, Gévaudan, 1764, 2014 (aquarelle, gouache et encre sur papier a les dimensions d’une tapisserie qu’elle vient remplacer. « Elle représente la Bête se ruant sur un couple enlacé d’un jeune seigneur et d’une paysanne avec une voracité dont l’exacte nature demeure ambigüe ».

Musardez dans ce bel écrin...

Conférence. Mardi 22 et 23 et 30 décembre de 11 h à 13 h.

Tél : 01.53.01.92.40, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h ; fermé le lundi et les jours fériés ; nocturne le mercredi jusqu’à 21h30 chasse.nature.org

© Les services de la revue Historiens et Géographes. Tous droits réservés 21 novembre 2015.

Notes

[1cf. l’ornithologue Jean Jacques Audibon (1789-1821)