Nouvelles de la Mission du Centenaire 1914-1918 L’APHG vous informe

- [Télécharger l'article au format PDF]

Lors d’une conférence de presse, Joseph Zimet, Directeur de la Mission du Centenaire de la 1re Guerre mondiale a présenté à la presse le 7 novembre un bilan intermédiaire du travail de la Mission.

3 ans de préparation ont été nécessaires. La commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française a servi de modèle à la Mission pour la commémoration de la Grande Guerre. Il s’agissait de présenter en une année la Grande Guerre. 3 grandes missions d’accompagnement, de coordination. Le concept de saison mémorielle et culturelle a permis de renouveler le genre commémoratif. Il s’agissait de décentraliser, d’intéresser les collectivités territoriales et les familles. Car la guerre a mobilisé 8 millions de soldats et parmi eux, 1 400 000 ont été tués. Les familles ont été sollicitées dans la grande collecte d’archives privées (photo, lettres, objets).

1. Une mobilisation au niveau local, départemental, régional

La mission a reçu plus de 1 000 projets qui sont labellisés et parfois financés. Un second envoi concerne plus de 1 500 projets.
Il existe 104 comités départementaux du Centenaire. qui sont présidés par le préfet. Des comités académiques sensibilisent les écoles et accompagnent des actions pédagogiques.
Les ambassades de France à l’étranger ont été sollicitées. De même que les lycées français à Dakar ont travaillé sur les tirailleurs sénégalais, dans le Middle West aux Etats-Unis, sur l’engagement américain. La cité de la Musique, l’Opéra, Futuropolis participent.

La Mission a un conseil scientifique présidé par Antoine Prost. Il n’y a pas de guerre civile en son sein entre les historiens spécialistes puisque toutes les sensibilités et approches sont représentées. Le sujet des fusillés pour l’exemple le montre. Après le rapport d’Antoine Prost, le Président de la République a choisi de créer au Musée de l’Armée une espace dédié aux fusillés et non pas la voie judiciaire de la réhabilitation. Collective. L’approche est plus culturelle, scientifique, historique que juridique. [1]

Le tourisme de la Mémoire

C’est un des objectifs. Les régions ont investi depuis 10 ans. En Normandie, on a pu le constater avec le 70e anniversaire du Débarquement. Les départements du front de la Grande Guerre ont développé une politique ambitieuse : Meuse, Marne, Somme …Le Nord-Pas-de-Calais en a fait un levier d’ouverture exceptionnel ; l’inauguration de l’anneau de la Mémoire à Notre Dame de Lorette le 11 novembre par le Président de la République en est l’illustration.

2. Quels ont été les grands rendez vous ?

Sarajevo 28 juin 2014

Cela a été une commémoration compliquée en raison des projets différents des divers protagonistes. La France aurait voulu une commémoration consensuelle.

14 juillet

Le monde entier était représenté à l’Arc de triomphe et sur les Champs Elysées.

3 août

Une accolade a eu lieu entre le Président de la République de la RFA et le Président de la République française sur le site vosgien : un nouvel équipement, un nouveau musée.

12 septembre

Manuel Valls, Premier ministre a visité le musée de la Grande Guerre de Meaux en présence de Jean François Copé et a pu apprécier le travail d’une classe de l’école primaire et a commémoré la victoire de la Marne au monument près des Marais de Saint-Gond

11 novembre

Grande journée de commémoration marquée par la cérémonie à l’Arc de triomphe l’arrêt devant la statue de Clemenceau, le Père La Victoire, par l’inauguration par le Président de la République de l’Anneau de la Mémoire à Notre Dame de Lorette, porté par la Région du Nord-Pas-de-Calais. Les noms de 580 000 noms d’officiers et de soldats de toutes les nationalités y figurent par ordre alphabétique. Le site Notre Dame de Lorette est une nécropole nationale. La réalisation de cet anneau témoigne du dialogue entre l’Etat et les Régions.
Le film d’Abel Gance J’accuse sera présentée à la salle Pleyel dans sa version restaurée.

La grande collecte organisée autour des centres d’Archives aura lieu les 14 /15 novembre.

Les sportifs ont joué un rôle important dans le commémoration en rugby pour le test France / Nouvelle-Zélande. Ne pas oublier le rôle de l’Anzac dans la construction de la nation néo-zélandaise. Il faudrait aussi mentionner les expositions dont celle de la BDIC au Musée de l’Armée (« Vu du Front »), le cyclisme avec le Tour de France qui est passé dans les départements du front. Des festivals de film à la Cinémathèque et à Compiègne.
La presse régionale publie des agendas La Dépêche, La Voix du Nord...

3. Après 2014 et jusqu’en 2018

Les années 1915-1917 seront marquées par une pause pour l’Etat. Mais le relais sera pris par les collectivités territoriales, que ce soit pour les années 1915 (Vosges, Champagne, Gallipoli ). 1916 (batailles de la Somme, de Verdun ). 1917(Chemin des Dames, Vimy, Arrivée des Américains). En 2018 et 2019, l’Etat interviendra fortement.
La Mission sera-t-elle reconduite après l’échéance de 2015 ?
La décision sera prise avant le 11 novembre.

Après son intervention, Joseph Zimet, répond aux questions

Quel est le budget de la Mission ?

5 millions d’euros. Un financement initial par l’Etat puis des financements grâce au mécénat. Les projets soumis peuvent recevoir le label de la Mission. 30% d’entre eux sont financés. La Mission est un GIP (groupement d’intérêt public) qui regroupe des représentants des ministères, des mutuelles, des associations. Elle bénéficie d’accords avec les ministères de la Défense, de l’Education, de la Culture avec la Bnf, avec le Musée de l’Armée qui prête des salles, avec les Régions, avec l’Europe…

Que fait l’Allemagne ?

Berlin a été lent dans l’intérêt de la commémoration à la différence de la Belgique, de la Grande-Bretagne, de l’Italie. Pour les Allemands, ce qui est important, c’est le souvenir traumatisant de la Seconde Guerre Mondiale et des ses conséquences. Mais un signe ne trompe pas, c’est le succès de l’ouvrage de l’historien Christopher Clark, Les somnambules : été 1914 : comment l’Europe a marché vers le guerre, (The Sleepwalkers), traduit de l’anglais par Marie-Anne du Béru, Flammarion, « Au fil de l’histoire », 2013, qui a fait un tabac en Allemagne, drainant les foules lors de ses conférences dans la mesure où il minimise les responsabilités des dirigeants allemands et autrichiens dans le déroulement de la guerre (300 000 copies vendues). Gerd Krumeich, historien de la Grande Guerre lui a vigoureusement répondu dans un livre sur les Causes de la Guerre : Le feu aux poudres, Qui a déclenché la guerre en 1914 ?, Belin, 2014, montrant les responsabilités du Reich dans le déclenchement du conflit.
Des expositions ont eu lieu au Musée de Dresde. Des initiatives pédagogiques ont été lancées.

La Rédaction de la revue Historiens et Géographes. Tous droits réservés, novembre 2014.

Notes

[1Voir notre article ici