6e Festival d’Histoire de l’art de Fontainebleau 3-4-5 juin 2016

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Compte-rendu de la conférence de presse par la rédaction d’Historiens & Géographes pour l’APHG...
La conférence de presse annonçant le programme du Festival de l’histoire de l’Art s’est tenue le 4 avril dans l’auditorium Colbert de l’INHA (Institut national d’Histoire de l’Art). Elle a commencé par l’écoute d’un rire en cascade, thème du Festival. Après la projection d’un film (Vigorosa risata continua de Gino de Dominicis, réalisé en 1971, Marie-Christine Labourdette, directrice des musées de France a salué la présence de nombreux médias. Le programme a été présenté par Annick Lemoine, directrice scientifique du Festival.
Jacob Cornelisz. van Oostsanen (?), « Fou riant », v. 1500 © Davis Museum at Wellesley College, Wellesley, MA

Qui l’organise ?

L’organisation du Festival est placée sous la direction d’un comité de pilotage qui réunit la direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture et de la communication, l’Institut national d’histoire de l’art et le château de Fontainebleau. Sa programmation est assurée par un conseil scientifique, dirigé par Annick Lemoine, animé par l’Institut national de l’art et présidé pour trois ans par Pierre Rosenberg.

La direction générale des Patrimoines conduit les missions exercées par l’Etat dans les domaines de l’architecture, des musées, ainsi que du patrimoine monumental et archéologique.

L’INHA

L’institut national d’’histoire de l’art est un établissement public de recherche et de formation s’appuyant une bibliothèque exceptionnelle (fonds Jacques Doucet entre autres) a pour mission de développer l’activité scientifique et de contribuer à la coopération nationale et internationale dans le dossier de l’histoire de l’art et du patrimoine.

Le Château de Fontainebleau

« La vue des rois, la maison de siècles, août 1816 »
Au cœur de 130 ha de parc et de jardin, le château de Fontainebleau et ses 1 500 pièces, inscrit depuis 1980 au patrimoine mondial de l’UNESCO, ouvre ses portes aux passionnés d’art et d’histoire.

Quel est le thème ?

Rire

L’ange au sourire de la cathédrale de Reims, XIIIe siècle © Creative Commons – Eric Santos

Ce thème permet d‘interroger le passé et le présent... Car des interdits, des réactions d’intolérance contre la caricature, la satire sont réapparues avec force.

Il s’agit de s’interroger sur les particularités du comique visuel, différentes du comique verbal, de se demander quelles sont ces formes et ses techniques privilégiées, différentes du comique verbal, de se demander quelles sont ces formes et ses techniques privilégiées, de s’interroger sur les spécificités du comique visuel. Il s’incarne dans des représentations, dans des corps et des visages : l’iconographie des rieurs, la tradition de la caricature, les modes de représentation et de déformation du corps. Le rire touche jusqu’au sacré : au-delà des dieux des temps païens qui rient volontiers et de sa dégradation diabolique, le rire finit par s’infiltrer dans certaines images et rituels religieux.

Le rire du philosophe n’est pas celui de l’ivrogne, le rire spontané n’est pas celui que peut engendre un réseau d’allusions discrètes et de métaphores Il existe des degrés du rire, des pratiques culturelles du rire (l’humour anglais, le waraï japonais sont des spécificités nationales, et des fonctions sociales et politiques.

Le pouvoir du rire

Le rire repose sur des déterminations culturelles et historiques très fortes qu’une approche anthropologique permet de mettre en perspective. Au moment où certaines images suscitent des réactions d’intolérance, interroger leur rapport au rire peut contribuer à la réflexion sur leur pouvoir.

Une série de conférences concerne les procédés et stratégies, les figures du rire, les formes du rire, histoires et anthropologies du rire.

Le pays invité : L’Espagne

Chaque année, le Festival invite un pays à comparer ses méthodes de recherche, de restauration, d’enseignement de l’histoire de l’art, avec celles de la France.

L’Espagne est la terre de génies artistiques tels que El Gréco, Vélasquez, Goya, d’artistes précurseurs comme Picasso pour le cubisme, Joan Miro et Salvador Dali pour le surréalisme.

La diversité des composantes de l’histoire de l’art en fait un terrain d’étude riche à explorer, sans cesse parcouru par une tension entre périphéries et centres, aussi bien dans la Péninsule que dans son rapport au Nouveau Monde. Les arts ont accompagné et incarné les mutations, les préoccupations et les courants qui l’Ont traversé durant des siècles. Le Festival montrera comment ces questions de géographie et de transferts artistiques sont au cœur des problématiques actuelles.

Le Musée du Prado est l’une des pinacothèques les plus importantes et dynamiques du monde, mais ainsi l’un des centres de recherche des plus performants. L’étude de ses stratégies, de ses objectifs, de ses moyens sera un enjeu clé des journées du Festival. Mais on abordera le cas du Patrimonio Nacional, établissement public en charge des biens et des monuments historiques.

La section cinéma : Art et Caméra

C’est la section cinématographique du Festival qui valorise le cinéma, transmet les savoirs de l’histoire de l’art pat le biais du 7e art et établit un pont entre les historiens de l’art et le grand public.

Arts et Caméra propose une riche programmation d’environ 120 films et conférences autour de l’Espagne et du thème « Rire ». Signalons l’effort faut en direction du jeune public. En 2015, 2 000 élèves ont assisté aux séances scolaires. Le Prix Jeune Critique permet à des lycéens de s’essayer au rôle de juré d’un prix cinématographique.

Le Salon du livre et de la revue d’art

Salon du livre et de la revue d’art - 5e édition du Festival de l’histoire de l’art © MCC / Thibaut Chapotot

Le Salon du livre et de la revue d’art plante sa tente dans la cour ovale et accueille chaque année environ 80 éditeurs et des libraires du château. La revue de l’APHG Historiens & Géographes expose ses numéros et dossiers thématiques sur l’histoire de l’art.

L’université de printemps

Thème 2016 : chronologies et autres figures du temps

Pour accompagner le développement de l’enseignement de l’histoire des arts, le Festival propose des formations aux enseignants et aux cadres du système éducatif.

D’une durée de deux jours, le séminaire s’adresse à une soixantaine d’acteurs éducatifs qui accompagnent la mise en œuvre de l’enseignement de l’histoire des arts et son articulation avec le parcours d’éducation artistique et culturelle à tous les élèves de l’école jusqu’au lycée. Il est ouvert aussi à tous ceux qu’intéresse l’enseignement de l’histoire de l’art, aux étudiants, aux enseignants et aux amateurs d’art. Il propose une journée scientifique et une journée didactique.

A l’heure où de nouveaux programmes réaffirment la présence dans les enseignements, d’histoire et des lettres, il est judicieux s’interroger sur la perte de repères chronologiques chez les étudiants, l’histoire des arts est concernée. « La perte de repères suscite l’inappétence, tarit la curiosité, installe les confusions dans les représentations du passé » (Alain Corbin, 1515 et les grandes dates de l’histoire de France). Ou faut il conclure, comme Pierre Nora : « C’est l’esprit du temps qui travaille à briser le moule, le sens et le sentiment de la continuité ». Est-il encore possible de donner aux élèves les repères efficaces d’une profondeur historique ?

Question importante et cruciale pour les participants.

Découverte du château

Les visiteurs croiseront les étudiants de l’Ecole du Louvre et de l’université Paris-Sorbonne, médiateurs pourront leur poser des questions sur les œuvres célèbres du château ou feront à heures fixes de courtes présentations dans les salles.

Visites-conférences

Plus de 100 visites guidées permettront au public de découvrir le château à l’heure espagnole. Des présentations de l’exposition temporaire « Louis XV à Fontainebleau. La demeure des rois au temps de Lumières » (voir sur le site de l’APHG le compte rendu).

Pour les familles et le jeune public

Ateliers pédagogiques - 5e édition du Festival de l’histoire de l’art © MCC / Thibaut Chapotot

Des visites et des ateliers de pratique artistique sont proposés aux familles et au jeune public sur les thèmes du rire et de l’Espagne ; marathon du rire, en partenariat de la Comédie française, créations de masques sortis de l’imaginaire du peintre Miro, ateliers de maquillage et parcours jeu dans les cours et jardins ou mise en scène d’une marionnette géante représentant Don Quichotte. [1]

Concerts

Une dizaine de concerts seront programmés par le Conservatoire national de musique et de danse de Paris dans les espaces historiques du château de Fontainebleau.

Allez faire une visite au Festival d’histoire de l’art, vous en reviendrez enrichi.

Sources
Heymann-Renoult associées ; conférence de presse.

Renseignements pratiques [2]

Site internet du festival

© Hubert Tison pour les services culturels de la revue Historiens & Géographes. Tous droits réservés. 23 avril 2016.

Notes

[1Voir aussi le cinéma plus haut.

[2En voiture, depuis Paris :
Emprunter le périphérique sud direction A6 Lyon (Porte d’Orléans ou Porte d’Italie), sortie Fontainebleau, puis suivre les indications château. Plus la moitié des places de stationnement sont gratuites.

En train, depuis Paris :
Paris gare de Lyon (grandes lignes), direction Montargis-Sens ou Laroche-Migennes, descendre à la gare de Fontainebleau-Avon. Les trains circulent de 6 h 15 à 00 h 49 dans les sens Paris-Fontainebleau et de 5h30 à minuit dans le sens Fontainebleau-Paris, le trajet dure 40’.
A la gare de Fontainebleau Avon, prendre la sortie « gare routière » (à côté du quai en provenance de Paris).
Des bus Veolia assurent la navette entre la gare et le château (et inversement ; bus payant, toutes les 30 minutes).
Trajet simple dans le bus Veolia (ligne régulière ou « festival ») : 1,90 euros le trajet.