APHG Brèves de classe n°20. La cité de Rome avec Catherine Virlouvet Podcast « APHG Brèves de classe »

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Épisode 20 : La cité de Rome avec Catherine Virlouvet.

APHG Brèves de classe est le podcast officiel de l’APHG. Dans chaque épisode, un universitaire vient présenter un chapitre des nouveaux programmes de lycée. Le podcast se divise en 2 parties. Tout d’abord une présentation des grands enjeux du chapitre puis ensuite un personnage et un document, directement réutilisables en classe avec les élèves.
  • Niveau : Seconde générale et technologique.
  • Thème 1 : Le monde méditerranéen : empreintes de l’Antiquité et du Moyen Âge.
  • Chapitre 1. La Méditerranée antique : les empreintes grecques et romaines.

Catherine Virlouvet, professeur émérite d’histoire romaine à l’université d’Aix-Marseille et ancienne directrice de l’école française de Rome, fait ici le point sur la ville de Rome, son histoire politique, sociale, religieuse, culturelle et économique, de sa fondation à la chute de l’Empire. Dans la seconde partie de l’émission, elle présente le personnage d’Auguste et commente le texte d’Aelius Aristide « Eloge de Rome ». Les documents et la bibliographie complémentaire sont publiés dans l’article ci-dessous.

Présentation de l’intervenante

Titres et diplômes
Ancienne élève de l’ENS de Fontenay-aux-Roses, agrégée d’histoire, ancien membre de l’École française de Rome, docteur en histoire de l’Université de Paris 1, habilitée à diriger des recherches par l’université de Paris 1.

Principales fonctions et responsabilités dans les 20 dernières années  :

  • Depuis septembre : professeur émérite d’Aix-Marseille Université- rattachée au Centre Camille Jullian.
  • 1999-2019 : Professeur d’histoire ancienne à l’Université de Provence devenue en 2012 Aix-Marseille Université ; rattachée au Centre Camille Jullian (UMR 7299) comme enseignant chercheur.
  • 2011-2019 : Directrice de l’École française de Rome en détachement d’Aix-Marseille Université.
  • 2008-2011 : Vice-présidente en charge du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université de Provence
  • 2008-2011 : directrice de l’École doctorale « Espaces, cultures, sociétés » (ED 355, MMSH, Aix-en-Provence)
  • 2003-2006 : directrice du département d’histoire de l’Université de Provence

Participation actuelle à des conseils et commissions

  • Membre de l’« Advisory Board » de la Scuola Normale Superiore de Pise (Italie)
  • Membre du Conseil d’Administration du Musée du Louvre
  • Membre du Conseil d’Orientation Scientifique du Musées des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM)
  • Membre du Comité directeur de l’Association française d’histoire économique (AFHE)
  • Membre du Conseil d’Administration du fonds de dotation pour l’Archéologie et le Patrimoine en Méditerranée (ARPAMED)

Principales publications

  • Famines et émeutes des origines de la République à la mort de Néron, Rome, 1985, 137 p.
  • Tessera frumentaria. Les procédures de la distribution du blé public à Rome, Rome, 1995, 424 p. Prix S. Reinach 1996 de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
  • B. Marin, C. Virlouvet (dir), Nourrir les cités de la Méditerranée. Antiquité-Temps modernes, Maisonneuve & Larose, Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme, Paris, 2004, 900 p.
  • La plèbe frumentaire dans les témoignages épigraphiques. Essai d’histoire sociale et administrative du peuple de Rome antique, Rome, 2009, 300 p.
  • V. Chankowski, X. Lafon, C. Virlouvet (dir.), Entrepôts et circuits de distribution en Méditerranée antique, BCH supp. 58, Athènes, 2018, 312 p.
  • Dans la collection « Mondes Anciens » dirigée par J. Cornette aux éditions Belin, directrice des trois volumes sur l’Histoire de Rome.
    Déjà parus :
    • P. Faure, N. Tran, C. Virlouvet, Rome. Cité universelle. De César à Caracalla, 70 av. J.-C.-212 ap. J.-C., Belin, 2018, 871 p.
    • C. Sotinel, Rome, la fin d’un empire. De Caracalla à Théodoric, Belin, 2019, 686 p.
    À paraître le 21 avril 2021 :
    • S. Bourdin, C. Virlouvet, Rome, la construction d’un empire. De Romulus à Pompée.
Catherine Virlouvet - DR.

Liens vers l’émission APHG Brèves de classe n°20

Lien vers la plateforme d’écoute de l’émission, 1re et 2e partie

  • Déjà disponible sur Spotify et bientôt sur les autres plateformes de Podcast.

© APHG Brèves de classe. Yohann CHANOIR et Nicolas CHARLES. Générique : « Dissolution ». Musique originale. © Renaud MIELCAREK et Bernard COLLOT - tous droits accordés pour l’APHG. Septembre 2020.

Bibliographie sélective autour de l’émission

  • C. Nicolet, Le métier de citoyen dans la Rome républicaine, Gallimard, 1976, réédition au format poche tel Gallimard, 1989
  • P. Veyne, L’empire gréco-romain, Paris, Seuil, 2005
  • C. Moatti, Res publica. Histoire romaine de la chose politique, Paris, Fayard, 2018
  • Dans la collection « Mondes Anciens » dirigée par J. Cornette aux éditions Belin, trois volumes sur l’Histoire de Rome :
    • P. Faure, N. Tran, C. Virlouvet, Rome. Cité universelle. De César à Caracalla, 70 av. J.-C.-212 ap. J.-C., Belin, 2018, 871 p.
    • C. Sotinel, Rome, la fin d’un empire. De Caracalla à Théodoric, Belin, 2019, 686 p.
    À paraître le 21 avril 2021 :
    • S. Bourdin, C. Virlouvet, Rome, la construction d’un empire. De Romulus à Pompée.

Déroulé de l’émission

La fondation de Rome et la monarchie.

La fondation de Rome, mythe et réalité. Interprétations des historiens, entre hyper-criticisme des XIXe-XXe et découvertes archéologiques.

Les rois premiers successeurs de Romulus : encore la légende et la tripartition des fonctions (Dumézil).

Les rois étrusques, fin VIIe-fin VIe : apparition de la cité et consolidation des institutions.

À retenir : caractère de la monarchie, ni héréditaire, ni absolue ; dérive tyrannique sous les rois originaires d’Étrurie ; puissance de la ville de Rome / ses voisines dès cette époque.

La République romaine, organisation et fonctionnement politique.

Le mot Res publica (Claudia Moatti).

Une organisation en constante évolution : la lutte des plébéiens contre la tentative de monopole du pouvoir par les patriciens de 494 à 367 av JC où apparaît la noblesse.

Les institutions aux IIe-Ier siècles (Polybe et Cicéron) :
• Sénat
• Magistrats
• Peuple avec les tentatives avortées d’affirmation plus nette de la souveraineté populaire à la fin du IIe siècle.

Idée d’ensemble : une république sénatoriale/aristocratique/oligarchique.

L’Empire Romain, organisation et fonctionnement politique.

Auguste, le fondateur.

L’évolution du système impérial
• Vers un régime de type monarchique
• Évolution du rapport entre l’Empereur et sa capitale, Rome.

L’organisation de la société à Rome dans l’Antiquité.

Une société très inégalitaire (sauf devant la mort… deux mots de l’espérance de vie).

Les exclus de la vie civique :
• Femmes
• Esclaves

Les pérégrins.

Les citoyens.
• Une minorité privilégiée
• Présentant en son sein de fortes inégalités
• Des rapports hiérarchisés : les liens de clientèle
• La diffusion de la citoyenneté aboutit à une sorte de citoyenneté à deux vitesses, officialisée à partir du IIe siècle

Mais retenir que les phénomènes d’ascension sociale, sur plusieurs générations, sont possibles. Il ne s’agit pas d’une société totalement cloisonnée.

Le rôle de Rome dans l’économie et l’artisanat

Comme centre de l’empire, un rôle économique majeur. La ville-monde qui se nourrit de son empire ?

Le débat sur la ville de consommation (Finley. Weber) et sa remise en cause depuis la fin du XXe s. Importance de la mise en valeur des terres autour de la ville ; importance de l’activité artisanale en son sein, et même quelques exportations.

Les artisans et boutiquiers à Rome, un monde diversifié, avec des stratifications sociales fines.

Rome, lieu central de la culture romaine.

L’importance de la Grèce dans la culture « romaine ». P. Veyne : un empire gréco-romain.

Rome comme centre intellectuel à partir de la fin de la République : les lettrés, les rhéteurs, les juristes.

Influence de la Grèce et de la culture hellénistique sur la peinture, la sculpture... Mais aussi développement de domaine d’excellence : le bas-relief sculpté, le portrait réaliste.

L’architecture : assimilation des modèles grecs, adaptations, et créations. Un modèle d’urbanisme répandu par Rome en Occident.

Les chrétiens dans la ville de Rome.

Leur implantation
• Une implantation précoce par rapport au reste de l’Occident ; distinction progressive/ juifs
• Les chrétiens boucs émissaires après le grand incendie de Rome sous Néron
• Un enracinement dans la capitale bien attesté à partir de la fin du IIe siècle et du IIIe siècle. Rome un foyer dynamique avec un évêque dont l’autorité est héritée des apôtres Pierre et Paul.

L’attitude du pouvoir romain par rapport aux chrétiens. Redimensionner les persécutions
• Les empereurs et les chrétiens : une attitude politique et non religieuse. Les trois persécutions
• Diversité des chrétiens

Le double visage de Rome dans les premiers temps du christianisme
• Renommée du siège de Rome dans tout l’empire, mais peu de pouvoir effectif ;
• Sénat et aristocratie romaine restent attachés en partie à la religion civique jusqu’à une date tardive (permet de comprendre en partie la politique de Constantin par rapport aux chrétiens).

Documents présentés dans l’émission

1. L’Auguste de Prima Porta

Années 20 av. J.-C. ou vers entre 20 av. J.-C. et 37. Musées du Vatican.

2. Discours en l’honneur de Rome ou « Éloge de Rome », Aelius Aristide (144 ap. JC)

"Et voici ce qui, dans votre régime politique, mérite tout particulièrement l’attention et l’admiration : c’est le caractère grandiose de votre conception, qui n’a absolument aucun équivalent. Vous avez divisé en deux parts toute la population de l’Empire – en disant cela, j’ai désigné la totalité du monde habité – ; la part la plus distinguée et noble et la plus puissante, vous l’avez faite partout, dans son ensemble, citoyenne et même parente ; l’autre, sujette et administrée. Ni mer ni distance terrestre n’excluent de la citoyenneté, et entre l’Asie et l’Europe il n’y a pas de différence sur ce point. Tout est mis à la portée de tous ; nul n’est étranger s’il mérite une charge ou de la confiance. Une démocratie commune à la terre est instaurée sous l’autorité unique du meilleur gouvernant et ordonnateur, et tous convergent ici, comme vers une commune agora, pour obtenir chacun ce qu’il mérite. Ce qu’est une cité pour ses propres frontières et pour ses territoires, celle-ci l’est pour la totalité du monde habité, comme si elle en avait été proclamée le commun centre urbain.
(…)
Dans votre grandeur, vous avez donné à votre cité des dimensions grandioses. Loin de vous rengorger et de choisir, pour la rendre admirable, de n’en faire profiter personne d’autre, vous avez cherché une population digne d’elle et avez fait de la qualité de Romain un nom désignant non pas une cité, mais une sorte de race commune et, qui plus est, non pas une race parmi les autres, mais une race qui contrebalance toutes les autres (…). Du fait de cette division il y a dans chaque cité beaucoup d’hommes qui sont vos concitoyens tout autant que ceux de leurs compatriotes, bien que certains d’entre eux n’aient même pas encore vu Rome, et il n’est nul besoin de garnisons qui tiennent les acropoles. Les habitants les plus importants et les plus puissants de chaque endroit gardent pour vous leur propre patrie…"
Aelius Aristide, En l’honneur de Rome, 59-61 ;63-64.
(Traduction de L. Pernot, La Roue à Livres).

Retrouvez les épisodes précédents sur le site de l’APHG

© APHG Brèves de classe - Yohann Chanoir et Nicolas Charles pour Historiens & Géographes, 23/09/2020. Tous droits réservés.