BD. KZ Dora, l’Intégrale KZ DORA de Robin Walter - Editions Des ronds dans l’O éditions

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En librairie le 19 mars 2015 ! Et sur www.desrondsdanslo.com

Par son auteur Robin Walter [1]

« KZ Dora » est une Bande Dessinée traitant de la déportation des Résistants, parue en 2 tomes (2010 et 2012) et qui ressort en Intégrale aujourd’hui. [2]
Le thème de la Résistance a souvent été abordé en BD. Notamment à travers des récits d’aventure ou d’espionnage.
Quant au thème de la déportation, il a inspiré quelques histoires autour de la Shoah, dont le magnifique « Maüs » d’Art Spiegelman.

Mais « KZ Dora » est la seule œuvre traitant de la résistance dans les camps de concentration, de la déportation de ces résistants, de la déportation de répression.
C’est ce que me confirmait encore récemment Xavier Aumage, du Musée de la Résistance Nationale, grand connaisseur de Bande Dessinée sur le sujet.

« KZ », c’est une abréviation usuelle du mot allemand konzentrationslager, Camp de concentration. C’est ainsi que les Nazis appelaient ces lieux d’internement : KZ Dachau, KZ Buchenwald…
Et « Dora » est le nom du camp dont est revenu mon grand-père Pierre Walter.

Dora reste moins connu que les grands camps de concentration cités plus haut, pourtant il était particulièrement dur et beaucoup de résistant français y ont péri. Il a été surnommé « le cimetière des Français ». (Parfois appelé également « L’enfer de Buchenwald » car Dora avant d’être un camp à part entière a été un kommando, un camp satellite, de Buchenwald).
Mais s’il est encore si méconnu, il existe une raison : Dora abritait l’usine qui produisait les fusées V2, les missiles secrets d’Hitler. Les grands scientifiques allemands qui ont œuvré sur ces technologies ont quasiment tous été récupérés par les pays vainqueurs et ont eu de brillantes carrières au sein de leurs programmes aérospatiaux. Le cas le plus connu est celui de Werner Von Braun : l’inventeur du V2 était officier nazi. C’est lui qui, à la tête de la NASA, a emmené les Américains sur la lune. Les Russes et même les Français ont également récupéré ce type de profils. Si bien que les Alliés se sont tous mis d’accord pour tenter de laisser dans l’ombre le camp de Dora, afin de ne pas abîmer l’image de leurs nouveaux héros…

Avec « KZ Dora », je tente donc de remettre en lumière ce camp de concentration et ainsi rendre hommage aux nombreuses victimes qui y ont péri, ainsi qu’à ceux qui y ont enduré les pires supplices et qui ont également souffert de voir leurs anciens bourreaux portés aux nues pendant les années de conquête spatiale.

L’origine de mon intérêt pour cette histoire, je l’ai dit, c’est la déportation de mon grand-père et son long séjour à Dora. Je raconte en partie son histoire.
En partie seulement, car « KZ Dora » expose le parcours de 5 personnages, Paul et Emile, côté français et Hans, Bastian et Michael, côté allemand.
L’un de ces personnages a donc le profil de mon grand-père. Mais j’ai souhaité narré l’aventure d’un autre déporté résistant. Afin de montrer que tous n’ont pas eu la même expérience de leur déportation…
Michael est un scientifique allemand, faisant écho à Werner Von Braun, cité plus haut. Il est moins important dans l’organigramme, mais il n’en demeure pas moins aveuglé par la réussite de sa carrière, au point de fermer les yeux sur toutes les atrocités subies par les déportés.
Hans et Bastian enfin, sont 2 officiers SS. Pas question de présenter les nazis comme des machines sanguinaires, des êtres sans cœur, sans âme, comme il est trop souvent le cas dans les fictions. Les SS étaient des hommes comme nous le sommes tous. J’ai donc souhaité, à travers les parcours d’Hans et Bastian, comprendre comment, pourquoi, dans quel cadre on arrivait à suivre l’idéologie nazie... 2 personnages, pour démontrer que tous n’étaient pas issus du même moule. Hans, issu des Jeunesses Hitlériennes, est donc très endoctriné. Bastian est plus expérimenté, plus faible, mais dans une Allemagne miséreuse, il tient à son poste, lui qui doit nourrir sa famille.

« KZ Dora », c’est donc le parcours de ces 5 personnages sur la période 39-45.

Mon histoire reste une fiction. Mais au fond historique très rigoureux. J’ai fait valider mon scénario par des experts du sujet (notamment Yves Le Maner, alors directeur de la Coupole de Saint-Omer) et ai travaillé en collaboration avec la commission Dora-Ellrich, amicale d’anciens déportés dont était membre mon grand-père. Mes 5 protagonistes sont fictifs mais leurs profils sont classiques. Ils vivent certains évènements majeurs de la Seconde Guerre Mondiale, les analysent parfois, mais sans le recul que nous avons aujourd’hui.

En ce sens, je suis persuadé que « KZ Dora » est un outil pédagogique très intéressant. Un outil de transmission de la mémoire, bien entendu, comme l’avait très vite compris Stéphane Hessel, passé par Dora, et qui a préfacé ma Bande Dessinée.
Vous pouvez retrouver Stéphane Hessel qui parle de ma BD dans l’émission « Un monde de Bulles » sur Public Sénat, datant de novembre 2010 : http://replay.publicsenat.fr/vod/un...,-ecrivains-et-philosophes/66531

Cette intégrale regroupe donc les 2 tomes de ma bande dessinée, quelques cartes issues du livre « Histoire du camp de Dora » d’André Sellier (Historien déporté à Dora), mais également l’intégralité des carnets de mon grand-père. (Certains extraits apparaissaient en fin d’ouvrage des 2 tomes).
Ses « notes sur mes années d’internement et de déportation » ont été rédigées à l’été 1945, quelques mois après sa libération. Des carnets destinés à sa fiancée, devenue ma grand-mère. Un besoin de lui raconter ce qu’il avait traversé. Des écrits qui se sont ensuite retrouvés dans un coffre pendant 5 décennies. Mon grand-père, comme la plupart des résistants déportés survivants, voulait en effet oublier. Un schéma classique. Beaucoup n’ont pas trouvé le chemin de la transmission de la mémoire. Si mon grand-père y est parvenu, c’est grâce à mon père qui l’a convaincu de ressortir ses carnets, de les dactylographier et de les distribuer dans la famille. Nous l’avons alors accompagné à Dora, à Buchenwald, dans ces lieux liés à son histoire, dans des voyages organisés par des amicales d’anciens déportés.

J’ai ainsi accompli plusieurs voyages en Allemagne, échangé avec mon grand-père, avec d’autres déportés, rencontré des jeunes Allemands avec leurs questionnements et leur difficulté à gérer le poids du passé, fait face à un ancien SS venu demander pardon aux déportés …

Voici comment est né « KZ Dora »

Je profite de cet espace pour vous signaler également que va voir le jour très prochainement une exposition itinérante « Autour de KZ Dora », également éditée par Des ronds dans l’O, destinée à être louée par les établissements scolaires, médiathèques, etc…

Enfin, sachez que j’interviens régulièrement dans les collèges et lycées pour échanger autour de mon album. Je vous invite à parcourir mon blog où vous en saurez davantage sur ce sujet :
http://robin-walter.blogspot.fr/201...

Robin Walter intervient dans les établissements scolaires DR

KZ Dora
244 pages N&B
24€
Editions Des ronds dans l’O
Parution le 19 mars 2015

Voir en ligne : Des ronds dans l’O éditions

© Robin Walter

http://robin-walter.blogspot.fr/
https://www.facebook.com/robin.walt...
https://twitter.com/RobinWalterBD

Illustrations : http://www.desrondsdanslo.com/ avec l’aimable autorisation de Monsieur Robin Walter.

© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes - 19/03/2015. Tous droits réservés.

Notes

[1« Auteur de Bande Dessinée. Je propose des ateliers BD pour tout âge. Je propose également des présentations de ma BD KZ Dora, pour aborder avec les collégiens et lycéens, le thème de la déportation pendant la Seconde guerre mondiale ». La Rédaction remercie l’auteur pour avoir accepté de nous confier la publication de cette présentation, la veille de la sortie en librairie de son oeuvre.

[2Le 19 mars 2015. Le tome 1 est préfacé par Stéphane Hessel. NDLR.