Compte rendu de la Commission des collèges (mai 2017) Paris-Sorbonne, samedi 20 mai 2017

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Présents : Mmes Bardeaux-Almeiras Laurence (Midi-Pyrénées), Labidovie Valérie (Midi-Pyrénées), Laude Emilie (Hauts-de-France), Halley Sylvie (Basse-Normandie), Laude Fabienne (Hauts-de-France), Martin Françoise (Besançon), Maziou Chantal (Grenoble), Petot Isabelle (Aix-Marseille), Talon Corinne (Ile-de-France), Julien Thérèse (Grand Est Alsace). MM : Doix Didier (Bourgogne), Imbault Antoine (Lorraine), Leroy Thierry (Poitou-Charentes), Coullomb Jean-Philippe (Languedoc Roussillon), Da Rocha François et Laude Christian, membres du Bureau national.

A l’ordre du jour la réforme du collège et un premier bilan...

Avant d’aborder la réforme, nous avons fait le point sur les manuels scolaires puisque l’an dernier nous avions constaté des situations très diverses d’un établissement à l’autre. Les inégalités demeurent et ce qui semble poser problème est l’utilisation des versions numériques et la maintenance de ces outils. Les éditeurs n’ont pas montré beaucoup de sérieux pour remédier aux dysfonctionnements nombreux signalés un peu partout. Les manuels semblent de moins en moins utilisés par les collègues et en particulier les plus jeunes. Tous les élèves en France ne sont donc pas dotés des manuels auxquels ils ont droit.

Nous abordons ensuite la réforme :

Les programmes sont jugés comme par le passé infaisables dans le temps mais ne sont pas contestés à part la Géographie de Troisième jugée trop légère. Le fait qu’ils soient annualisés est un point positif dont se réjouissent les collègues puisqu’ils savent où ils vont par rapport aux collègues des autres disciplines. Des collègues font cependant remarquer que le côté encyclopédique des programmes est de moins en moins supporté car les élèves n’apprennent pas. Dans la réforme, dorénavant, les connaissances ne semblent pas prépondérantes. Notre position est d’affirmer au contraire que les connaissances doivent conserver leur place dans notre enseignement même si nous sommes amenés à penser qu’il faille repenser les méthodes d’apprentissage, cela pourrait être une des missions de notre association.

L’évaluation et le LSU sont énormément critiqués Les outils ne sont pas au point ou divergent selon l’utilisation ou non de logiciels et selon les choix des établissements. Les professeurs, les élèves et les parents ont du mal à s’y retrouver. Des conseils de classe en fin de 3e trimestre doivent être doublés ce qui entraîne encore plus de travail alors que la validation des compétences pose problème : des validations pour des items fourre-tout ou des validations par défaut. Le DNB est dénaturé puisque les points obtenus par le LSU permettent d’avoir le DNB sans faire d’effort de révision pour les épreuves écrites : comment motiver les élèves dans ce cadre-là ?

L’EMC est lui aussi fortement critiqué. Le programme est par cycle, il manque de cohérence dans sa progression et par les entrées par thème. Des thèmes vus en 4e pourraient être évalués en 3e (exemple le thème de la justice). Les collègues souhaitent une annualisation de l’EMC équivalente à celle de nos disciplines puisque ceux sont eux qui enseignent l’EMC dans leur très grande majorité. Les EPI requièrent comme prévu beaucoup d’investissement et sont chronophages.

Les élèves ont du mal à voir où ils vont et la finalité et les objectifs ne sont pas clairs ; ils ont donc du mal à faire le lien entre les différentes disciplines qui participent à l’EPI. Dans beaucoup d’établissements, comme nous l’avions déjà vu dès l’an dernier, l’approche des EPI est très variable mais ceux qui pratiquent, dénoncent une trop grande rigidité et un nombre peut-être trop important d’EPI. Les élèves qui ont pris un EPI pour leur oral de Troisième éprouvent des difficultés à expliquer une démarche qu’ils maîtrisent mal. Les enseignants sont d’accord pour l’interdisciplinarité mais de la concertation et des moyens accrus sont indispensables pour travailler dans de bonnes conditions.

En ce qui concerne les AP, beaucoup de collègues regrettent de ne pas en faire partie car d’autres matières comme le Français et les Maths sont favorisées. Ils demandent donc à ce qu’une Directive accorde des heures d’AP à l’histoire-géographie.

La liaison école collège dans le cycle 3 fonctionne mal car là aussi, l’histoire et la géographie ne sont pas jugés prioritaires.

Des demandes de formation complémentaires sont jugées nécessaires en ce qui concerne la validation des compétences. Les mises à jour des fiches Eduscol ne sont toujours pas faites, surtout pour les compétences. Les formations dispensées l’an dernier dans les académies n’ont pas souvent répondu aux attentes des enseignants.

L’ensemble des collègues est d’accord pour constater que la réforme ne réduit pas les inégalités entre les élèves et que l’autonomie des établissements est un facteur aggravant d’inégalité à travers le territoire. Ceci est contraire à nos idées et nous le déplorons fortement.

Nos collègues restent attachés à une Education nationale et à la liberté pédagogique qui doit être affirmée et repensée.

Il apparaît aussi, comme ce fut le cas pour la réforme du lycée, que la réforme du collège telle qu’elle a été conçue, génère fatigue, épuisement et se montre très chronophage pour les enseignants. Tous font état d’un mal être et même malaise. La volonté du Ministère de l’Education nationale de mettre en place la réforme sur une année pour les quatre niveaux de collège a été improductive. Les enseignants veulent avoir du temps pour prendre du recul et évaluer objectivement les changements imposés par la réforme.

Les co-présidents de la Commission des collèges,
Françoise MARTIN, Didier DOIX.

© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes - Tous droits réservés. 06/07/2017.