« Curiosités partagées » à Valenciennes Compte-rendu de la rédaction

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Exposition Musée des Beaux Arts de Valenciennes - Petites histoires d’une collection « Curiosités partagées ».
Boulevard Watteau- 59 300 Valenciennes

19 mars - 20 juin 2016

Par Blanche Defernez [1]

Le cadre urbain

Valenciennes, ville d’environ 45 000 habitants (intra muros), beaucoup plus importante avec la périphérie. La ville s’est transformée.

Le musée des Beaux Arts a été rénové pendant la période 2014-2015.

90% de ses collections sont en réserve. La ville a fait un don de 4 millions d’euros et soutient l’action de son musée.

Une partie de l’équipe managériale du Musée a changé. Le directeur, M. Vincent Halot est arrivé récemment. Il vient d’un musée (près de Verdun).

Une exposition s’est tenue à l’automne sur Watteau (novembre 2015 - février 2016), qui a attiré de nombreux visiteurs, admiratifs de la Chute d’eau (don de 2015) ; et il existe toujours une Ecole des Beaux Arts pour entretenir la réputation d’art de la région.

Hors le Musée, on peut signaler la bibliothèque des jésuites qui possède de nombreux manuscrits et où des chercheurs viennent se retrouver. On sent un attachement très fort des habitants à leur ville.

Avant propos sur l’histoire des collections

L’histoire des collections de Valenciennes est une histoire liée au don. Ouvert au public en 1801, ses collections ont d’abord été exposées dans les salles du collège de Valenciennes au début du XIXe siècle, puis réunies en 1834 à l’Hôtel de ville, avant que l’on ne leur construise l’écrin dans lequel elles sont conservées. Le musée est installé au milieu de pelouses, au haut de la ville, non loin d’un grand collège privé.

Le Musée a été inauguré en 1909. Il a toujours mis en valeur ses artistes locaux, artistes de qualité puisque Valenciennes a pu compter jusque 20 grands prix de Rome.

Le soutien de la ville a toujours existé : soutien des commerçants, des notables, des cadres des entreprises minières de la région (surtout quand il y avait encore la sidérurgie).

Le premier musée avait été construit près des fortifications. il est à rapprocher du Petit Palais à Paris (architecture avec dôme).

Si l’on fait un parcours rapide du musée , on peut découvrir :

La première salle (l’entrée du musée) est consacrée quasiment à Carpeaux, le sculpteur originaire de Valenciennes). Les œuvres exposées sont un don de la fille de Carpeaux (présente dans la société des Amis du Musée jusqu’à son décès, en 1960).
Le Musée a une salle réservée aux peintres flamands ; puis on admire une salle façon Rubens, œuvres de peinture saisies à la Révolution dans le district de Valenciennes.

On admirera des œuvres de Watteau, de De Vos, de Pujol... une sculpture de Ponpon (l’ours blanc), de Jonas, peintre qui représente l’apothéose des peintres du Valenciennois... et bien sûr des contemporains.

Voyage de presse. Visite de l’exposition « Curiosités partagées »

Les œuvres exposées font partie des réserves et une partie d’entre elles n’ont jamais été montrées au public. Une partie raconte l’histoire du Musée. Par ailleurs, tout au long de la visite, Loulou (Louis Napoléon Bonaparte) est accompagné de son chien Nero (un braque). C’est une sculpture de Carpeaux. Elle va accompagner la visite mais, bien sûr, par une représentation graphique de Loulou et de son chien, à destination des enfants.

1re salle : acquisition réalisée en 1910. Carpeaux y occupe une place importante.

Le directeur nous montre d’abord une main en bronze, Main à l’oiseau de Léonie Patoux, don de J.B. Foucart.

Carpeaux : main à l’oiseau de Léonie Patoux, don de J.B. Foucart

Le portrait de Léonie Patoux est actuellement au Musée de Copenhague.

Une vitrine renferme les outils utilisés par Carpeaux pour son travail de sculpteur.

Puis le directeur attire notre attention dans la même salle sur une statue d’une alsacienne arrachant le fusil à un allemand (Première guerre mondiale).

Période 1918-1945

Deux beaux portraits attirent notre attention ceux de Monal, puis celui de F. Aubry. Une sculpture intitulée la mort du bucheron (voir Les fables de La Fontaine). Une autre représentant un résistant (qui travaillait dans les communications et récoltait des renseignements grâce aux pigeons voyageurs) et qui sera exécuté (sculpture de Desruelle).

On regardera les 6 esquisses de Ravier (coll Jeammot), puis un portrait du Dr Gachet, don de la famille au musée de Valenciennes (1939).

Période après guerre 1945

Certaines peintures ont pu être cachées en Bretagne et sauvés de l’incendie qui eut lieu en 1940 (beaucoup d’œuvres incendiées alors).

Présentation atypique d’objets d’art et de collections régionales :

  • des bonnets de dentelle du Valenciennois
  • une raquette longue paume
  • une Joconde (style flamand)
  • un vase de Sèvres
  • les chaussons de la cantatrice Clairon, célèbre comédienne condoise du XVIIIe siècle, amie de Voltaire (originaire de Valenciennes)
  • un cabinet flamand
  • un jeu d’échec chinois
  • un éventail (réalisé par un contemporain de Carpeaux)
  • le violon du frère de Carpeaux,
  • une chape ancienne (19è siècle) en velours
  • une choulette dérivée du golf
  • un daume, vase bleu
  • des toiles du Sidaner (don de Desruelles)
  • une verseuse
  • une série d’assiettes (représentant les peintres valenciennois)
  • une statue du chef gaulois Brennus...

Puis, on pourra voir un poignard ayant appartenu à Abd el Kader (conquête de l’Algérie - Napoléon III) réalisé par Carpeaux ; et de s’attarder sur une toile intitulés « Nos péchés » de Elisa Nouclerq, antiquaire. On verra également la représentation des fortifications de Valenciennes (démantelées en 1870) et une peinture de la collection Bouchaut sur la procession du Saint-Cordon (miracle en 1008 contre la peste). Une commémoration a toujours lieu chaque année à Valenciennes.

Enfin, on admirera des dessins et un représentation des chats de Dewaene.

La coupole du Musée a été réalisée par Jonas (Grand Prix de Rome) avec l’aide de l’architecte du musée P. Dusard.

Harpignies ... et plein d’autres artistes du Valenciennois sont aussi exposés ou le seront dans de prochaines expositions. Car le musée tient à organiser deux expositions par année. Nous ne pouvons qu’inciter nos adhérents et abonnées à venir découvrir Valenciennes et ses trésors du musée et de la ville si attachée à son patrimoine.

Site internet

© Blanche Defernez pour la Rédaction d’Historiens & Géographes. Le 26 mars 2016. Tous droits réservés.

Notes

[1Membre de la Rédaction de la revue Historiens & Géographes.