Du clos Lucé au Louvre avec Léonard de Vinci... Exposition - du 18 juin au 15 novembre 2016

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Exposition temporaire 18 juin - 15 novembre 2016. « Du clos Lucé au Louvre, les trois chefs d’oeuvre de Léonard de Vinci ». Compte-rendu du voyage de presse de la revue Historiens & Géographes du 16 juin 2016. [1]

A l’occasion de la célébration du cinquième centenaire de l’arrivée de Léonard de Vinci en France, le Clos Lucé, son lieu d’accueil, est mis à l’honneur. Le Clos Lucé présente deux grands événements pour célébrer cet anniversaire :

  • le vernissage d’une exposition thématique : « Du Clos Lucé au Louvre, les trois chefs d’œuvre de Léonard de Vinci » (commissaire de l’exposition : Alexandro Vezzozi).
  • l’inauguration des Ateliers vivants de Léonard de Vinci restaurés et restitués en sa demeure.

Le temps du voyage

La demeure de Léonard de Vinci, située au Clos Lucé, à côté du Château d’Amboise, est en Indre et Loire, à près de 235 kms de Paris, dans la région de Tours. L’accès peut s’effectuer autant par train que par autobus, mais dans ce dernier cas de figure, il faut changer de train.

L’Agence de presse, l’Escale, choisit un voyage par autobus. Il n’y aura donc aucun changement avant l’arrivée au Clos Lucé, but de ce voyage. Rendez-vous est pris devant le Palais du congrès à Paris, Porte Maillot (accès par métro, ligne 1 ou en RER).

L’accueil, fort chaleureux, de l’équipe de l’agence, a lieu dans l’autobus et chacun a droit à un petit déjeuner copieux (café, lait ou thé et croissants …) Puis, le transport commence. Nous traversons Paris, le sud de la capitale, la banlieue sud, puis l’Orléanais (qui vient d’être inondé en certains endroits) enfin la Touraine.

La visite de la demeure de Léonard de Vinci

M. Saint Bris, propriétaire de la demeure, nous y attend. C’est en partie en sa compagnie que nous allons visiter la dernière demeure de Léonard de Vinci et son jardin …

C’est au Château du Clos Lucé à Amboise que Léonard de Vinci vécut ses trois dernières années. Il y travailla à ses nombreux projets, passions de sa vie entre 1516 et 1519.

Léonard de Vinci, connu comme l’un des plus grands peintres de tous les temps, naquit à Vinci en Italie (entre Florence et Pise) en 1452. Il est invité par le Roi François Ier et il s’installe alors au Clos Lucé en 1516 à l’âge de 64 ans en apportant avec lui la Joconde, le Saint Jean-Baptiste et La Vierge, l’Enfant et Sainte Anne ainsi que tous ses manuscrits. Il est accompagné de certains disciples dont Francesco Melzi et de son fidèle serviteur Baptista de Vilanis. Il s’éteint le 2 mai 1519.

La visite du Clos Lucé

Elle se fait en 3 temps :

1°) La demeure de Léonard de Vinci : sa maison restaurée avec l’aide des Beaux Arts telle que l’a connue le peintre avec ses poutres, ses cheminées, ses fresques et un esprit qui régnait à l’époque, l’époque de la Renaissance.

On va découvrir le quotidien du peintre. On parcourt de belles salles Renaissance, sa chambre, sa cuisine, la chapelle où on peut encore admirer des fresques ainsi qu’un souterrain secret.

La restauration des ateliers de Léonard de Vinci constituent la touche finale de l’immense chantier de restauration de la demeure engagé il y a 60 ans par la famille Saint Bris. A l’occasion de cette inauguration le musée de Chambéry a consenti un prêt d’une Sainte-Anne datant de 1855.

Situées au rez-de-chaussée, ces trois pièces jusqu’alors fermées au public, avaient été transformées au XVIIIe siècle. Comme l’a dit François Saint-Bris, président du Clos Lucé le 17 juin 2016 : « nous avons souhaité leur rendre leur aspect d’origine et retrouver l’esprit des lieux, le caractère et l’atmosphère du début du XVIe siècle qui régnaient dans ses pièces à l’époque où Léonard de Vinci travaillait sans relâche pendant les trois dernières années de sa vie ». Ces pièces ont été restaurées avec l’ambition de plonger le visiteur au cœur du foisonnement créatif et de l’ambiance de travail régnant à l’époque de Vinci. 30 personnes et 15 corps de métier ont été nécessaires pour restaurer les ateliers de Léonard de Vinci.

Il s’agit de donner le sentiment que Léonard de Vinci vient de quitter les lieux. Le travail de recherche aboutit à proposer une restitution fidèle d’une bottega à l’italienne par le choix du mobilier, des objets et des sondages réalisés dans les murs. Tous les ajouts (faux plâtres, peintures) après la mort de Léonard ont été enlevés. Les visiteurs peuvent s’imprégner de l‘ambiance de l’époque : l’atelier vivant avec chevalets, toiles et pigments, le cabinet de curiosité et la bibliothèque personnelle de Vinci. C’est une immersion dans la vie de Léonard de Vinci jusque dans sa rencontre avec le cardinal d’Aragon. La bibliothèque Royale de Naples a prêté un exemplaire unique du manuscrit holographe du journal de voyage du cardinal d’Aragon qui relate sa visite au Clos Lucé le 10 octobre 1517. L’ombre et la lumière, fil conducteur vivant, visuel et cher à Léonard de Vinci (cf. son traité de peinture), guide le visiteur à travers une journée du Maître.

On admire les projets de l’ingénieur que fut Léonard de Vinci, ses 40 machines réalisées par IBM d’après les dessins originaux.

2°) Le parc de Léonard de Vinci, très beau parc reconstitué également avec des étangs d’eau, un paon qui s’y promène, des canards col vert… 7 hectares avec 16 maquettes géantes interactives et 32 toiles translucides représentant les chefs-d’œuvre du Maître, ses esquisses...

3°) La halle multimédias et les technologies du futur. Une scénographie et un spectacle images qui donne les clefs de compréhension du génie universel et précurseur que fut Léonard de Vinci dont le regard avait 5 siècles d’avance sur son temps !

http://vinci-closluce.com/fr/ Tous droits réservés.

Le pont de la Corne d’or

« Je suis votre fidèle serviteur et je comprends que vous avez l’intention de construire un pont entre Galata et Stambul… ». Ainsi écrit Léonard de Vinci au Sultan Bazajet. En 1502, il dessine pour le souverain un grand pont sur le Bosphore d’une portée de 360 mètres qui relirait l’Europe à l’Asie. L’idée de Léonard de Vinci est très novatrice pour l’époque Il apporte la solution la plus pur face à la problématique de résistance au vent pour ce type d’ouvrage. Le château du Clos Lucé, Armedieval CCB et Vebjorn Sand ont mené une réflexion approfondie pour obtenir une lecture fidèle et actualisée de l’idée de Léonard Cette réalisation a une taille 10 fois moins grande, sa sur face est donc cent fois moins importante.

L’histoire de la restauration du Clos Lucé

Elle est liée à la famille Saint Bris qui racheta l’ensemble en 1954. François Saint Bris est un des fils héritiers et a pris à cœur la restauration de la demeure de Léonard de Vinci et des aménagements du parc…

Pour parvenir à l’état actuel de la demeure du peintre, François Saint Bris a établi des partenariats avec les musées de France pour les œuvres du peintre. Avec Carlo Pedretti, commissaire général de l’exposition et Directeur du Museo Ideale de Vinci, en partenariat avec le Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF). Les meilleurs spécialistes de la restauration ont été consultés : experts, italiens, allemands, américains … qui, travaillent avec les Musées de France (il existe 1200 musées en France).

Des dossiers scientifiques ont été constitués avec des clichés en lumière directe, en infrarouge, avec ultra violets, les rayons X, les scanners et 3D pour chaque œuvre du peintre. Un état de santé complet de l’œuvre a pu ainsi être réalisé avant la restauration.

Pour ce qu’il en est de la datation (chronologie) les manuscrits d’un évêque d’Aragon ont servi de référence (originaux venus de Naples). On a pu authentifier la paralysie de la main droite du peintre qui, de fait, était gaucher. D’autres manuscrits sont conservés à Naples et au Vatican. La Joconde a pu être examinée sous infra rouge, rose … On en a conclu que Vinci avait exploré les couleurs.

Beaucoup de peintres, d’écrivains se sont intéressés au travail de Léonard de Vinci, en particulier, à son tableau de La Joconde qu’il s’agisse de Fernando Botéro, de Andy Warhol, des peintres du Pop Art.

Pour réaliser ce tableau, il apparaît que le peintre a travaillé sur une trentaine de cadavres. La Joconde est une femme originaire de Florence (cela a été validé par une commission de médecins, frères du Pape de l’époque). Le sourire de La Joconde a aussi beaucoup suscité de questionnements des experts. Il semble qu’il s’agisse d’une synthèse réalisée par Léonard de Vinci.

On possède un autre manuscrit de peintre de 1517. Il existe 15 à 20 œuvres de Léonard de Vinci auxquelles il faut ajouter les œuvres de ses élèves français.

Nous pourrons au cours de la visite voir une vidéo qui reconstitue le voyage de Léonard de Vinci de l’Italie à Lucé, transportant ses trois tableaux (la Joconde, la Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne et Saint Jean Baptiste, ce dernier en cours de restauration) : sa traversée des Alpes, en particulier à dos de mulet.

20 générations de descendants ont pu être établies depuis la mort de Léonard de Vinci. Vinci avait créé une académie. François Ier achète les 3 tableaux qui seront ensuite rachetés qui à Fontainebleau (La Joconde) qui en Grande Bretagne (Saint Jean Baptiste) qui par Richelieu (Sainte Anne)

En bref, la visite du Clos Lucé nous laisse un peu pantois et nous replonge dans l’univers d’un génie, d’un visionnaire et d’un humaniste. De son observation de la nature et de l’homme, Léonard de Vinci nous livre des valeurs essentielles universelles et humanistes, traversant toutes les époques jusqu’à nos jours.

Le discours du Père Sertillanges apporte de précieux compléments à notre réflexion sur les travaux du grand peintre : l’élargissement est loi chez Léonard de Vinci. A la différence de Michel-Ange qui se réclame du « toujours plus fort », Léonard de Vinci lui pense « toujours plus loin ». L’un s’enfonce dans un état d’esprit exclusif, l’autre s’épanouit dans des valeurs universelles. Toujours le Père Sertillanges, dominicain (académicien) rappelle la stupéfaction des contemporains du peintre : « quel dommage qu’il délaisse la science pour la peinture ! »

Mais on retiendra que Léonard de Vinci a été un peintre mais parce qu’il était aussi un philosophe, un ingénieur, un mathématicien …

« Regarde la lumière et admire la beauté. Ferme l’œil et observe. Ce que tu as vu d’abord n’est plus et ce que tu verras ensuite n’est pas encore ». « L’amour triomphe de tout ». « Qui peut arrêter la haine ? seul l’amour ».

Commentaire de fin de voyage

La visite de la demeure du Clos Lucé semble incontournable pour un étudiant, un collégien, un lycéen. En particulier le programme de 5e et de Seconde aborde la Renaissance.

Le visiteur va rencontrer le grand peintre, un génie, un humaniste toujours contemporain en quelque sorte qui a toujours des choses à lui dire à travers ses projets, ses peintures …

Nous n’oublions pas non plus la taverne installée dans l’enceinte du clos où une cuisine servie s’inspire des mets de l’époque.

Site internet

© Blanche Defernez pour les services culturels de la Rédaction de la revue Historiens & Géographes, Tous droits réservés. 2 juillet 2016.

Annexes :

La programmation de l’été au château de Lucé

23 juillet, 21h 30. « Léonard de Vinci, un esprit libre ».
Une création originale de et avec Patrick Scheyder, piano et conception, Frédéric Lenoir et Jean-Claude Drouot, textes de Benjamin Lacombe, dessins en direct sur grand écran.
26 août -21h30. « Being Leonardo da Vinci, l’interview impossible »
Création originale de et avec Massimiliano Finatzer Flory. Sous la forme d’une interview théâtralisée, Léonard de Vinci, interprété par Massimiliano Fintzer Flory, acteur et metteur en scène italien reconnu, revient sur son parcours de vie, ses ambitions, ses passions.
Le Festival Européen de Musique Renaissance

Les 23, 24 et 25 septembre, 11e édition. 23 septembre Doulce Mémoire, 24 septembre, Ensemble Vedato et Latana Phoung.

Informations pratiques

Situation
Au cœur de la ville d’Amboise , à 300 m du Château royal d’Amboise, à 25 km de Tours.
Accès en voiture
Paris-Amboise par l’autoroute A 10 (sortie 18 Château-Renault - Amboise)
Par le train
Paris-Montparnasse /Saint Pierre des Corps : TGV (55 minutes).
Paris-Austerlitz / Amboise direct en 2 heures : la gare d’Amboise est à 2 km du Clos Lucé.
Toute l’année : un service de bus assure des liaisons entre la gare et le centre ville d’Amboise.
Horaires

  • Janvier : 10h à 18 h
  • Février-juin 9h-19h
  • Juillet-août 9h -20h30
  • Septembre-octobre : 9h-19h
  • Novembre-décembre : 9h -18h

Notes

[1Pour la revue Historiens & Géographes :
Voyage de presse, au Clos Lucé, demeure de Léonard de Vinci, le jeudi 16 juin 2016
Château du Clos Lucé
Parc Leonardo da Vinci
2 rue du Clos Lucé à Amboise
37400 Amboise –Val de Loi Tél :02 47 5700 73
www.vinci-closluce.com