Exposition Seydou Keïta au Grand Palais à Paris

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Exposition Grand Palais, Galeries nationales, Entrée Porte H
31 mars - 11 juillet 2016
Ouverture tous les jours sauf le mardi, de 10h à 20h, fermé le mardi.

Seydou Keïta est un photographe malien, un grand photographe dont les œuvres ornent les murs de la Galerie. C’est un hommage à l’Afrique et à la photographie...

Quelques repères

Né vers 1921 à Bamako, capitale du Soudan Français. Ses ancêtres descendent du clan de Soundyata Keïta, fondateur de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Dès l’âge de 7 ans, Keïta devient apprenti menuisier auprès de son père. En 1935, l’oncle de Seydou rapporte du Sénégal un appareil Kodak et l’offre à Seydou qui est emballé par la photographie. Il commence à pratiquer le métier de photographe. Vers 1945, Keïta achète un appareil à chambre pliable et se perfectionne en développant et en tirant des épreuves auprès du photographe instituteur Mountaga Dembélé et de Pierre Garnier qui possède un magasin studio. Keïta ouvre son studio sur la parcelle familiale à Bamako-Coura, dans un quartier animé, situé près de la gare. Il comprend une pièce et une cour où il réalise ses photos en noir et blanc à la lumière naturelle.

Son succès auprès de la jeunesse qui cherche à s’émancipe et est immédiat devient très célèbre par sons sens de la mise en scène, de la pose et de la qualité de ses tirages. Il réalise ses portraits en une seule prise, à la chambre 13x18 qu’il développe par contact au même format. Il met à la disposition de ses clients des accessoires, costumes européens, chapeaux, cravates, montres, bijoux, vélo, Vespa, voiture : la sienne … Il contribue à la projection d’une identité visuelle et sociale, réelle ou idéalisée, émanant d’une société qui aspire à la modernité.

Le 22 septembre 1960, c’est l’indépendance du Soudan français qui devient la République du Mali. Le socialiste Modibo Keïta est élu président ? Keïta est recruté comme photographe officiel et ferme son studio. En 1977, il prend sa retraite et se consacre à la mécanique.

L’apport de Seydou Keïta : l’émergence d’une photographie africaine, un des plus grands portraitistes du XXe siècle

La photographie de Seydou Keïta marque la fin de l’époque coloniale pour ouvrir l’ère de la photographie africaine qui affirme son identité libérée de la tutelle coloniale. Après les représentations des « indigènes de manière frontale comme échantillons anthropologiques d’une tribu ou d’une catégorie de population (les exhibitions lors des expositions coloniales), il privilégie les poses de trois quart ou la diagonale pour magnifier des personnes et non des sujets.

En octobre-novembre 1994, c’est la première exposition personnelle à la fondation Cartier, en décembre 1994, Premières rencontres de la Photographie Africaine à Bamako, en 1997 exposition à New-York.

L’exposition présente un important ensemble de tirages argentiques modernes réalisés de 193 à 2011, et signés Keïta - ainsi que des tirages argentiques d’époque. Le parcours est organisé de manière chronologique, de 1949 à 1962, se fondant sur les divers fonds de tissus que le photographe utilisait et qui lui permettait de dater ses tissus.

Un film retrace la vie du photographe qui a accepté de parler de son métier et de faire poser à nouveau des habitantes de Bamako.

Les rencontres. Auditorium, 18h30

Mercredi 6 avril : Seydou Keïta et la photo africaine

Table ronde autour d’Anne Magnin, galeriste, spécialiste de l’art contemporain africain, avec Françoise Huguier, photographe, Amadou Chab Touré, professeur d’esthétique et directeur des galeries Carpe Diem et Régis Durand, critique d’art, modération : Brigitte Ollier, journaliste.

Mercredi 13 avril : Au-delà des clichés, une histoire en noir et blanc

Conférence à deux voix par Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne, spécialiste du continent africain, et Anne Grisfoley, ethnologue, spécialiste du textile et de la mode en Afrique.

Les films du vendredi, 12 h. Cycle « Vivre à Bamako »

Visites guidées pour adultes
Commissaire général de l’exposition : Yves Aupetittallot en collaboration avec Elizabeth Whotelaw, directrice de la Comtemporary African, Art Colllection (CACC)

Catalogue de l’exposition, Editions de la Réunion de l’exposition - Grand Palais - 250 illustrations, 224 pages, 2016, 35 euros.

© Les services culturels de la revue Historiens & Géographes, 31 mars 2016.Tous droits réservés.