Napoléon à Sainte-Hélène, la conquête de la mémoire Compte-rendu de la rédaction

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« Une exposition présentée du 6 avril au 24 juillet 2016, organisée autour de l’opération de restauration des meubles de Longwood House, demeure de Napoléon Ier sur l’île de Sainte-Hélène. Il s’agit d’une occasion unique pour le public de venir contempler le mobilier qui entourait l’Empereur au moment de sa mort, et qui a pu être restauré grâce aux efforts conjoints de la Fondation Napoléon, du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, des Domaines nationaux de Sainte-Hélène, du musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, du gouvernement de Sainte-Hélène et de souscripteurs particuliers. »

Au Musée de l’armée. Paris, du 6 avril au 24 juillet 2016.

Par le service culturel de la revue Historiens & Géographes

Cette exposition a été rendue possible par l’opération de restauration des meubles de Longwood House sur l’île de Sainte Hélène, dernière demeure de L’Empereur déchu. Ce mobilier a été restauré grâce aux efforts de la Fondation Napoléon, du ministère des Affaire Etrangères et du Développement international, des Domaines nationaux de Saint Hélène, du ministère de la Culture et de la Communication ; du musée national des Châteaux de Malmaison et Bois-Préau, du gouvernement de Sainte Hélène et de souscripteurs particuliers.

Le parcours de l’exposition

Sur le roc de Sainte Hélène, l’empereur se lance dans son dernier combat celui d’assurer sa postérité. Malgré les dures conditions climatiques et de surveillance, Napoléon choisit d’écrire sa propre histoire.

Dès avant sa mort, le 5 mai 1821, ses faits et gestes sont publiés et diffusés.

Sainte-Hélène ; L’exil d’un empereur

Cette première partie retrace le parcours de Napoléon depuis Waterloo et son abdication et son exil. L’Angleterre choisit la petite île de Sainte Hélène à plus de 5000 km de l’Europe au large de l’Atlantique. Napoléon y débarque avec ses plus fidèles compagnons et s’installe à Long House où il meurt en 1821. L’empereur découvre un espace réduit une île, une maison. Napoléon redevient pour les Anglais le général Bonaparte : empereur déchu en habit de chasseur, en jardinier, en écrivain. Les caricaturistes anglais s’en donnent à cœur jour sur l’« ogre corse ». Le visiteur découvre la maison de l’empereur sur des vidéos, des dessins, des plans au fil de ses différentes pièces en commençant par la salle à manger et la chambre à coucher où l’étiquette impériale est appliquée.

Au cœur de Sainte-Hélène. L’ultime combat

Cette deuxième partie présente la vie de Napoléon sur l’île. Face aux conditions pénibles de vie et de captivité, face aux mesquineries de son entourage, l’histoire devient son ultime combat. La bibliothèque est un lieu de travail composé de 3 000 volumes surtout d’histoire avec des cartes, des atlas, des récits de voyage. Napoléon dicte sans cesse à son entourage jusque dans sa salle de bain, dans sa baignoire où il séjourne longtemps pour soulager ses douleurs, notamment quand sa condition physique et morale se dégrade. Il souffrait d’une hépatite peut-être aggravée par sa venue dans l’île, qui frappait les habitants (l’exposition ne parle pas, heureusement, des thèses sur l’empoisonnement de l’empereur), les tableaux figeant pour la postérité les derniers instants de l’Empereur.

La mort, le masque mortuaire, celui de Magritte (L’avenir des statues), le lit de camp font partie des objets et des meubles présentés. Selon ses vœux Napoléon est enterré sur la route de Jamestown, le long du cratère du Bol à Punch du diable se trouve un espace verdoyant où l’empereur avait demandé d’être enterré. Aucune inscription sur la tombe, les Anglais ne voulaient que le nom de Bonaparte et non de Napoléon.

Par delà Sainte-Hélène. De l’ombre à la lumière

La dernière section de l’exposition explore le développement de sa légende, que l’Empereur avait commencé dès avant sa mort à construire. Les textes des « compagnons », Montholon, le journal de Bertrand, notamment le Mémorial de Saint- Hélène, les récits de Las Cases, un des best sellers du XIXe siècle, de ses médecins... Près de 240 œuvres, objets et documents sont exposés. La pièce emblématique est la salle ce billard qui attira en juillet 1816, où Napoléon étalait les cartes pour dicter le récit de ses campagnes.

Une exposition bien présentée, agréable, très claire qui peur être visité avec profit par les collègiens et les lycéens de Quatrième et Seconde.

Multimedia et panneaux spécifiques jalonnent l’exposition apportant aux jeunes publics et aux familles les clefs de lecture pour décrypter les œuvres, objets et archives.

Les commissaires de l’exposition sont Emilie Robbe, conservateur en chef du patrimoine, chef du département moderne, musée de l’armée, Michèle Dancoisne-Martineau, consul honoraire de France, directeur des Domaines nationaux de Saint-Hélène, Léa Charliquart, assistante du conservateur, département moderne, musée de l’armée.

  • Conférences du 19 mai au 30 mai : L’aigle dans l’île, cycle de conférences. Auditorium Austerlitz de 13h à 18h. Réservation obligatoire histoire@muses-armee.fr
  • Colloque : 24 mars 2016. Premières Rencontres Waterloo. Avec les associations des dix-neuviémistes, le soutien de la Société des Etudes romantiques et le Centre de recherche en histoire du XIXe siècle. Auditorium Austerlitz. Réservation obligatoire histoire@musee-armee.fr
Catalogue de l’exposition, Editions Gallimard, 2016, 297 pages, 250 illustrations en couleurs, Prix 35 euros.

Musée de l’armée
Hôtel national des Invalides
129, rue de Grenelle, Paris 7 ème
Ouvert tous les jours (sauf le 1er mai) de 10h à 18h
Visites guidées :
Familles, scolaires, étudiants
jeunes@musee-armee.fr

En savoir + en pièce jointe.

Site internet de l’exposition

© Le service culturel de la revue Historiens & Géographes, Paris le 6 avril 2016 - Tous droits réservés.