Reprise. Un film d’Hervé Le Roux (version restaurée) 1996. Version restaurée : sortie le 30 mai 2018

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Par Vincent Multrier. [1]

« Aux portes de l’Usine Wonder de Saint-Ouen, 10 juin 1968, c’est la reprise du travail après 3 semaines de grève... Et cette femme qui crie, elle dit qu’elle y foutra plus les pieds dans cette taule ! »
Film d’Hervé Le Roux, 1996, 192 minutes. Version restaurée, sort le 30 mai 2018.
© Hervé Le Roux / Pierre Grise Distribution JHR Films - tous droits réservés.

Il s’agit d’un film d’Hervé Le Roux, en principe, sur la reprise du travail aux usines Wonder de St Ouen, à la fin des événements de 68. En fait, c’est une longue enquête sur l’identité d’une ouvrière qui crie son refus désespéré de reprendre le travail dans cet effroyable atelier du noir, dirigé par Madame Blancpin.

Des étudiants de l’IDHEC, « en grève active », ont réalisé un plan séquence d’une dizaine de minutes au moment où les ouvriers déçus reprennent le travail aux usines Wonder. Ce film a un certain succès pendant l’été et au cours des années suivantes, et Hervé Le Roux, en 1992, a le coup de cœur pour cette beauté révoltée et cherche à savoir qui est cette jeune femme et ce qu’elle est devenue.

Cette longue enquête nous permet de découvrir les uns après les autres grâce à leur propre témoignage, ce qu’ils faisaient dans cette usine, leur réaction face à cette triste fin des évènements qui avaient suscité tant d’espoir, ce qu’ils en pensaient à l’époque et 25 ans après. Et c’est une suite remarquable d’autoportraits que l’on découvre petit à petit.

© Hervé Le Roux / Pierre Grise Distribution JHR Films - tous droits réservés.

Les militants communistes, organisés en appareil dominant, ne pensent plus qu’aux élections dont il faut limiter les dégâts : normaliser et reprendre le travail à tout prix. Un lycéen gauchiste essaye timidement d’y apporter une contestation. Une petite main, engagée à 14 ans, dès le certificat d’étude, comme toutes ces OS, est montée en grade en devenant chef d’atelier : elle vante cette organisation sociale si efficace, difficile certes, mais qui respecte la liberté des ouvriers, et avec un patron qui écoute vraiment ses ouvriers. Ces témoignages spontanés révèlent les conditions de travail des trente glorieuses. Le cri de colère de cette jeune femme qui refuse de reprendre un travail si sale et avec des règlements si humiliants. Au contraire, les mécaniciens (OP) font figure de véritables aristocrates qui peuvent circuler librement dans toute l’usine ! Certains évoquent aussi les nouvelles formes d’organisation militante qui se sont développées dans les années soixante-dix.

Autrement dit, ce film est un cours d’Histoire passionnant. Pris sur le vif, il constitue une remarquable « coupe » du monde du travail à la fin des trente glorieuses. Jeunes professeurs d’Histoire-Géographie, surtout ne le manquez pas.

Si vous souhaitez plus d’informations sur ce film et sa programmation dans les salles de cinéma, contactez : philippe.hague@gmail.com (JHR Films).

Un tel film pourrait être présenté aux élèves, en salles de cinéma ou de classe.

Le dossier de presse
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© Vincent Multrier pour Historiens & Géographes. Tous droits réservés. 03/06/2018.

Notes

[1Professeur [E.R.] au Lycée Hoche de Versailles, Membre de la Rédaction de la revue Historiens & Géographes et du Bureau de la Régionale d’Île-de-France de l’APHG.