Exposition « Le ruban, c’est la mode » Musée d’art et d’industrie de St-Etienne (2 juin 2016 - 2 janvier 2017)

- [Télécharger l'article au format PDF]

Le Musée d’art et d’industrie de St-Etienne consacre une exposition « Le ruban, c’est la mode » à tout le travail en amont et en aval des passementiers, artisans d’art comme les Colcombet, les Staron, les Neyret … travail qui a fait le rayonnement de la région stéphanoise en France et dans le monde entier.
© www.saint-etienne.fr DR

Dès 1980, le musée vit une grande transformation. Il développe grâce à de nombreuses enquêtes sur le terrain auprès des familles qui travaillent de près ou de loin le ruban tout un aspect ethnographique de cet art. Ces enquêtes permettent de collecter les machines, les rubans, les témoignages des ouvriers eux mêmes … qui vont donc faire partie de l’histoire de la rubanerie. Ce travail était un gage sur le présent et sur l’avenir du Musée.

Ce que l’on peut faire comme constat, c’est que le ruban manque de visibilité. Il est partout présent dans la mode, dans le biomédical. Il révèle des savoirs faire unique.

2000 maisons font partie de ce patrimoine. Ces maisons ont toutes des jardins. Elles offrent à la fois de la lumière et de l’espace. Tout le centre-ville de Saint-Etienne est construit par les entreprises.

Cette activité n’existe nulle part ailleurs.

Un peu d’histoire

Le musée est créé dès 1860, au XIXe siècle. En 2001, il est rénové par des architectes comme Willmotte, F. Drain.

Les salles du musée sont d’abord consacrées aux machines. La grande allée des métiers. En réserve, le musée possède 600 mètres 2 d’appareils textiles… de moulinage, de cahiers de généalogie.

  • On observe une évolution dans les programmes. Au début du XIXe siècle, avec les métiers du velours.
  • On a d’abord des métiers tabour : métier mécanique (grâce au concours de mécaniciens).
  • On obtient des rubans taffetas/ satin avec des coloris chocolat …
  • Puis l’électricité va apporter de nouvelles modifications.
  • On pourra accéder au dessus du métier (la machine a 1 m 80 de haut).
  • Puis, on commence à confectionner des rubans élastiques pour le marché du bio-médical.
  • Les machines Jacquard font aussi leur apparition (fleurs, visage). Elles comportent 6 navettes pour la trame (1820).
  • Au début du XIXe siècle on compte 10 000 métiers.

Les ouvriers sont des travailleurs à façon. Ils sont payés selon la qualité du ruban. Les premiers tableaux tissés font leur apparition (entreprise Neyret). Actuellement, il existe encore d’anciens travailleurs dans la rubanerie qui ont vieilli et qui aident comme bénévoles et comme témoins de leur travail pour les visites au musée.

Le coton n’est pas l’unique matériau, il y a aussi la soie. La soie est dite « l’âme du ruban ». les tisseurs de soie en Chine … la soie va varier à partir du travail de préparation.

Dans les entreprises, il y a des cloisons. Tout est gardé secret. On se protège des « copieurs ». On verra les grandes tables où sont alignées des balances qui servent à peser, à mesurer les rubans, la soie …

Les ouvrières sont surnommés par les habitants de Saint Etienne « les demoiselles du magasin ». Elles s’habillent avec élégance.

Le milieu est un milieu catholique. Les mentalités sont opposées au régime de l’usine. C’est une mentalité familiale qui s’est développée.

On peut admirer aussi des commodes qui permettent de ranger les dossiers par techniques. Il y en a 2 600. Les moirages sont une spécialité. Le ruban mesure toujours 30 millimètres et a une lisière. Le musée possède 2 millions de rubans. Le catalogue se trouve sur le site internet du musée. Dès les années 1920, le bracelet montre est un ruban.

Toujours dans le musée, il y a un coin folklore. Le ruban est fort utilisé dans les costumes comme le costume de l’Alsacienne, les chapeaux ronds bretons …

Les rubans ont aussi été utilisés pour les coiffes des bébés placés chez les nourrices à la campagne (sous le Second Empire). On peut aussi en voir au Musée de Dijon et au musée de Blesles : coll. privée de coiffes dans le Massif central. L’année 1957 sera l’année du ruban. A la BnF, on peut trouver la collection du duc de Richelieu.

Des tableaux comme un tableau représentant la visite de Félix Faure, Président de la République à la passementerie (1857). Le musée a aussi sa partie évocation des créateurs comme Charles Rebour (1831-1897), Staron (1838-1928), Guinard. On doit à Rebour les rubans de l’arlésienne. Il évoque aussi les fabricants à l’américaine.

Pour plus d’informations sur le musée, on peut visiter le site où on trouve la collection des prudhommes jusqu’en 1914. On peut voir aussi la collection de Colcombet qui a fait connaitre l’industrie du ruban dans le monde entier.On peut citer la maison Balay (1920) qui a travaillé avec Channel les fameux tailleurs.

L’exposition le ruban c’est la mode

Quelques notes :

On découvre la légèreté du ruban et l’engouement est énorme. On se reportera à Jean-Jacques Rousseau. Le ruban devient un symbole de virginité chez les jeunes filles. On commence à apprécier les couleurs et leur qualité. Se développe également le biomédical avec Gibaud.

Le ruban va orner les chapeaux, les robes tout au cours de l’histoire de la mode. L’exposition comprend une salle des chapeaux emprunté à d’autres musées : haut de forme, canotiers, cloches… Le ruban c’est la mode et la mode c’est le chapeau. Les rubans ornent les habits : dès l’époque de Molière (les galantes sous Louis XIV). Le Second Empire est une grande époque pour le ruban : couleurs de l’impératrice, les ombrelles…

La mode montre toute une évolution des robes avec l’ornement du ruban jusqu’à aujourd’hui Lapidus, Chantal Thomas, Montana (1992), Yves Saint Laurent, Pierre Bergé (robe de cocktail 1982).

Parcours de l’exposition…

Salle 1 et 2
Les deux premières salles dont consacrées à l’utilisation du ruban dans la mode du 17è siècle aux années 1990. Chapeaux, chaussures, vêtements, outils multimédias (projection de gravures de modes mettant en évidence l’utilisation du ruban), extraits du film Marie-Antoinette de Sophia Coppola démontrent la part du ruban dans le vêtement depuis longtemps. Une partie sur le costume folklorique détaille l’utilisation du ruban dans les régions aux 19 ème et 20e siècles.

Salle 3
La grande salle est scindée en deux parties : 1 -Histoire de la rubanerie dans le territoire. 2-Trésors de fabrique.

Salle 4
La rubanerie contemporaine est abordée à travers 13 créations en rubans d’Eymeric François, Marin Margiella, Mauricio Galante, Franck Sorbier. L’actualité est évoquée à travers des échantillons mis en forme dans le cadre d’un espace élaboré avec les étudiants de l’Ecole Supérieure d’art et de design de Saint Etienne sous la conduite du scénographe Alexandre Fruh.

Autour de l’exposition

Exposition photographique itinérante « La nouvelle vie des ateliers passementiers » du photographe Jean-Claude Martinez du 21 mai au 28 juillet 2016. Circuit-découverte des ateliers et maisons de passementiers. Parcours librement les circuits repérés et proposés par le Musée d’Art et d’Industrie et le service Ville d’art et d’histoire de Saint-Etienne.

  • Visite guidée
  • Visiteurs individuels
  • Visites guidées des trois collections
  • Les samedis et dimanches à 14h30
  • Les 1ers samedi et dimanches du mois , visite supplémentaire à 16 h
  • Visites guidées thématiques
  • Les 2es , les 3es et les 4es samedis du mois à 16h
  • Visites guidées de l’exposition temporaire « Le ruban , c’est la mode »
  • Les samedis et dimanche à 16h
  • Les mercredis à 14h30

Visites libres ou guidées, réservation impérative 3 semaines à l’avance / groupes : réservation à effectuer 3 semaines à l’avance auprès du musée, Sandrine Laurent : 04 77 49 73 20
reservation@saint-etienne.fr

Ateliers individuels

  • Enfants de 4 à 6 : Tireuses de silhouettes.
  • Enfants de 8 à 12 ans : carnet de tendances.

Stage adulte à partir de 15 ans : « Chapeautez-vous ! »

Evénements

Projection en plein air dans le parc du musée
Jeudi 7 juillet

  • 18h : visite guidée de l’exposition « Le ruban, c’est la mode », durée 1h30
  • 19h30 -21h30 repas tiré du sac dans le parc du musée accompagné d’un moment musical proposé par la Cohue (chansons décalées humoristiques)
  • 21h30 : projection du film Tiducule 3, durée 1h40, 1996.

A travers les aventures de Grégoire Poncheludon de Maivoy, issu d’une famille d’ancienne noblesse timbrée dans la précarité, une étude de la Cour de Louis XVI et ses antichambres à Versailles en 1780, où déjà, la spiritualité avait pour ennemi mortel le ridicule.

Journées européennes du Patrimoine 17 et 18 septembre. Conférences.

Jeudi 15 septembre, 14h30 Nadine Besse
« L’architecture passementière »

Jeudi 20 octobre, 12h30
M.G. Thermeau « Les fabricants au XIX e siècle »

jeudi 17 novembre,14h30
Brigitte Carruer -Raynaud
« L’identité de passementiers »

Jeudi 8 décembre, 14h30
Antoine Vernet
« L’enseignement et la formation professionnelle textile aux XIXe et XXe siècles ».

Spectacle
Vendredi 1er juillet
Spectacle « Fil de soie, fils de vies »
Tout public à partir de 12 ans Elisabeth Calandry et Dominic Toutain, conteurs.

Le catalogue

« Le ruban, c’est la mode ». Musée d’art et d’industrie, 300 pages, 180 illustrations Juin 2016 , Prix 39 euros.

Le catalogue restitue avec sensibilité l’histoire de cette industrie qui allie la création artistique à la production mécanique, le raffinement de la mode à la praticité du design : couleurs, reliefs, motifs simples ou plus recherchés. L’accent est mis sur la ville de Saint-Etienne qui, depuis le XVIIIe siècle devient un haut lieu de ce savoir faire et possède dans son musée d’Art et d’Industrie, la plus grande collection de rubans au monde.

La collaboration avec le Musée du chapeau.
Deux expositions lui sont consacrées dans la Loire. L’une à l’atelier - Musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon où la matière est visitée sur les couvre chefs du concours des 11 èmes Rencontres internationales des Arts du Chapeau (exposition 22 mai-2 octobre 2016). L’autre est prévue au Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne et propose une rétrospective de l’histoire de la rubannerie stéphanoise de la fin du 18 siècle à nos jours.

Une exposition très intéressante à voir, de même que le Musée connu aussi pour sa collection d’armes (6000 armes), ainsi que pour sa collection de cycles, première collection publique française. En 1886, la première bicyclette française est fabriquée à Saint-Etienne.

Site internet

© Blanche Defernez pour les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 03/06/2016. Tous droits réservés.