Premier bilan des sondages sur la réforme des Lycées Compte rendu des commissions pédagogiques de l’APHG

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Deux sondages en ligne ont été réalisés sur une durée de deux mois (23 octobre -31 décembre 2019) : un sur le Tronc commun, un sur la Spécialité HGGSP. L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie - APHG remercie chaleureusement les collègues qui y ont répondu ainsi que les bénévoles associatifs des commissions pédagogiques nationales des lycées pour leur travail. Elle peut ainsi dresser un premier tableau des réponses reçues.

I) Remarques concernant les 2 sondages

Nombre actuel de réponses :

TC : 1043 réponses
Spé : 784 réponses

Des collègues de toutes les académies sans exception ont répondu y compris des académies ultramarines ainsi que des collègues de l’AEFE.

Certains collègues ont répondu à un seul des 2 sondages, d’où l’écart de réponses.

II) Bilan Tronc commun

Il y a eu au total 1043 réponses enregistrées au 31 décembre 2019. Les graphiques sont exprimés en %.

2) Bénéficiez-vous de dédoublements d’heures pour le tronc commun ?

3) Assurez-vous les cours d’EMC ?

Plusieurs réponses étant possibles et les résultats exprimés en pourcentages, le total est nécessairement supérieur à 100.

4) Concernant les examens (E3C), le calendrier a-t-il déjà été fixé dans vos établissements ?

5) Si oui, dans quelles conditions les E3C seront-elles organisées ?

Un commentaire ici s’impose :

3 tendances se dégagent : Semaine banalisée, sur les heures de cours et sur une demi-journée.

Comme une possibilité « autre » était disponible, beaucoup ont formulé de façon variée, l’incertitude dans laquelle ils se trouvaient, car l’établissement n’a toujours pas décidé des modalités d’organisation des E3C, ce qui représente finalement une forte proportion : 39,8%.

6) La dernière question était une question ouverte

Autres remarques à propos des effets de la réforme pour l’Histoire-Géographie dans le tronc commun :

Les remarques les plus fréquentes concernent le programme beaucoup trop lourd et d’ores et déjà l’impossibilité matérielle à pouvoir envisager de le terminer.

Quelques exemples :

« Les programmes très intéressants mais au contenu trop ambitieux par rapport à la réalité du terrain. Le décalage est abyssal entre ce que l’on attend et ce que l’on peut obtenir des élèves ».

« Les programmes sont pléthoriques, ça ne s’arrange pas ! Ce ne sont pas les choix thématiques qui pose le plus problème mais la faisabilité de ces programmes. Les E3C conduisent à un pilotage par l’évaluation qui ne favorisent pas la continuité des apprentissages ».

« Comme d’habitude pour chaque réforme, le volume horaire imparti par rapport au programme ambitieux est insuffisant. D’autre part, l’impossibilité de dédoubler les classes est dommageable, en particulier en terme de méthodologie, sachant que les 1re épreuves d’E3C arrivent assez rapidement ».

« Niveau trop élevé pour des élèves pourtant favorisés et compétents. Un programme infaisable. Pas de temps pour développer, expliquer et faire autre chose ».

« Programme de première technologique bien trop lourd pour être fait dans de bonnes conditions en classe entière. Programme imposant trop de passages obligés pour avoir encore une liberté pédagogique ».

« Les épreuves du tronc commun sont indigentes. Exigences minimes (niveau 4e ?) pour un programme très dense où l’on survole des choses complexes en Histoire. En géo ça va ».

« C’est une course ! on bachote ! on voudrait des accompagnements de programme, plus de clareté sur les E3C et pas de copies dématérialisées (nos yeux !!!) ; il faudrait des heures de coordination avec les collègues ».

« C’est une véritable course contre la montre. Les programmes sont totalement démesurés et nous sommes déjà très en retard en cette fin octobre. Nous devons d’ores et déjà nous poser la question de ce que nous devrons alléger dans le reste de l’année sans porter préjudice aux élèves. la méthodologie est très difficile à placer. Nous ne cessons de travailler pour construire les cours et affermir nos connaissances dans les domaines à enseigner. Déjà épuisés et avec le sentiment que nous courons dans le mur. A noter que traiter le XIXe siècle est très intéressant : le problème n’est pas la nature du programme mais sa démesure et ses exigences par rapport au temps imparti et à nos élèves. Il faut aller vite et nous perdons de très (trop) nombreux élèves si nous respectons les consignes. C’est une situation très complexe ».

III) Bilan Spécialité HGGSP

Il y a eu au total 784 réponses. Les graphiques sont exprimés en %.

2) La mise en place de la réforme du lycée a-t-elle entraîné lors de cette rentrée :

4) Qui assure l’enseignement de la spécialité dans votre établissement ?

5) Quels sont les effectifs de vos groupes ?

Les réponses sont extrêmement variables :

L’amplitude va de 17 élèves à 40 élèves.
La majorité des réponses se situent dans la fourchette 30 à 35 élèves avec nombre de cas un peu en dessous de 30 élèves.

6) Bénéficiez-vous de dédoublements d’heures pour la spécialité ?

7) La dernière question était une question ouverte

Autres remarques à propos des effets de la réforme pour la spécialité Histoire-Géographie-Géopolitique-Sciences politiques :

Parmi ces réponses, la question des tensions avec les collègues de SES revient à plusieurs reprises.

On note également le programme très ambitieux, le temps de préparation important qui est nécessaire...

Quelques exemples :

« Cohésion difficile du groupe avec des élèves qui ne se connaissent pas ... »

« Un programme chargé, des directives pas très claires pour le bac et sur le grand oral... »

« Certains élèves auraient souhaité un programme plus « actuel ». Pour certains il y a « trop », le thème 1, est « trop calqué sur le programme du tronc commun ». »

« Manque d’accompagnement pour la mise en œuvre et trop exigeant pour des élèves de 1re ».

« Programme intéressant, souple, et bien construit avec les 5 grands thèmes. De nombreuses possibilités de capter l’attention des élèves ».

« Méconnaissance du contenu pour les élèves, exigences élevées face aux compétences et connaissances des élèves, étude de thèmes nouveaux, assez peu de temps pour les étudier ».

« Surcharge de travail jamais vécue précédemment car trop de nouveaux programmes à gérer. Pour moi, Secondes, Première techno et enseignement de spécialité. Et une classe de terminale. Fatigue très difficile à gérer d’autant qu’il n’y a aucune attention de la part des inspecteurs comme de notre chef d’établissement ».

Forte de l’expérience des réformes précédentes dont elle avait déjà pointé les effets négatifs, l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG) reste très vigilante face aux nombreuses réformes dont le Ministère de l’Education nationale est actuellement porteur. Reçue à de multiples reprises par le ministre, son cabinet, la commission Mathiot, le CSP (Conseil supérieur des programmes), la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire), l’Inspection générale de l’Education nationale groupe Histoire-Géographie, et à propos du lycée professionnel, dont la réforme suscite d’importantes critiques, l’APHG est à la fois lanceur d’alerte et force de proposition, comme en témoignent les nombreuses contributions fournies à nos divers interlocuteurs. La sécurisation des 3 heures en tronc commun général, la création de la spécialité destinée à approfondir le travail initié en histoire-géographie, et tout récemment les 4 heures d’épreuve en spécialité en classe de Terminale (session 2021) - qui sont à mettre au crédit de l’action résolue de l’APHG - ne doivent pas masquer les problèmes suscités par cette réforme, en particulier la disparition du caractère national du baccalauréat, qui contrevient au principe d’égalité.

Le Bureau national et les Commissions pédagogiques de l’APHG.

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