Quelques pistes pour les nouveaux programmes du tronc commun Commission des Lycées de l’APHG - Février 2018

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Attachés à l’enseignement d’une géographie davantage ancrée dans les territoires et d’une histoire respectueuse des logiques de temporalités, nos propositions s’inscrivent surtout dans un souci de faisabilité et de cohérence : il ne s’agit ni d’un retour en arrière, ni d’une rupture brutale avec les programmes actuels. Fidèle aux combats qu’elle a menés depuis plus d’un siècle, l’APHG s’en tient à des ambitions raisonnables et réalistes.

Classe de Seconde :

En histoire, nous souhaitons le maintien des quatre périodes historiques et proposons de ne pas conserver le chapitre introductif. Pour l’Antiquité, nous souhaitons garder l’invention de la citoyenneté mais en orientant l’histoire romaine davantage vers l’idée de « romanisation ». Pour le Moyen-Age, nous pourrions soit conserver l’étude Sociétés et cultures de l’Europe médiévale soit revenir à celle de la Méditerranée au XIIe siècle. La commission ne souhaite pas vraiment de changement pour la période moderne : l’Humanisme, la Réforme et la Renaissance sont incontournables. Nous finirions l’année avec la Révolution et l’Empire jusque vers 1815 et basculerions donc le XIXe siècle en Première.

En géographie, nous souhaiterions également supprimer le chapitre introductif. Nous pourrions alors garder le reste en accentuant la place de la géographie physique, de l’étude territoriale et en réduisant les références au développement durable. La question « les espaces face aux risques » deviendrait, par exemple, « les milieux face aux risques ». La trop grande importance des concepts a également été discutée. La commission reste attachée au choix des questions en seconde, et dans les autres niveaux, y compris pour les études de cas.

Classe de Première :

En histoire, l’important est de revenir davantage à la chronologie avec une période qui s’étendrait de 1815 à 1945. Le programme s’organiserait autour d’une question d’histoire politique : libertés et nations en Europe et en France entre 1815 et 1914 avec l’étude de moments et actes fondateurs par exemple. Une étude de l’évolution économique, sociale et culturelle du monde industriel jusqu’au milieu du XXe siècle qui pourrait intégrer la colonisation. Guerre et paix en Europe et en France (1e GM, les régimes totalitaires, 2e GM et France dans la guerre).

En géographie, l’approche actuelle est jugée parfois trop conceptuelle, il n’y a pas assez d’ancrage territorial. Les trois échelles seraient conservées : régionale (territoires de proximité), nationale (atouts et contraintes du territoire, population et villes, dynamiques de localisation des activités, transports et mobilité) et européenne (Europe, U.E., un Etat au choix et les territoires ultra-marins).

Classe de Terminale :

En histoire, la période s’étendrait surtout depuis 1945 à nos jours avec la même logique que la Première. Une question sur les relations internationales (la guerre froide, le projet européen, les nouvelles conflictualités depuis 1989...) ; une sur les indépendances, les spécificités du Moyen Orient et les mutations économiques, sociales du monde ; une concernant la France républicaine et dans le monde. L’intérêt de conserver la question sur les mémoires des guerres a été âprement discuté : question importante mais à traiter librement dans l’année ou à prévoir dans l’enseignement de spécialité.

En géographie, la commission souligne l’importance de l’analyse cartographique mais souhaite intégrer le chapitre introductif sur les cartes dans le thème de la mondialisation. Le programme s’organiserait autour de la mondialisation : territoires, acteurs, flux, débats, questions qui intégreraient donc directement l’analyse cartographique. Les trois continents (Afrique, Amériques, Asie) seraient ensuite étudiés à l’échelle continentale puis à l’échelle nationale avec l’étude d’un, ou deux, pays au choix à chaque fois (un PMA et un pays émergent par exemple en Afrique).

La Commission des Lycées de l’APHG.

Rapport établi par Emmanuel MATHIOT, Séverine TAMBERI et Loïc VERKARRE.

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