APHG Brèves de classe n°22. Initiation aux études historiques avec Catherine Kikuchi, Reine-Marie Bérard et Bénédicte Girault Podcast « APHG Brèves de classe »

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Épisode 22 : Initiation aux études historiques avec Catherine Kikuchi, Reine-Marie Bérard et Bénédicte Girault.

APHG Brèves de classe est le podcast officiel de l’APHG. Dans chaque épisode, un universitaire vient présenter un chapitre des nouveaux programmes de lycée ou, comme l’illustre cet épisode, un manuel généraliste pour le premier cycle universitaire, en Open Access et sous licence Creative Commons.

Dans cet épisode, Catherine Kikuchi, Reine-Marie Bérard et Bénédicte Girault, directrices d’un manuel pour les études d’histoire destiné à présenter aux étudiants mais aussi aux lycéens, les grands enjeux historiographiques et épistémologiques de la matière. Disponible dans une version numérique, ce manuel (le manuel papier paraît le 28 octobre, NDLA) doit permettre de mettre en avant d’autres ressources mais aussi des exercices en ligne pour les étudiants. Le lien vers la version numérique beta (avec tout le texte mais pas tous les enrichissements numériques) est à suivre ici
Toutes les informations concernant le manuel peuvent être retrouvées sur le site de l’éditeur : https://www.numeriquepremium.com/e-...

L’objectif de ce manuel est donc de proposer une initiation à l’histoire, conçue non pas comme un ensemble de données figées, mais comme une opération de connaissance scientifique, avec des méthodes et des processus de construction du savoir à maîtriser. La démarche importe ici plus que le résultat. On trouvera donc d’abord des outils, des concepts, des débats et des déplacements de la réflexion qui peuvent s’avérer féconds pour l’historien.

Date de parution 28/10/2020.

Présentation des intervenantes

Bénédicte Girault

  • 2019 :
    Maîtresse de conférence en Histoire contemporaine à CY université. Responsable du Master MEEF parcours Histoire géographique (INSPE Versailles)
  • [2020] « La mémoire paradoxale du colloque d’Amiens », in Bruno Poucet et Julien Cahon (dir.) Le colloque d’Amiens, 15-17 mars 1968, PUR, Rennes (sous presse)
  • 2018 :
    Thèse de doctorat en Histoire contemporaine sous la direction de Patrick Garcia : Mémoires d’un ministère. Une analyse secondaire de l’enquête orale du Service d’histoire de l’éducation (c.1950-c.2010). Prix Louis Cros de l’Académie des sciences morales et politique en 2019.
  • 2010-2019 :
    PRCE en histoire à l’Université de Versailles Saint-Quentin. Responsable de la formation des enseignants pour le primaire et le secondaire (ESPE de Versailles, pôle UVSQ)
  • [2015] : « De la didactique à l’épistémologie de l’histoire : une réflexivité partagée ». Annales. Histoire, Sciences Sociales, 70e année,(1), p. 205-214 et « L’histoire, entre enseignement et recherche » (avec Etienne Anheim). Annales. Histoire, Sciences Sociales, 70e année,(1), p.141-149.
  • 2006 : M2 en Histoire médiévale sous la direction d’Alain Boureau : Traiter de l’hérésie ou traiter les maux hérétiques. La doctrine hérésiologique de Guido Terreni, évêque et inquisiteur catalan, conseiller pontifical (première moitié du XIVe siècle) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).
  • 2005-2010 : Enseignante d’histoire-géographie au collège Georges Politzer à Ivry-sur-Seine
Bénédicte Girault - DR.

Reine-Marie Bérard est chargée de recherche au CNRS, rattachée au Centre Camille Jullian à Aix-en-Provence. Historienne et archéologue de terrain, ses travaux portent sur les pratiques funéraires des Grecs à l’époque archaïque et les enjeux et méthodes de l’archéothanatologie pour la connaissance des sociétés anciennes.

Reine-Marie Bérard - DR.

Catherine Rideau-Kikuchi est médiéviste et maîtresse de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin. Ses travaux portent sur les débuts de l’imprimerie en Italie et en Europe, les circulations d’objets, de textes et d’acteurs qu’elle entraîne et l’histoire économique et sociale du développement de cette nouvelle industrie culturelle, à la fin du XVe et au début du XVIe siècle. Elle a publié La Venise des Livres (Champ Vallon, 2018), tiré de sa thèse, et portant que le développement de l’imprimerie vénitienne. Elle est également impliquée dans différents projets pédagogiques et de diffusion de la recherche.

Bibliographie sélective

  • Florian Besson, Tobias Boestad, Maxime Fulconis, Pauline Guéna, Simon Hasdenteufel et Catherine Kikuchi, Actuel Moyen Âge : l’aventure continue, Paris, France, Arkhé, 2019.
  • Florian Besson, Pauline Guéna, Catherine Kikuchi et Annabelle Marin, Actuel Moyen Âge, Paris, France, Arkhé, 2017.
  • Catherine Kikuchi, La Venise des livres, 1469-1530, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2018.
  • Catherine Kikuchi, « Concurrence et collaboration dans le monde du livre vénitien, 1469-début du XVIe siècle », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 73-1, 2018, p. 185 212.
  • Catherine Kikuchi, « Nicolas de Francfort, un Allemand à Venise au tournant du XVe siècle », Revue historique, 672, 2014, p. 757 781.

Liens vers l’émission APHG Brèves de classe n°22

Lien vers la plateforme d’écoute de l’émission

  • Déjà disponible sur Spotify et bientôt sur les autres plateformes de Podcast.

© APHG Brèves de classe. Yohann CHANOIR et Nicolas CHARLES. Générique : « Dissolution ». Musique originale. © Renaud MIELCAREK et Bernard COLLOT - tous droits accordés pour l’APHG. Octobre 2020.

Déroulé de l’émission

Pour une description du manuel : https://www.numeriquepremium.com/e-...

1. Comment est né le projet

Le point de départ est un appel à manifestation d’intérêt lancé par le MESRI sur le thème “transformation pédagogique et numérique” en 2018.

Dossier monté par l’UVSQ pour une expérimentation en histoire d’un portail d’édition de ressources et de cours numériques en Histoire comme prototype pour être décliné dans les autres disciplines. Projet accepté avec un financement du ministère de 70 000 euros complétés par les apports de l’UVSQ, Paris Saclay, Couperin (Consortium unifié des établissements universitaires et de recherche pour l’accès aux publications numériques) et un éditeur. Evolution du projet avec le partenariat avec Numérique Premium et Nouveau Monde éditions vers un e-manuel.

Il s’agissait de répondre à un besoin de fond – offre proposée aux étudiants en termes de livre numérique peu développée soulignée par différents rapports, premier manuel généraliste d’histoire pour le supérieur –et promouvoir la pédagogie dans l’enseignement supérieur.

Les auteurs participants (un quart de l’UVSQ comme porteur principal, mais volonté de diversifier les profils, les âges, les positions institutionnelles, avec parité homme/femme). Un pari au départ car tout était à imaginer et en termes d’écriture, le travail est bien différent d’un chapitre classique (enrichissements à prévoir, mise en œuvre pédagogique, …..) . Auteurs séduits par les ambitions du projet notamment par la mise en ligne en open access participant à l’égalité des chances des étudiants.

Travail étroit entre l’équipe de coordination, les auteurs et autrices, et les éditrices des éditions du Nouveau Monde.

2. Le projet pédagogique (reprise de notre introduction)

Le contenu des chapitres : au-delà d’un manuel factuel. Promouvoir une approche par les sources et par la lecture d’historiens et d’historiennes. Proposer une approche de l’histoire, non pas comme un bloc de connaissance, mais comme une opération de connaissance scientifique, avec des méthodes et un processus de construction du savoir à maîtriser et à mettre en œuvre activement. On trouvera donc d’abord des outils, des concepts, des débats et des déplacements de la réflexion qui peuvent s’avérer féconds pour l’historien. Mais l’apprentissage des méthodes historiques passe aussi par l’analyse rapprochée de la documentation et par la lecture de travaux d’historiens et d’historiennes, ce qui est l’approche que nous avons retenue ici. En plus des textes et des documents, ce manuel propose de nombreux exercices d’analyse et d’exploitation guidée de sources ainsi que des travaux de synthèse de lecture d’articles scientifiques.

Une approche décloisonnée de l’histoire. Ce manuel n’est donc pas le lieu d’un récit chronologique linéaire, proposant une succession de faits, de personnes et d’événements. Si la seconde partie présente et questionne les grandes périodes historiques qui constituent encore aujourd’hui les fondements de la tradition académique occidentale de l’enseignement de l’histoire, nous avons fait le choix de proposer une approche décloisonnée de la discipline, à la fois chronologiquement et géographiquement. L’histoire mondiale ou connectée n’est donc pas conçue ici comme un sous-champ de la recherche, mais comme un type d’approche commune embrassant toutes les problématiques abordées. Nous nous sommes ainsi efforcés de sortir des sentiers battus de l’histoire occidentale pour embrasser l’histoire des autres, l’histoire du bout du monde, proposer des confrontations et réenvisager les découpages historiques à d’autres lumières que celles qui nous sont familières. Pour cela, nous avons sollicité des historiennes et des historiens en fonction de leurs champs spécifiques de recherche, en leur demandant néanmoins de relever le défi de sortir du cadre strict de leur spécialité pour proposer une approche plus large de l’histoire.

Du choix des sources aux grands débats contemporains. Ce manuel entend ainsi présenter tous les aspects de la recherche historique, à la fois ses outils, ses méthodes et ses enjeux. La première partie est consacrée aux différents types de sources de l’histoire, qui ne se limitent plus depuis longtemps à la seule étude des textes mais englobent désormais une variété de supports et d’objets en constant élargissement. La seconde partie présente les problématiques spécifiques aux quatre grandes périodes de la tradition académique occidentale et en questionne la pertinence en convoquant l’histoire extra-européenne. La troisième partie traite de quelques outils de la “fabrique de l’histoire” à la disposition de l’historien pour exploiter ses sources. Cette partie fait notamment la part belle aux nouvelles technologies, avec pour effet de montrer, peut-être, comment ces outils récents souvent conçus pour améliorer la rationalité économique, peuvent être utilement redirigés vers l’étude et la connaissance de l’homme. Enfin, la dernière partie présente un aperçu, sans exhaustivité, de quelques-uns des grands débats qui irriguent la recherche historique contemporaine et l’inscrivent avec une acuité particulièrement forte dans le monde d’aujourd’hui et ses choix pour l’avenir.

3. Pourquoi un manuel numérique ?

Outre l’accès ouvert à tous :

Les enrichissements numériques : les liens hypertextes pour creuser les questions, ouvrir des possibilités vers d’autres médias, d’autres lectures... Le texte n’est pas clos sur lui-même et le numérique permet de rendre visible les coulisses de la fabrication de l’histoire et d’incarner par des vidéos ou des podcasts ceux qui la produisent.

Les enrichissements numériques : les exercices. Point extrêmement important dans la conception du manuel. Exercices (en lien notamment avec l’approche par compétence désormais structurante dans les universités), qui visent à développer les compétences des étudiants et favoriser une lecture active, tout en donnant éventuellement diversifier les pratiques des enseignants. Exemples : des exercices classiques comme “rendre compte d’un débat scientifique”, ou plus spécifique : “Ecrire l’histoire d’une salle de cinéma” (chapitre images animées, Caroline Moine) mais aussi méthodologique voire technique comme par exemple l’utilisation d’un tableur pour le traitement de données quantitatives.

Les enrichissements numériques : les documents complémentaires et images interactives. Documents d’approfondissements, cartes, mais aussi images interactives pratiques (lecture de tableau, de sources avec paléographie ou épigraphie).

4. Les modalités pratiques

  • Une version numérique libre, en licence creative commons, avec espace numérique de travail pour les enseignants et les étudiants, avec possibilité d’ajouter des ressources de travail et des annotations.
  • Des dispositifs pour faciliter l’accessibilité : système de lecture audio, application intégrée pour faciliter la lecture pour les personnes présentant des troubles DYS.
  • Une version papier comme outil de révision et compagnon matériel pour les étudiants qui en éprouvent le besoin.

5. Quelle utilisation en cours ?

  • Ressources historiographiques et documentaires
  • Dynamiser un cours magistral
  • Permettre des lectures et des exercices en amont du cours (pédagogie inversée) ou pour aller plus loin après le cours selon le niveau des étudiants.
  • Favoriser l’autonomie et la mise en activité des étudiants (exercices) avec la création de parcours de niveau ou thématiques, questionnaires d’autoévaluation qui permet la lecture guidée du manuel en fonction des besoins.

6. Pour les élèves et enseignants du secondaire

  • Des mises au point pour les enseignants sur des aspects des programmes (exemple : Atlas catalan pour le programme de seconde dans le chapitre Langues, partie sur la monarchie absolue pour le thème sur l’Etat à l’époque moderne dans le chapitre de moderne, médias et politique ou images de guerre dans le chapitre Médias pour le programme de terminale…) ;
  • Donner une idée de ce qu’est l’histoire dans le supérieur, des formations et de certains débouchés professionnels ;
  • Permettre (notamment via les parcours de niveau L1) une première approche de l’histoire universitaire. Donner des outils pour une pédagogie différenciée en proposant des exercices spécifiques aux élèves se destinant à des études d’histoire.

Retrouvez les épisodes précédents sur le site de l’APHG

© APHG Brèves de classe - Yohann Chanoir et Nicolas Charles pour Historiens & Géographes, 14/10/2020. Tous droits réservés.